DES CHAPITRES DU DOUZIÈME VOLUME
Chapitre premier. — Caractère de Louis XIV. — M"« de la Vallière ; son caractère. — Le Roi hait les sujets, est petit, dupe, gouverné en se piquant de tout le contraire. — L'Espagne cède la préséance; satisfaction de Taffaire des Corses. — Guerre de Hollande; paix d'Aix-la-Chapelle ; siècle florissant. — Conquêtes en Hollande et de la Franche- Comté. — Honte d'Heurtebise. — Le Roi prend Cambray ; Monsieur bat le prince d'Orange à Cassel, prend Saint-Omer, et n'a pas depuis commandé d'armée. — Siège de Gand ; expéditions maritimes ; paix de Mimègue; Luxembourg pris. — Gênes bombardé; son doge à Paris.
— Fin du premier âge de ce règne. — Guerre de 1688, et sa rare origine. — Honte de la dernière campagne du Roi. — Paix de Turin, puis de Ryswick. — Fin du second âge de ce règne. — Vertus de Louis XIV; sa misérable éducation; sa profonde ignorance; il hait la naissance et les dignités, séduit par ses ministres. — Superbe du Roi, qui forme le colosse de ses ministres sur la ruine de la noblesse.
— Goût de Louis XIV pour les détails ; avantages de ses ministres, qui abattent tout sous eux, et lui persuadant que leur puissance et leur grandeur n'est que la sienne, se font plus que seigneurs et tout-puissants. — Raison secrète de la préférence des gens de rien pour le ministère. — Nul vrai accès & Louis XIV, enfermé par ses ministres. — Rareté et utilité d'obtenir audience du Roi. — Importances des grandes entrées. — Ministres causes de la superbe du Roi 1
Chapitre H. — Jalousie et ambition de Louvois font toutes les guerres et la ruine du royaume, et la haine implacable du Roi pour le prince d'Orange. — Terrible conduite de Louvois pour embarquer la guerre
générale de 1688. — Catastrophe deLouvois par deux belles actions après beaucoup d'étranges. — Grande action de Chamlay; son état, son caractère. — Moit et disgrâce de douvois, et de son médecin cinq mois après celle de Louvois 23
Chapitre III. — Faute de la guerre de 1688 et du camp de Compiègne. — Gens d'esprit et de mérite pesants au Roi, cause de ses mauvais choix.
— Fautes insignes de la guerre de la succession d'Espagne. — Extrémité de la France, qui s'en tire par la merveille de la paix d'Angleterre, qui fait celle d'Utrecht. Voir les pièces. — Bonheur du Roi en tout genre. — Autorité du Roi sans bornes; sa science de régner; sa politique sur le service, où il asservit tout, et rend tout peuple. — Louvois éteint les capitaines, et en tarit le germe pour toujours par l'invention de l'ordre du tableau. — Pernicieuse adresse de Louvois, et de son ordre du tableau. — Promotions funestement introduites. — Invention des inspecteurs. — Invention du grade de brigadier 39
Chapitre IV. — La cour pour toujours à la campagne; raisons de cette politique. — Origin^ de Versailles. — Le Roi veut une grosse cour ; ses adresses pour la rendre et la maintenir telle. — Application du Roi à être informé de tout; police; délations. — > Secret des postes. — Le Roi se pique de tenir parole, est fort secret, se plaît aux confiances; singulière histoire là-dessus. — Art personnel du Roi k rendre tout précieux ; sa retenue, sa politesse mesurée. — Patience du Roi, et précision et commodité de son service et de sa cour. — Crédit et familiarité des valets. — Jalousie du Roi pour le respect rendu à ceux qu'il envoyoit; récit bien singulier sur le ducdeMontbazon. — Grâces naturelles du Roi en tout; son adresse; son air galant, grand, imposant. — Politique du plus grand luxe; son mauvais goût. — Le Roi ne fait rien à Paris, abandonne Saint Germain, s'établit & Versailles, veut forcer la nature. — Ouvrages de Maintenon.
