Sublet de Noyers à du Plessis-Besançon
Rueil, le 13 décembre 1640.
Aujourd'hui, treizième décembre, je reçois la vôtre du premier, qui nous confirme toujours dans les grandes espérances du succès des affaires de Catalogne, lesquelles, étant bien conduites et soutenues avec vigueur, sont sans doute capables de donner à la chrétienté la paix que tant d'années de guerre n'ont pu produire. Nous tâcherons à bien recevoir les trois députés qui viennent vers Sa Majesté, et ne les quitterons pas qu'ils ne soient bien informés et bien imprimés de ce que la France peut faire pour leur avantage.
Si vous pouvez porter ceux du principat à donner un port et une forteresse pour la sûreté des vaisseaux de Sa Majesté, ce sera le commencement d'un établissement solide. Il est donc très important que vous travaillez ayant ce dessein devant les yeux. Maintenant qu'il y a comme imion entre nous et quelque espèce de confusion de droits, j'estime que vous ne sauriez mieux faire que d'assister ces peuples de vos bons conseils et de leur aider à fortifier leurs places du côté qui regarde la Castille Le roi ayant
estimé que vos troupes ne pourroient pas s'entretenir en discipline s'il n'y avoit un maréchal de camp pour les commander sous M. d'Espenan, Sa Majesté en a donné la charge à M. deSérignan, avec lequel je vous prie de bien vivre comme une personne qui est entièrement à Son Éminence.
(Original. Affaires étrangères, Espagne, supplément, IV.)