PRISE PAR LE DDC DU MAINE
Conti et Monsieur son fils dans cet intérêt commun de princes du sang, quoique unis avec M. et M"* du Maine, par communauté d'intérêt dans le procès contre Monsieur le Duc pour la succession de Monsieur le Prince. L'éclat fut grand, le Régent chercha à Tapaiser. On en verra ailleurs les suites.
Le prince de Courtenay, Tabbé son frère, et le fils unique du premier auxquels cette branche se trouvoit réduite, présentèrent au Régent une parfaitement belle protestation, forte, prouvée, mais respectueuse et bien écrite, pour la conservation de leur état et droits, comme ils ont toujours fait aux occasions qui s'en sont présentées, et à chaque renouvellement de règne. Elle fut reçue poliment et n'eut pas plus de succès que toutes les précédentes. L'injustice constante faite à cette branche de la maison royale légitimement issue du roi Louis le Gros est une chose qui a dû surprendre tous les temps qu'elle a duré, et montrer en même temps la funeste merveille de cette maison, qui dans un si long espace n'a pu produire un seul sujet dont le mérite ait forcé la fortune, d'autant plus que nos rois ni personne n'a jamais douté de la vérité de sa royale et légitime extraction, et le feu Roi lui-même. J'en ai parlé p. 1354*.
Ce prince de Courtenay-ci étoit un homme dont la figure corporelle marquoit bien ce qu'il étoit. Le cardinal Mazarin eut envie de voir s'il en pourroit faire quelque chose, et s'il le trouvoit un sujet, de le faire reconnoître pour ce qu'il étoit, en lui donnant une de ses nièces. Pour l'éprouver à loisir par soi-même, il le mena dans son carrosse de Paris à Saint-Jean de Luz pour les conférences de la paix des Pyrénées. Le voyage étoit ajournées, et il fut plein de séjours. Courtenay étoit né en mai 1640; il avoit donc prés de vingt ans. Il n'eut ni l'esprit ni le sens de cultiver une si grande fortune. Il passa tout le voyage avec les pages du cardinal, qui ne le vit jamais qu'en