‹ Mémoires de duc de Saint-SimonChapitre 315 sur 315 · Chapitre XII. — Conseil de régence. — Caractère de Besons. — Torcy · texte numérisé non relu

Chapitre XII. — Conseil de régence. — Caractère de Besons. — Torcy

— Bouthillicr Chavigny, ancien évoque de Troyes. — La Vrillière sans voix; son caractère et ses fonctions. — Pontchartrain sans voix ni fonction. — Rage et conduite de Tallart. — Personnages des conseils. — Desmarets congédié avec une gratification de trois cent cinquante mille [livres] ; trop juste augure de M. le duc d'Orléans. — Catastrophe de M""* Desmarets ; Bercy, son gendre, chassé. — Lieux des divers conseils; leurs appointements; règlements particuliers. — Prétention des conseillers d'État de ne céder qu'aux ducs et aux officiers de la couronne. — Noailles et Canillac avocats des conseillers d'État contre les gens de qualité; j'expose au Régent la qualité et le ridicule de cette prétention. — Mollesse du Régent; adresse des conseillers d'État ; Effiat vice-président. — Forme des conseils du feu Roi adaptée au conseil de régence. — Les maîtres des requêtes refusent de rapporter au conseil de régence, s'ils n'y sont assis, ou si ceux de ce conseil qui ne sont ni ducs, ni maréchaux de France, ou conseillers d'État, n'y [sont] debout tant que les maîtres des requêtes y seroient; les conseillers au Parlement mis dans les conseils imitent les maîtres des requêtes, et le Régent le soufi're ; deux exemples de l'inconvénient qui en résulte pour les affaires. — Les maîtres des requêtes cèdent enfin aussitôt après la mort du chancelier Yoysin, et, sans plus de prétentions, rapportent debout au conseil de régence ; les conseillers d'État emportent d'y précéder tout ce qui n'est pas duc ou officier de la couronne, lorsqu'ils y viennent extraordinairement 242

Chapitre XIII. — Éclat des princes du sang sur la qualité de prince du sang prise par le duc du IHaine avec eux. — Protestation de IMM. de Courtenay, pour la conservation de leur état et droits, présentée au Régent ; malheur et extinction de cette branche de la maison royale.

— Béthune épouse la fille du duc de Tresmes. — Nangis obtient de vendre le régiment d'infanterie du Roi. — Poirier premier médecin du Roi. — M*"* la duchesse de Berry logée à Luxembourg avec sa cour, où M"** de Saint-Simon et moi ne voulûmes point habiter. — Villequier obtient les survivances du duc d'Aumont, son père; deux nouveaux premiers valets de chambre. — Le cardinal de Polignac vend sa charge de maître de la chapelle à l'abbé de Breteuil, depuis évèque de Rennes ; et le baron de Breteuil la sienne d'introducteur des ambassadeurs, à Magny. — Le marquis de Simiane lieutenant général de Provence ; et Fervaques gouverneur du Perche et du Maine, sur la démission de Bullion, son père; le prince Charles de Lorraine obtient un million de brevet de retenue sur sa charge de gi*and écuyer, et peu après la survivance du gouvernement de Picardie du duc d'Elbœuf ; j'eus aussi la survivance de mes deux gouvernements pour mes deux fils, et l'abbaye de Jumiéges pour l'abbé de Saint- Simon. ~ Réflexion sur les coadjutoreries régulières. — Grand et fort étrange présent du Régent au duc de la Rochefoucauld. — Dépouille de l'appartement du feu Roi au duc de Tresmes. — Noailles et Rouillé maîtres des finances, dont le conseil prend foime, et les autres conseils aussi. — Premier conseil de régence. — Je me raccommode avec le maréchal de Villeroy. — Placets dits à Cordin^'ire; tentative échouée de Besons, qui s'éloigne de moi de plus en plus. — Amelot arrive de Rome, qui me conte un rare entretien entre le Pape et lui sur la constitution. •— Amelot exclu de tout, et pourquoi; mis enfin & la tête d'un conseil de commerce. — Spectacles recommencés. — Don à Canillac. — Garde-robe et cassette du Roi.

