‹ Mémoires de Du Plessis-BesançonChapitre 70 sur 146 · Sublet de Noyers à du Plessis-Bcsançon · texte numérisé non relu

Sublet de Noyers à du Plessis-Bcsançon

Paris, le 12 janvier 1641.

Il ne faut pas s'étonner s'il se rencontre des difficultés dans

l'exécution des grandes alfaires , et je dois vous ôter hors de

l'esprit que nous ayons été fort surpris par la nouvelle du mauvais

succès de Tarragone Tant s'en faut que ce petit échec ait en

rien diminué l'ardeur et le grand zèle que nous avons pour assister ce principal, qui a témoigné tant d'inclination vers la France; au contraire, le roi a pris résolution de vous envoyer dos armées au lieu de ces petits corps, auxquels s'aboutissoient jusqu'ici toutes vos prétentions, ayant déjà envoyé de toutes parts les ordres nécessaires pour faire acheminer les troupes vers Narbonne, et fait distribuer à tous les régiments, tant d'infanterie que de cavalerie, l'argent nécessaire pour faire leurs recrues, avec des commissaires à chaque corps pour presser les mestres de camp de se mettre en état.

Vous verrez, par le rôle ci-après, le nom des régiments, tant d'infanterie que de cavalerie, qui doivent servir en cette occasion, et vous assurerez ces messieurs du principat de la résolution que Sa Majesté a prise, par les prudents conseils de Son Éminence, de ne rien épargner pour soutenir leurs intérêts et leur faire connoître combien la pensée qu'ils ont eue de se jeter en la protection de Sa Majesté leur sera avantageuse. Je m'assure qu'ils auront grande satisfaction du bon accueil qu'ont reçu par deçà leurs députés, Sa Majesté ayant voulu les traiter d'ambassadeurs et les faire couvrir comme souverains, ce qui a interrompu la négociation que je devois avoir avec eux, et chargé M. de Ghavigny de toutes leurs affaires. Mais cela ne m'ôtera pas les occasions de les servir, puisque, la plupart de ce qu'ils auront à proposer et conclure regardant la guerre, cela retourne entre mes mains.

M. de MazeroUes vous porte la ratification du traité et donnera en passant à M. de Machault les ordres nécessaires pour le supplément de la solde de vos gendarmes et chevaux-légers, à raison de mille réaux par jour. Je tâcherai aussi de lui donner les ordres nécessaires pour vous faire toucher quelque rafraîchissement aussi bien qu'à M. d'Espenan. Donnez -nous seulement le loisir de joindre à vos forces celles que nous vous préparons, et je vous assure que toute la Catalogne sera contente de nous et que nous ne démentirons point les espérances que vous leur avez données des effets de la générosité de notre maître.

(Original. Affaires étrangères, Espagne, supplément, IV.)

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