— Marly 66
Chapitre V. — Amours du Roi. — Belle inconnue très-connue. — M"* Scarron; ses premiers temps. — Extraction, famille et fortune du maréchal d'Albret. — M"* Scarron élève en secret M. du Maine et Madame la Duchesse, et reconnus et & la cour, demeure leur gouvernante; le Roi ne la peut souffrir, et s'en explique très-fortement; elle prend le nom de Maintenon en acquérant la terre. — Le Roi rapproché de M*"* de Maintenon, qui enfin supplante M""* de Montespan.
— Le Roi épouse M"* de Maintenon. — M"« de Maintenon toutepuissante quitte les armes de son premier mari, à l'exemple de M"** de Montespan et de M** de Thianges 85
Chapitre VI. — Caractère de M"« de Maintenon. — Goût de direction. — Persécution du jansénisme. — Antérieure dissipation des saints et savants solitaires de Port-Royal. — Révocation de l'édit de Nantes.
— Établissement de Saint-Cyr; vues de M"* de Maintenon, qui manque une seconde fois la déclaration de ^n mariage. — M"** de Maintenon seconde dame d'atour de la Dauphine de Bavière, qu'elle environne de personnes toutes à elle, inutilement ; malheurs et mort de cette Dauphine. — Fénelôn, archevêque de Cambray, et Bossuet. évêque de Meaux, consultés et contripres k la déclaration du mariage ; le premier achève d'être perdu ; raisons qui sauvent l'autre.
— M"* de Montespan chassée pour toujours de la cour; époque de l'union la plus intime entre M"** de Maintenon et le duc du Maine ; crayon léger de celui-ci 100
Chapitre VII. — Mécanique, vie particulière et conduite de M"* de Maintenon. — Adresse et conduite de M"« de Maintenon pour gouverner.
— Coups de caveçon du Roi pour gouverner, qui ne l'empêchent pas de l'être en plein. — Dureté du Roi; excès de contrainte avec lui. — Voyages du Roi ; sa manière d'aller. — Aventure de la duchesse de Chevreuse. — M"* de Maintenon voyage à part, n'en est guère moins contrainte. — Domestique de M™* de Maintenon. — Nécessité des détails sur M™* de Maintenon. — Grandeur particulière de M""» de Maintenon. — Autorité particulière de M"» de Maintenon 116
Chapitre VIII. ~ Adresse de M"* de Maintenon k se saisir des affaires ecclésiastiques. — Innocence éminente, de la vie et de la fortune du cardinal de Moailles. — Cabales dévotes. — Utilité de la constitution à M*** de Maintenon. — Malheurs des dernières années du Roi le rendent plus dur et non moins dupe; adresse de Mansart. — Malheurs du Roi dans sa famille et dans son intime domestique, et sa grandeur dans les revers de la fortune. — Le Roi considéré k l'égard de ses bâtards. — Piété et fermeté du Roi jusqu'k sa moit. — Réflexions. — Jésuites laïques ; autres réflexions. — Abandon du Roi aux dernier^ jours de sa vie. — HoiTeur du duc du Maine 137
Chapitre IX. — Vie publique du Roi. — Oii seulement et quels hommes mangeoient avec le Roi. — Matinée du Roi. — Conseils. — Dîner du Roi ; service. — Promenades du Roi — Soirs du Roi. — Jours de médecine. — Dévotions. — Autres bagatelles. — Le Roi peu regretté 169
Chapitre X. — - M. le duc d'Orléans surpris par la mort du Roi. — La pompe funèbre réduite au plus simple. — Point d'états généraux. — Liberté accordée aux pairs sur les usurpations du Parlement, puis commuée en protestations et promesses de décision. — Séance au Parlement pour la régence. — Le duc de la Rochefoucauld reçu au Parlement; scélératesse et piège du premier président, que le duc de la Rochefoucauld évite avec noblesse. — Duc du Maine arrive en séance. — Protestation des pairs sur les usurpations du Parlement k