— Le grand prieur est rappelé. — Belle-Isle obtient quatre cent mille livres comptant sur les états de Bretagne; quel fut Belle-Isle; sa famille. — Quels sont les Gastille, dits Jeannin de CastUle. — Caractère des deux frères BelIe-lsle âG3

Chapitre XIV. — Pontchartrain reçoit en face les plus cruels affronts en plein conseil de régence. — Bassesse et avarice de Pontchartrain. — Désordre des finances. — Frayeur des partisans ; Plénœuf en fuite ; - suite et détail des finances, trop fort et trop vaste pour moi k le raconter. — Replâtrage entre Monsieur le Duc et le duc du Maine sur la qualité de prince du sang. — Monsieur le Grand prétend toute supériorité et autorité sur la petite écurie et sur le premier écuyer du Roi, et d'avoir la dépouille de la petite écurie. — Caractère de Monsieur le Grand. — Foiblesse du conseil de régence. — Raisons de Monsieur le Grand.— Raisons de Monsieur le Premier. — Monsieur de Troyes s'enfuit à Troyes, de peur de juger l'affaire de Monsieur le Grand et de Monsieur le Premier. — Conseil de régence où les prétentions du grand et du premier écuyer sont jugées toutes en faveur du premier écuyer. — Le premier écuyer me parle en faveur de sa femme, et me presse de la recevoir; caractère de M"** de Beringheo ; je reçois enfin sa visite. —Le Régent permet au grand écuyer de protester,

qui en abuse, et tient Tafifaire comme non jugée. — Continuation des mêmes démêlés, qui, après la mort de Monsieur le Grand, tuent Monsieur le Premier, et qui continuent entre leurs fils jusqu'à ce que le Roi majeur décida comme avoit fait le coliseil de régence. — Le prince Charles refuse de signer les dépenses de la petite écurie à l'ordinaire, sans examen; Monsieur le Duc, sur ce refus, les signe comme grand maître de France, et le grand écuyer en perd le droit. . 284

Chapitre XV. — Mariage de Sandricourt, qui me brouille pour toujours avec lui. — Obsèques du Roi à Saint-Denis ; caractère de Dreux. — Le Régent veut la confusion et la division. — Je veux me retirer de tout k la mort du Roi, et je me laisse raccrocher malgré moi par M. le duc d'Orléans ; conduite de ce prince h l'égard des ducs. — Courte comparaison des assemblées de la noblesse en 1649 et en 1715; ressorts et fanatisme de celle-ci. — Le Régent trompé sur cette prétendue noblesse. — Étrange personnage du duc de Noaillcs.

— Le Régent trompé sur le Parlement. — Menées du duc de Noailles pour diviser les ducs, et faire tomber leurs poursuites contre les usurpations du Parlement à leur égard, à quoi enfin il réussit. 313

Chapitre XVL — M"'* la duchesse de Berry obtient une compagnie de gardes; le chevalier de Roye en est capitaine, etRion lieutenant; ce que devient le chevalier de Roye ; Harling est aussi capitaine des gardes de Madame, mais sans compagnie. — M"**' la duchesse d'Orléans prend quiatre dames auprès d'elle, tôt après imitée en cela par Madame la Duchesse et par d'autres princesses du sang. — Mort du comte de Poitiers, dernier mâle de cette grande et illustre maison.

— Mort d'Humbert ; Chirac en sa place premier médecin de M. le duc d'Orléans. — Vergagne bien singulièrement grand d'Espagne. — Mort de la princesse de Cellamare. — Le fils de Matignon finit son mariage, et est duc et pair de Valentinois. — Douze millions du clergé au Roi. — Vingt mille livres de rente sur les juifs de Metz au duc de Brancas. — Pontchartrain reçoit ordre de donner la démission de sa charge de secrétaire d'État, qui est en même temps donnée à Maurepas, son fils. — Caractère du comte et de la comtesse de Roucy. — Éclat entre le comte et la comtesse de Roucy et moi, qui nous brouille pour toujours. — Le maréchal d'Harcourt obtient pour son fils la survivance de sa charge de capitaine des gardes du corps 339

