‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 4 sur 146 · X NOTICE BIOGRAPHIQUE · texte numérisé non relu

X NOTICE BIOGRAPHIQUE

Plessis-Besançon faisait son entrée dans le monde, il est permis de se demander si des parents aussi indépendants de caractère et aussi mauvais courtisans étaient, en dépit d'une situation provinciale incontestablement assez bonne, bien propres à le servir efficacement auprès du roi.

Du mariage de Charles de Besançon avec Madeleine Horric naquirent deux fils : Charles, l'aîné, et Bernard, l'auteur des Mémoires que nous publions. Rien de plus dissemblable que le caractère des deux frères. Hardi jusqu'à la témérité, insoumis et emporté, Charles a toujours un ferment de révolte au fond du cœur. « Il dit franchement ses vérités à tout le « monde, » écrivait le maréchal de Schomberg, et ose braver les plus puissants ministres, tels que Richelieu et Le Tellier. D'ailleurs, actif et intelligent, il peut rendre d'excellents services à quiconque sait le gagner à sa cause. Quoique brave et passionné pour la carrière des armes à laquelle il s'adonna dès sa jeunesse, Bernard a, au contraire, la gravité méthodique, l'esprit net et précis d'un magistrat doublé d'un mathématicien, le goût pour le travail de cabinet d'une personne de la robe allié à la souplesse révérencieuse d'un homme de cour. L'anecdote suivante, attribuée par Tallemant desRéaux à Louis XIII, semblerait indiquer, en outre, que Bernard de Besançon était sujet aux distractions comme un véritable savant : un jour « Plessis-Besançon allait « rendre certains comptes au roi et, comme c'est un homme « assez appliqué à ce qu'il fait, il étale les registres sur la « table du roi après avoir mis, sans y penser, son chapeau « sur sa tête. Le roi ne lui dit rien. Quand il eut fait, il « cherche son chapeau partout; le roi lui dit : « Il y a long- « temps qu'il est sur votre tête »

nique de Pierre Drisson; Journal de Généroux ; Journal de Daniel Manceau; Bujeaud, Chronique protestante de l'Angoumois; L.-C. Saudeau, Saini-Jean-d'Angély , d'apris les archives de l'échevinage, otc.

NOTICE BIOGRAPHIQUE. xj

Les Mémoires et la Correspondance de du Plessis-Besançon le feront assez connaître pour qu'il soit inutile de s'étendre longuement ici sur sa vie. Cependant son autobiographie est muette sur certains points intéressants de son existence. De plus, elle s'arrête en 1658, époque à laquelle il quitta son ambassade de Venise. Douze années s'écoulèrent encore avant sa mort, qui n'eut lieu qu'en 1670. Nous allons suppléer en quelques mots aux lacunes que nous venons de signaler.

Et d'abord, comment s'appelait la femme de du Plessis- Besançon ? Voilà un point sur lequel les Mémoires ne fournissent aucune indication. Entraîné, dès sa jeunesse, par une vie aventureuse au milieu des camps et dans les pays étrangers, puis emprisonné pendant quatre ans à la Bastille, Bernard ne put probablement songer que tard à se marier. Il épousa, le 25 juin 1637, au château seigneurial de Montmjan en Provence, Louise d'Amphoux, fille d'un conseiller du roi au siège de Fréjus et de Saint-Tropez ^ qui lui apporta quelque bien.

La mission de du Plessis-Besançon à Venise ne dut pas, croyons-nous, contribuer à grandir le diplomate qui l'avait remplie. Sans parler de l'intérêt limité qu'offrait, déjà à cette époque, un séjour dans cette ville par suite de l'état d'abaissement où peu à peu tombait la république, du Plessis- Besançon eut la maladresse de faire naître avec le Sénat d'irritants démêlés, en interprétant, peut-être un peu trop librement, d'anciennes coutumes et en donnant, dans son ambassade, asile à qui bon lui semblait, voire même à des bandits^. Mazarin ne soutint pas, en cette circonstance, les prétentions de son agent, sur lesquelles les Mémoires de ce

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