‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 60 sur 146 · Voir ci-dessus, page '24, noie · texte numérisé non relu

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roi d'attaquer lesdites places pour les remettre entre les mains desdits catalans, après les avoir prises, en remboursant Sa Majesté des frais qu'elle aura faits pour les prendre, ou, sinon, raser lesdites places.

2. Que le principat de Catalogne s'oblige, etc., comme ci-dessus, et dire, pour le regard desdites places, que les catalans attaqueront au plus tôt Perpignan et CoUioure et que le roi attaquera Salses en même temps, pour le raser après l'avoir pris, et, s'ils désirent des forces de mer et encore des troupes françoises pour cet effet, Sa Majesté leur en donnera et ils les paieront.

3. Que le principat de Catalogne, etc. , et dire simplement, pour lesdites places, que Sa Majesté agréera de promettre de ne rien entreprendre sur icelles que de concert avec les catalans, suivant les conditions dont il sera convenu entre le roi et eux par les ministres et ambassadeurs qui auront charge d'en traiter au plus tôt.

Résolution du roi.

On peut coucher ledit article ainsi qu'il suit :

Que le principat de Catalogne s'oblige de n'entreprendre jamais rien contre la France, de ne donner jamais aussi aucun secours ni assistance à qui que ce soit pour y entreprendre, et de ne se départir jamais des conditions du présent traité, quelque accommodement qu'ils puissent faire d'ailleurs avec le roi d'Espagne, mais, au contraire, promettront de les garder tous inviolablement.

Et le roi s'oblige aussi à protéger les catalans et à les assister de ses armes toutes fois et quantes que le roi d'Espagne voudra les opprimer et les priver des droits et franchises qui leur appartiennent, comme aussi de traiter leur accommodement avec ledit roi dans le traité de la paix générale, et, au cas qu'il ne se peut ajuster, de se réserver dans ledit traité la liberté d'assister lesdits catalans ainsi que dessus.

Et, pour ce qui regarde les places que le roi d'Espagne tient encore dans le Roussillon, Sa Majesté déclare que, pour être plus en état d'assister les catalans, elle n'emploiera point, toute la campagne prochaine, ses armes à s'en rendre maître, et qu'étant, en la bonne intelligence et en la liaison en laquelle elle est et veut être avec lesdits catalans, elle n'y entreprendra rien que par concert fait entre eux et les ministres de Sa Majesté, qui auront charge d'assister à ce qui sera plus expédient de faire en ce sujet.

Ce que dessus est l'intention du roi.

(Copie certifiée par le prince de Condé. Afl'aires étrangères, Espagne, XXI, 18, 19.)

W. Du PlessiS'Besançon au prince de Condé.

Paris, le 18 novembre 1640.

J'envoie à Votre Altesse la résolution du roi, en original,

sur l'affaire de Catalogne, par où elle verra qu'elle est composée des trois alternatives que le sieur de Vileplane a emportées à Barcelone, de l'avis de Votre Altesse. M. le cardinal juge à présent que ladite affaire de la Catalogne est maintenant irréconciliable et qu'il n'y a rien à craindre qu'un effort du roi d'Espagne avant que les troupes françoises arrivent à la frontière d'Aragon. Ainsi, l'intention de deçà est que, si les choses se peuvent ajuster selon les résolutions que je vous envoie, M. d'Espenan peut entrer aussitôt avec les troupes; c'est dont Votre Altesse lui donnera, s'il lui

plaît, avis en diligence, atin qu'il ne se perde point de temps

On veut prendre cette affaire comme il faut et l'on m'a fort bien reçu à Paris, à Rueil et à Saint-Germain, où Son Éminence

m'a fait l'honneur de me présenter au roi Je partirai d'ici le

21 au plus tard, pour me rendre à Pézenas le 28, Dieu aidant. S'il y a quelque chose que je doive savoir plus tôt, Votre Altesse me fera, s'il lui plaît, cette grâce de m'honorer de ses nouvelles à

Baignols^.

(Original. Archives des Condé, série M, XXI, 222.)

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