VIII ÉLOGE HISTORIQUE DE L'AUTEUR
Pendant ce temps-là, il eut des lueurs de fortune dont il ne fut point ébloui. La reine de Suède , qui , après avoir abdiqué la couronne, s'était transplantée à Rome pour toujours, voulut Tattirer près d'elle en 1659j mais l'aventure de Bochart, demandé avec tant d'ardeur, et puis oublié dès qu'il parut, l'empêcha de succomber à la tentation de voir l'Italie. On le souhaita en Suède pour lui confier l'éducation du jeune roi, qui remplaça en 1660 Charles-Gustave, successeur de Christine. Mais il eut la force de remercier; et ceux qui jugent des actions par l'événement, trouveront qu'il fit très-bien de se tenir en France, car dix ans après, il fut nommé sous-précepteur de M. le Dauphin, sans avoir d'autres patrons que son mérite et le discernement de M. de Montausier.
Il arriva à la cour en 1670, et y demeura jusqu'en 1680, qui est l'année que M. le Dauphin fut marié. Plus il sentit que ce nouveau séjour l'exposait à de fréquentes distractions, plus il devint avare de son temps; à peine donnait-il quelques heures au sommeil : tout le reste de son loisir allait ou aux fonctions nécessaires de son emploi, ou à la Démonstration évangélique , commencée et achevée parmi 'les embarras de la cour.
Je ne dois pas oublier ici le service qu'il rendit aux lettres, en nous procurant cette suite de commentaires, qui se nommait communément les Dauphins, Quoique la première idée en fût venue à M. de Montausier, on est redevable à M. Huet d'en avoir