DISSERTATION DE M. LE CLERC
CONTRE LONGIN. (j'S
Ainsi le législateur des Juifs, qui n'était pas un homme ordinaire , ayant lort bien conçu la puissance et la grandeur de Dieu, l'a exprimée dans toute sa dignité au commencement de ses lois, par ces paroles : Dieu dit : Que la lumière se fosse , et la lumière se (it ; que la terre se fasse, et la terre fut faite. (Paroles de Longin , eh. vi.)
Lorsque je fis imprimer pour la première fois, il y a environ
trente-six ans \ la traduction que j'avais faite du Traité du
Sublime, de Longin, je crus qu'il serait bon, pour empêcher
qu'on ne se méprît sur ce mot de Sublime^ de mettre dans ma
préface ces mots qui y sont encore, et qui , par la suite des
temps, ne s'y sont trouvés que trop nécessaires : « Il faut savoir
« que par sublime, Longin n'entend pas ce que les orateurs
« appellent le stvle sublime ; mais cet extraordinaire et ce mer-
u veilleux qui fait qu'un ouvrage enlève, ravit, transporte. Le
« stv'le sublime veut toujours de grands mots; maisle sublime
« se peut trouver dans une seule pensée, dans une seule figure,
« dans un seul tour de paroles. Une chose peut être dans le
« style sublime, et n'être pourtant pas sublime. Par exemple :
« Le Souverain Arbitre de la nature, d'une seule parole, forma
« la lumière : Voilà qui est dans le style sublime : cela n'est pas
« néanmoins sublime; parce qu'il n'y a rien là de fort merveil-
« leux , et qu'on ne pût aisément trouver. Mais , Dieu dit : Que