Le maréclial de Schonberg à du Plessis-Besançon
llle, le 11 janvîor 1041.
J'ai reçu un courrier de la députation et, outre cela, une lettre de don Francisco Tamarit qui me témoignent être en grande inquiétude de ce qu'un de leurs députés, ayant eu rendez-vous de M. d'Espenan pour se trouver à Martorell, il apprit, lorsqu'il fut sur le lieu, que ledit sieur d'Espenan, avec sa cavalerie et infanterie françoise, prenoit un chemin tout contraire et sembloit s'en vouloir revenir en France. L'effroi qui paroît dans leurs lettres de voir ce changement si prompt et l'entier délaissement à quoi l'on les abandonne me fait vous écrire ce mot pour vous supplier de vouloir considérer et faire considérer à M. d'Espenan que, puisqu'il a envoyé pour recevoir les ordres du roi sur le sujet de son traité, il semble que vous pouviez être demeurés jusques au retour de Sainte-Colombe et, cependant, prendre quelque poste vers Martorell ou ailleurs, d'où vous puissiez au moins tenir l'armée ennemie en quelque jalousie et aider pour le moins en cette sorte aux catalans, ne les pouvant servir de l'autre. J'ai cru vous devoir mander ceci, et pour le service du roi, et encore pour faire cesser les discours extravagants que les catalans prennent publiquement de cette retraite.
(Original. Affaires étrangères, Espagne, supplément, IV.)