‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 67 sur 146 · D'Espenan à MM. les députés de Catalogne · texte numérisé non relu

D'Espenan à MM. les députés de Catalogne

'.» janvier 1641.

L'obligation de ma parole envers les ennemis m'a forcé de prendre le chemin de France pour l'accomplir, voyant que vous étiez résolus de ne vous contenter pas que je défendisse avec vous le poste de Martorell ou la ville de Barcelone même et que vous vouliez que j'allasse affronter l'ennemi avec si peu de forces qu'il m'a semblé que c'étoit chose impossible, dangereuse pour vos affaires et honteuse à ma nation, en telle façon que le roi auroit eu juste sujet de me châtier, encore que j'eusse gagné une bataille. Je suis plus désireux de vous servir que jamais, et, si vous le trouvez bon, aussitôt que j'aurai mis le pied en France et, sur votre parole, je me rendrai à Barcelone avec trois mille hommes de pied et quatre cents chevaux pour la défendre en personne; cependant, l'armée navale de Sa Majesté viendra vous servir et l'armée de terre qui se fait en Languedoc aura loisir d'entrer en Catalogne. (Vest le meilleur parti (jue vous j)uissiez prendre et, en attendant, de défendre le plus que vous pourrez le poste de Martorell. Je ferai, pour cet effet, demeurer en Ampourdan le régiment de Sérignan,

le mien et la cavalerie dont vous avez besoin et entrer le régiment de Tonneins, faisant prendre sa place à d'autres troupes. En cas que l'ennemi fût trop près de Barcelone, je pourrois embarquer mon infanterie à Cap-de-Quiers ou Palamos sur nos galères ou sur des barques que vous pourriez fournir de la côte, mais il faudroit, pour cela, que vous rendissiez Sa Majesté maître du port et fort de Gap-de-Quiers, à condition de vous le rendre quand vous n'auriez plus besoin des armes du roi, ou que vous auriez fait votre accommodement avec Sa Majesté catholique. C'est de quoi j'ai voulu vous donner avis et vous assurer que je ne désire rien tant au monde que de vous servir, mon honneur sauf, aux dépens de ma propre vie. Tous les officiers d'artillerie retourneront aussi vous trouver et M. du Plessis s'emploiera de tout son pouvoir à vous procurer tout ce que vous sauriez désirer du roi et à vous aller servir de sa personne. Faites-moi, s'il vous plaît, savoir votre intention à Figuères.

(Copie. Affaires étrangères, fonds France, mémoires et documents, M DC XXXIII, 52.)

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