‹ Mémoires de Daniel Huet, évêque d'AvranchesChapitre 57 sur 59 · DISSERTATION DE M. LE CLERC · texte numérisé non relu

DISSERTATION DE M. LE CLERC

CONTRE LONGIN. (j'S

Ainsi le législateur des Juifs, qui n'était pas un homme ordinaire , ayant lort bien conçu la puissance et la grandeur de Dieu, l'a exprimée dans toute sa dignité au commencement de ses lois, par ces paroles : Dieu dit : Que la lumière se fosse , et la lumière se (it ; que la terre se fasse, et la terre fut faite. (Paroles de Longin , eh. vi.)

Lorsque je fis imprimer pour la première fois, il y a environ

trente-six ans \ la traduction que j'avais faite du Traité du

Sublime, de Longin, je crus qu'il serait bon, pour empêcher

qu'on ne se méprît sur ce mot de Sublime^ de mettre dans ma

préface ces mots qui y sont encore, et qui , par la suite des

temps, ne s'y sont trouvés que trop nécessaires : « Il faut savoir

« que par sublime, Longin n'entend pas ce que les orateurs

« appellent le stvle sublime ; mais cet extraordinaire et ce mer-

u veilleux qui fait qu'un ouvrage enlève, ravit, transporte. Le

« stv'le sublime veut toujours de grands mots; maisle sublime

« se peut trouver dans une seule pensée, dans une seule figure,

« dans un seul tour de paroles. Une chose peut être dans le

« style sublime, et n'être pourtant pas sublime. Par exemple :

« Le Souverain Arbitre de la nature, d'une seule parole, forma

« la lumière : Voilà qui est dans le style sublime : cela n'est pas

« néanmoins sublime; parce qu'il n'y a rien là de fort merveil-

« leux , et qu'on ne pût aisément trouver. Mais , Dieu dit : Que

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