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entreprise étoient les nommés la Bernardière, la Roche, Sarzac, le neveu du Père Ghanleloube, le Père Champagne de l'Oratoire, la Baste, Rouvre, Saint -Amour, valet audit Besançon, René, valet audit la Bernardière, ainsi que lesdits Besançon et Bernardière m'ont dit par plusieurs fois. Et que, pour cet effet, la reine avoit baillé, entre autres sommes, douze cents pistoles, lesquelles étoient entre les mains de quelque marchand ou autre à Paris et que la Baste délivroit l'argent. Qu'ils, à savoir Besançon, la Roche, Bernardière, Champagne père, le neveu du Père Chanteloube, avoient été vendus par le nommé Rouvre et la Baste... Que , pour montrer combien cette action étoit juste , le Saint- Esprit les conduisoit, vu que, sur l'heure d'être pris, sans y penser, s'en allant souper chez la Baste, Besançon fut averti par un cordon bleu qui étoit de cette conspiration, au cas où elle n'eût réussi, de se sauver, et que leur dessein venoit d'être découvert; lequel personnage il ne m'a pas voulu nommer, bien, m'a-t-il dit, que le même l'avoit été voir dans le Fort-Lévêque en carosse. Soudain lequel avis, il acheta de la coupe-rose, se rase et frotte si très fort le visage qu'en demi-heure fut tout couvert de pustules, se sauve et passe au milieu de la compagnie ou autres cavaliers qui étoient à M. le comte de Soissons, le cherchant et poursuivant jusques à la frontière, lui y étant cinquième avec les nommés Bernardière, la Roche, Champagne, Saint-Amour et René. De retour à Gand, la reine ne leur avoit pas fait bonne réception *...
Voici, d'autre part, en quels termes le chevalier du guet rendit compte de l'incident au cardinal. Il est permis de supposer, d'après ces écrits, que Besançon, s'il ne prévint pas M"'*" de Gombalet, s'efforça du moins, lorsqu'il vit son plan découvert, de détourner habilement de sa tète une partie des colères qui le menaçaient. Sa finesse donna sans doute naissance aux soupçons dont Tallemant des Réaux s'est fait l'écho :
Testa au cardinal de Richelieu.
Paris, le 25 octobre 1632.
Vous aurez, à cette heure, à ce que je crois, appris par Bon-
4. Affaires étrangères, fonds France, mémoires et documents, DCCCVIII, folio 7.
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nefroy l'attentat qu'on a voulu commettre en la personne de M™e de Gombalet, votre nièce, lequel, le bruit en ayant couru par Paris, est trouvé si étrange de tout le monde et si indigne de la personne qui l'a prémédité qu'il ne se peut davantage. Aussi, cela ne se pouvoit imaginer et Dieu n'a pas voulu qu'un tel acte se commît. La bonne dame a témoigné une grande constance et résolution et, pendant que nous conduisions l'affaire pour l'exécuter, elle n'a point voulu déloger ni s'accompagner davantage, quoique ce ne fût pas mon avis. Gela nous a, néanmoins, donné plus de facilité, et j'ai continué toujours du depuis à travailler en la suite de cette affaire pour l'éclaircir; et même j'avois encore découvert où étoit logé Tournabonne et, comme j'allois pour le prendre, ladite dame me pria de n'en rien faire, disant qu'il lui avoit fait parler, et que même il de voit parler à elle et qu'il lui promettoit de servir et de faire prendre Besançon, quoique même il fût passé en Flandres, et nous a donné mémoire de tous les chemins qu'il croyoit qu'il devoit tenir; si bien que j'y ai envoyé un de mes lieutenants pour voir s'il seroit si heureux que de le pouvoir attraper et un autre vers monseigneur le comte pour faire prendre garde sur toutes les frontières, et lui avons envoyé un mémoire des passages. Il n'est que lui second, et celui qui a fait le bien est cause qu'il n'a pas été pris, l'ayant lui-même fait évader; et M°^e ^q Gombalet l'en a même loué, vu la raison qu'il lui a dite, et, néanmoins, ledit sieur Bonnefoy vous aura pu dire l'effort que j'ai fait pour l'induire au contraire ^..
Testu au cardinal de Richelieu.
Paris, le 11 novembre 1632.
Le sieur de Tournabonne est ici, de retour de Bruxelles, lequel a rapporté tous les discours qui s'y sont passés sur le sujet de la prise de ces gens qui ont voulu enlever madame votre nièce, et particulièrement ceux qu'a tenus le diable de Ghanteloube, que je nommerai ainsi plutôt que Père, dont la prise de son neveu les touche plus que tout et particulièrement la reine, car ledit Ghanteloube dit qu'il ne se soucie pas d'en faire une victime pour elle; et ont créance que c'est Besançon qui a découvert
1. Affaires étrangères, fonds France, mémoires et documents, DCGGIII, folio 200.
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l'affaire, ce qui leur a donné sujet de renvoyer ici ledit Tournabonne ^..
