Le mot droit est répété ici au manuscrit
2i4 MADAME DEMANDE L EXCLUSION DE DU BOIS. [17i5]
chât, comme pour lui rendre compte de ce qui s'étoit passé. Il y reçut les compliments forcés des deux vieux amants, et de là s'en alla chez Madame. Elle fut au-devant de lui Tembrasser, ravie de joie, et après les premières questions et conjouissances, elle lui dit qu'elle ne desiroit rien autre chose que le bonheur de TËtat par un bon et sage gouvernement, et sa gloire à lui; qu'elle ne lui demanderoit jamais rien qu'une seule chose, qui n'étoit que pour son bien et son honneur, mais qu'elle lui en demandoit sa parole précise : c'étoit de n'employer jamais en rien du tout, pour peu que ce fût, l'abbé du Bois, qui étoit le plus grand coquin et le plus insigne fripon qu'il y eût au monde, et dont elle avoit mille et mille preuves, qui, pour peu qu'il pût se fourrer, voudroit aller à tout, et le vendroit lui et l'État pour son plus léger intérêt. Elle en dit Ijien d'autres sur son compte, et pressa tant Monsieur son fils qu'elle en tija parole positive de ne l'employer jamais.
J'arrivai une heure après à Versailles. J'allai chez M""* la duchesse de Berry, qui étoit ravie. M. le duc d'Orléans en sortoit. Je vis après M"' la duchesse d'Orléans, qui me parut tâcher d'être bien aise. J'évitai les détails avec elle sous prétexte de m'aller reposer. Ce n'étoit pas sans besoin. J'appris le lendemain la parole exigée et donnée de l'exclusion totale de l'abbé du Bois. On ne verra que trop tôt que les paroles de M. le duc d'Orléans ne furent jamais que des paroles, c'est-à-dire des sons qui frappent l'air.