Chapitre XVIL — Mouvements d'Ecosse. — Caractère [de] Stairs et ses menées. — Rémond; quel. — Mouvements d'Angleterre. — Conduite de l'Espagne ; manèges d'Alberoni pour gouverner seul. — Projets politiques d'Alberoni. — Cause de la dépendance des Provinces- Unies de l'Angleterre. — Alberoni éloigné de la France, encore plus du Régent, méprise les bassesses du duc de Noailles, etc.; il chasse avec éclat le gouverneur du conseil de Castille ; sa correspondance

avec Effîat. — Négociation de Stairs pour la mutuelle garantie des successions de France et d'Angleterre ; le Régent y veut engager la Hollande ; Stairs presse le Régent de faire arrêter le Prétendant, passant caché de Bar en Bretagne pour s'embarquer. — Le Prétendant échappe aux assassins de Stairs par le courage et l'adresse de la maîtresse de la poste de Nonancourt, qui en est mal récompensée ; il s'embarque en Bretagne ; impudence de Stairs et de ses assassins 365

Chapitre XVIH. — Pensées de l'Espagne, où Alberoni gagne peu à peu la principale autorité, et veut chasser le cardinal del Giudice. — Forte brouillerie entre Rome et Madrid ; adresse d'Alberoni pour parvenir h la pourpre romaine ; il veut faire des réformes et établir une puissante marine. — Miraval, ambassadeur en Hollande, choisi pour être gouverneur du conseil de Castille. — La Mirandole éloigné.

— Traité de la Barrière, signé entre l'Empereur et les états généraux; soupçons qu'il cause, favorables au Prétendant. — Inquiétude de la France sur la conduite de l'Espagne, et la sienne en conséquence. — Plaintes de l'Angleterre de la conduite de la France à l'égard du Prétendant, et pareillement de celle de l'Espagne. — Le Pape et le clergé d'Espagne assistent le Prétendant, dont les affaires tournent mal. — L'Espagne se désiste, par un traité fort avantageux aux Angloîs, des articles ajoutés au traité d'Utrecht. — Mesures de l'Espagne avec la Hollande sur le commerce ; vanteries d'Alberoni ; naufrage de la flotille d'Espagne richement chargée. — Plan d'Alberoni pour les réformes. — Voir les pièces, et quelles elles sont, tant sur le détail des affaires étrangères que sur celles de la constitution. — Duels réveillés. — Charost obtient pour son fils la survivance de sa charge de capitaine des gardes du corps. — Bals de l'Opéra. — Raisons de tenir la cour & Versailles ; celles de M. le duc d'Orléans pour Paris; les médecins prolongent le séjour de Vincennes. — Les PP. Tellier et Doucin chassés de Paris ; les jésuites interdits par les évèques de Metz et de Verdun. ^- Biron marie sa fille aînée à Bonac, et son fils aîné à la fille aînée du duc de Guiche.

— Service du feu Roi à Notre-Dame. — Mort d'une fille carmélite du maréchal de Villeroy et de M"** de Sourches. — Mort de la Hoguette, archevêque de Sens ; son éloge. — Mort de M"»" de Louvois ; curiosités sur elle. — Mort de la femme du czarowitz. — Nouveau délai a Vincennes; les conseils de régence sont partagés entre Vincennes et Paris. — Mort et caractère du prince Camille. — Mort de Télecteur de Trêves Lorraine. — Mariage du marquis d'Harcourt avec M"* de Villeroy. — Caylus, réhabilité et absous de son ancien duel, fait une grande fortune en Espagne. — M. le duc d'Orléans a la foiblesse de pardonner h la Feuillade, de le nommer ambassadeur à Rome, et de le combler de grâces et de biens. — Monsieur le Duc dispute au duc du Maine et au comte de Toulouse le traversement du parquet; réception du duc de Valentinois au Parleoient différée. —

Cruelle affaire suscitée à Desmarets, dont il se tire bien; je lui pare l'exil, et me raccommode avec lui ; peu après nous nous parlons très -franchement à la Ferté l'un k l'autre. — Valeur des espèces augmentée. — D'Antin surintendant des bâtiments. — Le Roi à Paris • 38*