Ainsi qu'on Ta vu, Marie de Mèdicis accueillit assez mal ses émissaires lorsqu'ils revinrent près d'elle les mains vides. Elle ne voulut pourtant pas s'avouer vaincue. Le duc de Montmorency ayant été exécuté, la cour revint à Paris. Tous les écrits du temps et les Mémoires de Richelieu relatent les complots sans nombre qui furent alors dirigés contre la personne du cardinal. La dénonciation suivante, faite par La Rivière en même temps que celle que nous avons déjà rapportée, permet de se faire une idée des noirs desseins que formaient alors à Bruxelles les hommes attachés au parti de la reine mère :
Ils proposent, la mort de M. de Montmorency s'en étant ensuivie, tuer monseigneur le cardinal... Pour cet effet, la Bernardière étoit à Paris, auquel lieu il a demeuré six semaines ; puis, le demi-mars et avril, de retour à Bruxelles, il m'a dit venir dudit Paris, y avoir séjourné ledit temps pour exécuter la résolution de mort à rencontre de mondit seigneur avec les circonstances qui s'en suivent :
Qu'il étoit logé avec son frère, un temps autre, chez un nommé le petit pâtissier du faubourg Saint-Germain, le reste chez une veuve parente du Père Champagne, déguisé eu gueux portant une petite tille entre ses bras et rasé, tenant un pistolet sous sa besace, ayant en cet état failU à tuer mondit seigneur, lui ayant demandé l'aumône à la portière, sans l'embarras d'autres carrosses qui l'eussent empêché de se sauver... Depuis lequel temps il Tavoit aussi failli, déguisé en cocher, proche l'hôtel de Soissons, sans qu'il se trouvât au droit d'une rue qui n'a pas de bout proche de là, qu'il l'avoit failli tuer, m'ayant dit souvent ces mots que le différé n'étoit pas perdu...
Le roi étant sorti de Paris environ la lin de mai et monseigneur suivant Sa Majesté, il en avoit donné avis à la reine, occasion que le Père Ghanteloube lui avoit envoyé deux cents pistoles pour moyenner la sortie de son neveu, vu qu'on commencoit à
1. Affaires étrangères, fonds France, mémoires et documents, DCCCm, folio -251.
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lui faire son procès; à ces fins, il m'a dit lui avoir fait tenir, étant lors déguisé en cocher, des tarières, vire-brequins et ciseaux pour déjoignerdes grilles et rompre des pierres...; et que, n'étoient les pensions que le roi donnoit au Plessis-Besançon, il y auroit longtemps qu'il se seroit sauvé, y ayant tous les apprêts en cas qu'on vînt à lui faire son procès.
Quand j'ai quitté Besançon et la Bernardière à Bruxelles, ils étoient après à faire faire des échelles de soie pour de nouveau, à la sollicitation de Monsieur et de la reine mère, enlever M^^e de Combalet...
Lorsque le prévôt de l'hôtel alla prendre Besançon prisonnier pour l'amener au Fort-Lévêque cette dernière fois, sa femme jeta dans le privé de sa chambre une cassette pleine de papiers où Sa Majesté et son Éminence verront tous les mauvais sujets du royaume, Besançon m'ayant dit avoir vu la plupart des grands du royaume, lesquels sont signés, déclarant feu M. de Montmorency chef de toute la noblesse. J'en ai aussi donné avis; elle^ y est encore, car plusieurs fois j'ai battu cette corde et sa femme me l'a assuré aussi bien que lui...
J'ai ci-devant donné avis à Sa Majesté et à son Éminence du dessein que Besançon a sur certaine île; elle est fort importante. A présent, les Dunquerquois ont promis des vaisseaux. Pareillement, de la surprise du mont Saint-Michel, guère moins important... Je dénonce un frère d'icelui La Bernardière, religieux dans ledit mont Saint-Michel, qui doit empoisonner, quand son frère voudra, [les] autres pauvres religieux avec de l'opium, en festinant ensemble, dans leur vin, pain et viande, où ces malheureux ont résolu de se retirer avec des vaisseaux proches de là. . .
J'écrivis aussi à la fête de la Pentecôte concernant le plus subtil poison qui ait jamais été, où, si un chien marche dessus, il y reste, comme aussi que la reine et ces messieurs en cherchent le moyen de faire mourir monseigneur le cardinal, de loin, qui leur a été déclaré possible à cet effet. Il y a à Paris un médecin nommé Renetiny, qui est à Monsieur et qui souloit être au président Le Goigneux. Ils se promettent par ce moyen recouvrer du chirurgien de mondit seigneur du sang, et que, cela étant, par sympathie, le mêlant à leur maudit poison, qui est composé de menstrues d'une femme putréfiée avec un crapaud et arrièrefoie avec la cervelle d'un pendu, soudain par sympathie ou len-