Cabinet des titres
3. Les Curiosilrs de Paris et (1rs environs, par M. L. R. (Georges- Louis Le Kouge). Paris, 1716, page 2M.
^. Piganiol de l;i I^'orce, Description historique de In ville de Paris
NOTICE BIOGRAPHIQUE. vij
loin, l'épitaphe de Charles de Lamoignon, conseiller d'État et conseiller au parlement, mort en 1573, rappelait encore dans les termes suivants le nom des Besançon :
... Hic in antiquo Besançoniae gentis monumento, Gum Garola de Besançon amantissima uxore, Exspectat resurrectionem '...
Ajoutons encore les Potier, ducs de Gesvres et comtes de Tresmes, seigneurs de Novion et de Blancmesnil, alors si en faveur à la cour ou redoutables adversaires du pouvoir pendant les troubles de la Fronde, les Marillac, un instant si brillants, les Nesmond, les Sauvin, les Luillier, les Talon, les de Marie, les Midorge et les Spifame, qui tous ont laissé une trace plus ou moins durable dans l'histoire de cette époque. Proches alliés ou parents des Besançon, ils constituaient, avec ceux que nous avons déjà nommés, les principaux appuis acquis à cette famille par suite de relations et d'alliances datant de plusieurs générations. Enfin, mentionnons comme ami particulier Guillaume de Lamoignon, premier président au parlement, l'une des grandes figures de la magistrature française au xvii® siècle, et qui, durant toute sa vie, ne cessa d'entretenir, avec son cousin Bernard de Besançon, des liens d'une constante intimité.
Quelque bien entourés qu'ils fussent, les Besançon ne semblent pas jusqu'au xvii® siècle, avoir jamais joui d'une grande fortune, et les fiefs de Souligné, de Bouchemont, du Plessis, de Cloches et de Timécourt, qui furent leur patrimoine, paraissent n'avoir été que des terres sans importance. Les services de la famille pouvaient se résumer en une longue suite de conseillers au parlement, depuis Hugues de Besançon qui, le premier, en 1316, avait été investi de ces fonc-
ée de ses environs, tome VII, pages 27 et suivantes. — Fr. Blanchard, les Présidents et les familles du Parlement de Paris.
\ . Piganiol de la Force, Description historique de la ville de Paris.
viij NOTICE BIOGRAPHIQUE.
tions^ Guillaume, conseiller sous Louis XII, joua notamment un rôle que l'histoire ne saurait oublier dans le procès criminel de lèse-majesté intenté au maréchal de Gié et dans les procédures soulevées par les réclamations d'Anne de France^ Tout semble indiquer que la plupart de ces magistrats, dévoués et soumis au souverain autant que pouvaient l'être les membres d'un corps en général peu docile, laissèrent les plus honorables souvenirs.
Tout autres étaient les ascendants maternels de du Piessis-Besançon. Nous aurions mauvaise grâce assurément à nous arrêter trop longuement ici sur leur nom. On nous excusera cependant de rappeler brièvement certaines particularités qui semblent de nature à jeter quelque lumière sur le milieu dans lequel naquit Bernard de Besançon. Issus d'une famille noble et ancienne de la région poitevine, les Horric avaient longtemps mené et menaient presque encore à cette époque la rude vie féodale de la province. Ce n'étaient pas, comme les Besançon, des citadins adonnés à l'étude des lettres et du droit; et, si, dans les demeures qu'ils habitèrent alors, on rencontre encore à l'heure présente quelques vestiges attestant de leur part une certaine recherche^ nul doute que ces campagnards, épris de chasse et d'aventures guerrières, ne fissent un singulier contraste avec les doctes personnages dont nous avons précédemment cité les noms. Trois manoirs, placés dans une région couverte de forêts sur les confins de l'Angoumois et du Poitou, servaient alors de principales résidences à cette famille : la Courade, qu'un incendie a détruit en 1752, la Baronnière et la Barre, petit
i. Cabinet dos titros. — Blanchard, les Présidents et les familles du Parlement de Paris. — Du Tillet, Recueil des rangs des Grands de France. Paris, 1587.
2. Procédures politiques du règne de Louis XII, par M. de Maulde.
3. Voir la Renaissance en France, par Palustre, tome III, page 280, et la Statistique monumentale de la Charente, par J.-H. Michon, page 224.
NOTICE BIOGRAPHIQUE. ix
château fort du xv® siècle, dont plusieurs parties, assez bien conservées, subsistent encore aujourd'hui. Bien vus à la cour des Valois, les Horric trouvèrent également des protecteurs et des amis dans les deux familles les plus influentes de leur voisinage, les La Rochefoucauld et les Chabot. Un cadet de la maison porta, tour à tour avec un des cadets de la maison de Chabot, le guidon de la compagnie de cinquante lances du seigneur de Jarnac pendant les guerres du règne de Henri IL Un autre, Jean Horric, seigneur de la Barre, épousa en 1577 la fille de Jean de Mergey, agent et confident du comte de la Rochefoucauld au moment de la Saint- Barthélémy ^ Madeleine Horric, mère de du Plessis-Besançon, était fille de Louis Horric, seigneur de la Courade, grand prévôt de Guyenne, et de Marie Hélyes de la Rochesnard, qui appartenait elle-même à une famille considérée du Limousin et du Poitou. Du côté maternel, les deux frères Besançon tenaient ainsi à plusieurs maisons avantageusement connues à la cour, les Yivonne, les Barbezières, les Rochechouart , les Livron, les Beaupoil, les Poussard, les Bremond d'Ars et les d'Orfeuille. Malheureusement, diverses circonstances vinrent, vers la fin du xvi*^ siècle, modifier quelque peu cette situation. De longs procès aigrirent les relations des Horric avec les Chabot et les La Rochefoucauld. Presque tous les membres de cette famille embrassèrent, en outre, la cause de la Réforme et prirent une part active aux guerres de religion en Saintonge et en Poitou. En 1573, 1574 et 1621, aux sièges de la Rochelle, de Lusignan et de Saint-Jean-d'Angély, on les vit parmi les plus ardents à combattre Tarmée royale 2. Au moment où du
1. Voir les Mémoires de Mergey dans la collection Michaud et Poujoulat, l'"^ série, tome IX, page 567, et, dans la collection Petitot, tome XXXIV, page 40.
2. Arcère, Histoire de la Rochelle; Histoire universelle de Jacques- Auguste de Thou; Agrippa dAubigné, Histoire universelle; Cliro-