‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 140 sur 146 · Du PlessiS'Besançon à Mazarin · texte numérisé non relu

Du PlessiS'Besançon à Mazarin

Extrait. Turin, le 18 juin 1653.

A l'égard de M. le duc de Mantoue, il se peut dire, sans le flatter, que c'est un prince fort bien fait de sa personne et qui a beaucoup d'esprit, s'il vouloit s'appliquer aux choses sérieuses; mais il se décharge absolument de toutes ses aflaires sur le marquis délia Val, et Ton voit même que cette Altesse y est engagée par serment solennel envers lui, et, comme leurs âges sont fort différents et leurs inclinations contraires, le gouvernement de celui-ci étant d'ailleurs fort violent, on ne croit point qu'il puisse durer. Ainsi, il semble qu'il faut traiter doucement cette affaire et agir par les moyens les plus convenables pour ramoner ce ministre, ou que, si Sa Majesté veut porter ses ressentiments plus loin, il se faut mettre solidement en état de tout entreprendre et dissimuler cependant, afin de ne donner pas occasion aux Espagnols de profiter d'une entreprise ou simplement vindicative ou inconsidérée, comme seroit colle d'aller inutilement ravager le Montferrat, dont les commodités ot les |>aspages nous seront toujours assurés dans le besoin par la bonne volonté des Montferrins

et par le consentement même de Son Altesse, ainsi que je m'en suis expliqué avec elle, pourvu qu'on ne les traite pas hostilement : qui est une conduite que Madame Royale et le marquis de Pianesse ne désapprouvent pas, bien qu'il y en ait d'autres qui n'ont que trop cette démangeaison. Hier, étant à Rivole, on m'y témoigna satisfaction de la manière dont j'ai porté les intérêts de cette

maison à Casai

(Minute. Affaires étrangères, Venise, LXXVI, 76.)

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