‹ Mémoires de duc de Saint-SimonChapitre 111 sur 315 · Il y a bien butte, et non lutte · texte numérisé non relu

Il y a bien butte, et non lutte

Chartres, avoit perdu Fépiscopat en France en le remplissant de cuistres de séminaires et de leurs élèves, sans science, sans naissance, dont Tobscurité et la grossièreté faisoient tout le mérite, et que le Tellier* acheva de Fanéantir en le vendant à découvert, non pour de Fargent, mais pour ses desseins, et sous des conventions sur lesquelles son esprit emporté, violent à Fexcès, sa sagacité et ses artificieuses précautions, le gardèrent de se laisser tromper, dont le secret ne put demeurer longtemps caché, et dont la découverte ne Farrêta pas dans la posture où il étoit parvenu à se mettre. On peut comprendre et mieux voir encore, par tout ce qui est arrivé, ce qui se pouvoit attendre de tous ces choix. Bissy, dans les mêmes errements, le soutenoit de toutes ses forces naissantes, et a bien profité depuis de ses leçons. Tels ont été les funestes ressorts qui ont perdu FÉglise de France, et qui, la dernière de toutes les nationales. Font enfin abattue sous le joug de Fempire romain, lequel par différentes routes avoit déjà écrasé toutes les autres. C'est à quoi la faveur personnelle du cardinal Fieury contre le P. Quesnel, dont on a vu la cause, a eu Fhonneur de mettre le comble, d inonder la France non-seulement de proscriptions, mais d'expatriations, de Faccabler de * lettres de

cachet, de compte fait après sa mort dans les bureaux des secrétaires d'État, et de pourvoir dignement et sûrement après sa mort à la continuité de sa vengeance.

Telles furent les dernièras années de ce long règne de Louis XIV, si peu le sien, si continuellement et successivement celui de quelques autres. Dans ces derniers temps, abattu sous le poids d'une guerre fatale, soulagé de personne par Fincapacité de ses ministres et de ses généraux, en proie tout entier à un obscur et artificieux domestique, pénétré de douleur, non de ses fautes, qu'il

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