Le maréchal de Schonberg à Sublet de Noyers
Montpellier, le 23 octobre 1640.
Extrait. — MM. d'Espcnan et du Plessis m'ont tant pressé par deux lettres consécutives que je suis oblige de faire marcher la cavalerie de Boissac et Mérinville vers la frontière, quoique j'eusse ordre du roi de ne les point approcher de Narbonne que ledit sieur d'Espenan ne fût entré avec les régiments d'Anguien, Tonneins, Sérignau et Espenan dans la Catalogne. Je n'ai reçu que le 18 de ce mois le pa(}uet du roi, qui me marque que je puis envoyer quérir les troupes de Guyenne, sur cette fausse nouvelle, qui vint de Narbonne, de raccommodement des castillans. La
lettre est néanmoins datée de Chantilly, le 27 septembre, et j'ai cru qu'en vertu de la même lettre, quoique ce fût pour causes différentes, je pouvois bien les mander et leur envoyer des routes dans mon gouvernement, pour les faire passer avec M. d'Espenan en Catalogne. Enfin, je fais tout ce que ledit sieur d'Espenan désire de moi, quoique cela choque quelquefois les ordres que j'ai par les lettres de Sa Majesté, qui ne peut pas prévoir de si loin les choses qui arrivent de deçà
(Original. Affaires étrangères, fonds France, mémoires et documents, MDCXXXI, 414.)