LE ROI TIENT SON PREMIER LIT DE JUSTICE
bellan sur sa démission, en ayant vainement tenté la survivance.
Le jeudi 12 septembre, le Roi vint tenir son premier lit de justice, où il n'y eut point de foi et hommage et rien de particulier, sinon que la duchesse de Ventadour y eut un petit siège, et que le maréchal de Villeroy en eut un aussi fort bas, hors de rang, entre le trône et la première place des pairs ecclésiastiques. Ce fut une tolérance, car il ne pouvoit être en fonction tant que le Roi étoit entre les mains des femmes. Le premier chambellan, comme grand écuyer, le porta depuis le carrosse jusqu'à la porte de la grand'chambre, où le duc de Tresmes le prit et le porta sur son trône. Il servit de grand chambellan, et en eut la place comme premier gentilhomme de la chambre en année, parce que le duc d'Albret, qui ne Tétoit que de la veille, n'avoit pas prêté serment.
Le samedi 14 septembre, les Compagnies allèrent haranguer le Roi à Vincennes, et le chancelier donna la démission de sa charge de secrétaire d*État de la guerre, suivant rengagement qu'on a vu qu'il en avoit pris avec M. le duc d'Orléans pour se conserver les sceaux. On en [a] assez dit sur cette belle convention pour n'avoir rien à y ajouter. Il en eut encore quatre cent mille livres, outre tout ce qu'il en avoit tiré du feu Roi.
Peu de jours après, la facilité du Régent, et l'extrême et pressant besoin des finances fit accorder à Crosat l'agrément de la charge de trésorier de l'ordre, à rembourser aux héritiers de l'avocat général Chauvelin. Le Régent y trouva le prêt d'un million au Roi en barres d'argent, et l'engagement pour deux autres millions que fit Crosat. Térat eut le râpé* de cette charge. 11 étoit depuis longtemps chancelier et surintendant des affaires de Monsieur, et de M. le duc d'Orléans ensuite, exact, appliqué, désintéressé, vertueux et fort honorable, qui faisoit sa charge avec dignité, au profit de son maître, et