‹ Mémoires de duc de Saint-SimonChapitre 165 sur 315 · HORREURS · texte numérisé non relu

HORREURS

que ses parents d'Italie étoient apparemment morts de* puis qu*il en étoit parti, que ses biens apparemment aussi avoient été partagés, depuis tant d'années qu'on n'avoit point eu de nouvelles de lui , qu'il ne savoit que devenir : il demanda de rester à la Bastille le reste de ses jours avec la nourriture et le logement. Cela lui fut accordé, avec la liberté qu'il y voudroit prendre.

Pour ceux qui furent tirés des cachots où la haine des ministres et celle des jésuites et des chefs de la constitution les avoit fait jeter, l'horreur de l'état où ils parurent épouvanta, et rendit croyables toutes les cruautés qu'ils racontèrent dès qu'ils furent en pleine liberté. Le même jour le Régent tint conseil avec les ministres du feu Roi, et il y fit entrer le duc du Maine et le comte de Toulouse.

Ce même jour mourut M"' de la Vieuville, dans un âge peu avancé, d'un cancer au sein, dont jusqu'à deux jours avant sa mort elle avoit gardé le secret avec un courage égal à la folie de s'en cacher, et de se priver par là des secours. Une seule femme de chambre le savoit et la pansoit. On a suffisamment parlé d'elle et de son mari, p. 1007*, lorsqu'elle fut faite dame d'atour de M"* la duchesse de Berry. Cette princesse étoit à Saint-Cloud avec sa petite cour en attendant que le Luxembourg fût en état qu'elle y vînt loger. Elle disposa de la charge de sa dame d'atour en faveur de M" de Pons, qui étoit une de ses dames, qu'elle remplaça de M°* de Beauvau, dont le mari fut chevalier de l'ordre en 1724, et son frère aussi, qui étoit archevêque de Karbonne. Cette dame étoit aussi Beauvau, d'une autre branche ; son père avoit été capitaine des gardes autrefois de Monsieur. On donna au duc et à M"** la duchesse du Maine un magnifique appartement en bas, aux Tuileries; et M. de Bouillon obtint pour le duc d'Albret, son fils, la charge de grand cham-

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