RÉFORME DE TROUPES
cent cinquante mille livres et en fut capitaine à sa place. Trois mois après, Canillac, cousin de celui qui étoit dans le conseil des affaires étrangères, et qui commandoit les mousquetaires noirs sous M. de Vins, qui n'éloit guère moins vieux que Maupertuis, et qui desiroit fort de se retirer, lui donna aussi cent cinquante mille livres, et fut capitaine à sa place. Ce fut la première fois qu'on ait monté à ces compagnies pour de Fargent. Il est vrai que qui n*eût eu égard qu*au mérite, Maupertuis et Vins n'auroient pas eu de tels successeurs.
Après bien des projets différents, on fit enfin la réforme des troupes. On ne conserva que cent cinquante escadrons de cavalerie à cent maîtres chacun, sans majors ni aumôniers, et les dix-sept escadrons de la maison du Roi et de la gendarmerie, de laquelle les compagnies furent réduites de soixante à trente-cinq maîtres. On conserva aussi les quatorze régiments de dragons à un escadron chacun, dont la moitié à pied. Le tiers des Suisses fut réformé, en sorte que de dix -huit mille hommes on n'en conserva que douze mille, en ôtant une compagnie par régiment; et les régiments sur le pied étranger, excepté les Suisses, à qui leurs capitulations furent conservées, et les Irlandois, on les mit sur le pied françois, infiniment moins cher, en donnant à leurs colonels huit mille livres de pension, en dédommagement de ce qu'ils y perdirent.
11 y eut force bals dans Paris, outre ceux de FOpéra. Il arriva en Tun de ces derniers une querelle entre le duc de Richelieu et le comte de Gacé, fils aîné du maréchal de Matignon. Ils sortirent, se battirent dans la rue de Richelieu, et se blessèrent légèrement tous deux. Le Parlement, certain de la foiblesse du Régent, et de la misère des ducs, à qui il ne pardonnoit point de ne pas essuyer toutes ses usurpations avec le dernier respect, se promit bien de profiter du temps et de Taventure, et sans lettres patentes, comme il est de Tordre, du droit et de Tusage, se mit à informer, sous prétexte que M. de Richelieu