‹ Mémoires de duc de Saint-SimonChapitre 265 sur 315 · AUX ASSASSINS DE STAIRS · texte numérisé non relu

AUX ASSASSINS DE STAIRS

lorsque Fabbé de Saint-Simon passa de Noyon à Metz, où il trouva sa veuve fort misérable.

La reine d'Angleterre fit venir M"* Lospital à Saint- Germain, la remercia, la caressa comme elle le méritoit, et lui donna son portrait; ce fut tout; le Régent, quoi que ce soit; et longtemps après le roi Jacques lui écrivit et lui envoya aussi son portrait. Conclusion : elle est demeurée maîtresse de la poste de Nonancourt, et Test demeurée, telle qu'elle l'étoit auparavant, vingt-quatre qu vingtcinq ans encore, jusqu'à sa mort; et c'est encore son fils et sa belle-fille qui tiennent cette mêm« poste. G'étoit une femme vraie, estimée dans son lieu ; pas un seul mot de ce qu'elle a raconté de celte histoire n'y a été contredit de qui que ce soit. On n'oseroit dire ce qui lui en a coûté de frais; jamais elle n'en a reçu une obole. Jamais elle ne s'en est plainte ; mais elle disoit les choses comme elles étôient, avec modestie et sans le chercher, à qui lui en parloit. Telle est l'indigence des rois détrônés, et le parfait oubli des plus grands périls et des plus signalés services.

Beaucoup d'honnêtes gens s'éloignèrent de Stairs, que l'insolence de ses airs écartoit* encore. Il en combla la mesure par la manière insupportable dont il s'expliqua toujours sur cette affaire, n'osant toutefois l'avouer, sans s'en disculper non plus, ni en témoigner d'autre peine que celle de son succès.

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