Chapitre XIX. — 1716. — M. du Maine me fait une visite sans cause. — Je visite M. et M"** la duchesse du Maine, qui me tiennent des propos fort singuliers, mais fort polis. — Abbé du Bois conseiller d'État d'Église. — Force évêchés et abbayes donnés ; prédiction sur Cambray singulière. — Conseil de commerce. — Monsieur le Duc et le duc du Maine entrent au conseil de guerre. — Mort des reines douairières de Suède et de Pologne. — Mort, caractère et succession de la duchesse de Lesdiguières Gondi. — Mort de M"»« de Grancey. -- Mort et caractère de Coulanges, et celui de sa femme. — Mort de Cavoye; veuvage de sa femme respectable et prodigieux. — Mort de M"* d'Acigné. — Mort de Parabère. — Mariage du fils unique de M. de Castries ; singularité étrange de M'"^ la duchesse d'Orléans. — Mariage de Broglio, mort maréchal de France et duc, avec une Malouine. — Mariage de Bellegarde avec la fille unique de Veitamont, à qui on donne un râpé de l'ordre ; foule étrange de ces râpés et vétérans. — Mariage de Maubourg avec une fille du maréchal de Besons.

— Mariage du duc de Melun avec une fille du duc d'Albret. — Mariage conclu, puis rompu avec éclat, du marquis de Villeroy avec la fille aînée du prince de Rohan, qui ne le pardonne pas ; il marie sa fille au duc de la Meilleraye, et le marquis de Villeroy épouse la fille aînée du duc de Luxembourg. — Courtenvaux marie son fils & la dernière fille de la maréchale de Noailles, et lui donne sa charge des Cent-Suisses 405

Chapitre XX. — Je fais donner à la Vrillière voix au conseil de régence.

— M. de Châtillon mestre de camp général, et M. de Clermont Tonnerre comissaire général de la cavalerie. — La charge de secrétaire d'État de la guerre supprimée ; celle des affaires étrangères rétablie

~ sans fonctions, donnée à Armenonville, qui en paye quatre cent mille [livres] au chancelier Voysin. — Les conseillers d'État prétendent que la place de conseiller d'Etat est incompatible avec la charge de secrétaire d'État, et perdent leur procès contre Armelonville. — Avaray ambassadeur en Suisse, et Bonac à Constantinople. — Maupertuis et Vins, capitaines des deux compagnies de mousquetaires, se retirent; Artagnan etCanillac leur succèdent. — Réforme des troupes. —Querelle, combat, procédure et jugement entre le duc de Richelieu et le comte de Gacé ; princes du sang, bâtards, pairs ; épées aux prisons. — Querelle et combat entre MM. de Jonzac et de Villette. — Mort de Sourches, ci-devant grand prévôt, et de Lyonne, premier écuyer de la grande écurie; à qui succède le neveu de Sainte-Maure. ^ Chambre de justice contre les financiers. — Accident à un œil de

M. le duc d*Orléans. — Payements se commencent; misère étrange des ministres employés par la France au dehors. — Mortification, puis don, aussi peu à propos l'un que Tautre, à Desmarets. — GheYerny gouverneur de M. le duc de Chartres ad honores, — M"* la duchesse de Berry usurpe des honneurs qu'elle ne conserve pas ; son démêlé avec M. le prince de Gonti. — S'abandonne h Rion ; quel est Rion ; il la maîtrise fort durement: contrastes de M™" la duchesse de Berrv avec elle-même, et dans le monde, et aux Carmélites. — M" d'Âydie dame de M"** la duchesse de Berry, au lieu de la mère du marquis de Brancas, qui rend sa place 423

Chapitre XXI. — Vie, journées et conduite personnelle de M. le duc d'Orléans. — Le Régent impénétrable sur les affaires dans la débauche, même dans l'ivresse; ses maîtresses. — Roués de M. le duc d'Orléans. — Énormités ecclésiastiques. ^ Démêlé des cours de Rome et de Turin sur le tribunal de la monarchie de Sicile. — Naissance de don Carlos, roi des Deux-Siciles. — Prince palatin électeur de Trêves. — Cabale qui, par intérêts particuliers, attache pour toujours le Régent à l'Angleterre. — M. le duc d'Orléans n'a jamais désiré la couronne, mais le règne du Roi et par lui-même. — Je propose au Régent l'indissoluble et perpétuelle union avec l'Espagne, comme le véritable intérêt de l'État, dont la maison d'Autriche et les Anglois sont les ennemis essentiellement naturels. — Stralsund pris; le roi de Suède échappé et passé en Suède 439

Page 1