leur égard, et interpellation à M. le duc d*.Orléans sur sa promesse de les juger dès que les affaires du gouvernement seroient réglées, à laquelle il acquiesce en pleine séance. — Députation du Parlement va quérir le testament et le codicille du Roi. — Stairs dans une lanterne ; le duc de Guiche^ bien payé, dans une autre ; le régiment des gardes aux avenues.^ — Dreux, conseiller de la grand'chambre, fait à haute voix lecture du testament, et Tabbé Menguy, conseiller clerc de la grand'chambre, du codicille. — Discours de M. le duc d'Orléans. — Le testament du Roi abrogé quant à l'administration de l'État. — Forte dispute publique, puis particulière, entre M. le duc d'Orléans et le duc du Maine sur le codicille du Roi ; sur l'avis du duc de la Force, je fais passer la dispute dans la quatrième des enquêtes; je l'y fais après suspendre, et fais lever la séance et remettre à l'après-dîner. — Madame la Duchesse, en haine des bâtards, en récente et secrète mesure avec M. le duc d'Orléans, qui déclare Monsieur le Duc, en séance, chef du conseil de régence; le Régent rend au Parlement les remontrances, lui promet de lui parler de la forme du gouvernement, et lève la séance avec grand applaudissement. — Mesures au Palais-Royal, où je vais dîner. — Courte joie du maréchal de Villeroy, etc. — Séance de l'après-dîner; discours de M. le duc d'Orléans. — Le duc du Maine ose h peine répondre; le codicille est en tout abrogé, -r Le Régent est revêtu de tout pouvoir; contenance- des bâtards; acclamations. — Compliment du Régent, qui propose six conseils, et s'y appuie de M^" le duc de Bourgogne, et pourquoi; applaudissements; fin de la séance. — Le Régent retourne k Versailles, où en arrivant Madame lui demande pour grâce unique l'exclusion entière de l'abbé du Bois de tout, et en tire publiquement sa parole 189
Chapitre XI. — Conseils à l'ordinaire. — Les entrailles du Roi portées b Notre-Dame tout simplement. — Harangues des Compagnies au Roi.
— Force réformes civiles. — Le cœur du Roi fort simplement porté aux Grands-Jésuites; merveilleuse et prompte ingratitude. — Le Régent visite à Saint-Cyr M"*; de Maintenon, et lui continue sa pension ; Madame l'y visite aussi le même jour. — Le Parlement continué pour un mois. — Le Roi va à Vincennes. — Le corps du Roi porté à Saint-Denis; entreprise de Monsieur le Duc, qui fait monter avec lui dans le carrosse du Roi le chevalier de Dampierre, son écuyer. — Le Régent permet à tous les carrosses d'entrer dans la dernière cour du Palais-Royal, et à qui voulut de draper, jusqu'au premier président du Parlement; nouveauté pour les magistrats de draper des plus grands deuils de famille et de porter des pleureuses.
— Prisons ouvertes ; horreurs. — Duc du Maine et comte de Tou louse admis au conseil avec les seuls ministres du feu Roi. — Mort de M*" de la Vieuville. — M"* la duchesse de Bcrry à Saint-Gloud^ fait M"» de Pons sa dame d'atour, et la remplace de M"* de BeauTau.
— Duc d'Albret est grand chambellan, sur la démission du duc de
Bouillon, son père. — Le Roi tient son premier lit de justice. — Le Roi harangué par les Compagnies k Vincennes. — Le chancelier se démet, pour quatre cent mille livres, de sa charge de secrétaire d*État. — Crosat; quel; fait grand trésorier de l'ordre pour des avances; Térat; quel; en a le râpé. — Conseils d'où pris; comment pervertis. — Je fais déclarer le cardinal et le duc de Noailles chef du conseil de conscience et président de celui des finances. — Réflexion sur le pouvoir et le grand nombre en matière de religion.
— Conseil de conscience. — Caractère de Besons, archevêque de Bordeaux, puis de Rouen, de Pucelle et de Joly de Fleury. — Dorsanne; son caractère et sa fin. — Conseil des finances. — Le chancelier de Pontchartrain rafi'ermit secrètement son fils. — Conseil des affaires étrangères. — Oonseil de guerre. — Caractère du duc de Guiche. — Les fortifications données à Hasfeld. — Caractère de Saint- Contest et de le Blanc. — Conseil de marine. — Conseil des affaires du dedans du royaume. — Caractère de Beringhen, premier écuyer, et du marquis de Brancas 214