‹ Mémoires de famille C. E. Casgrain [microforme]Chapitre 21 sur 26 · C. E. Richard, Ptre · texte numérisé non relu

C. E. Richard, Ptre

J. C. Cioutier, Ptre.

‘€ Collége de Sainte-Anne, 27 juillet 1846.”

Voici la réponse de M. Casgrain :

‘ Montréal, 1er août 1846.

“ Aux Révérends Messieurs Mailloux,

Gauvreau, Vicaire Gé:éral, et Messieurs Pilote, Richard ct Cloutier, rêtres et directeurs du Collége de ainte-Anne, etc., etc.

4 Messieurs ét respectables amis, « Je suis particulièrement sensible à la bienveillance et à la manière si hono-

rable dont vous me traitez, dans votre lettre du vingt-sept du mois dernier, qui m'a été remise au moment de mon départ de la Rivière-Ouelle, et à laquelle je n'ai pu répondre qu’à mon arrivée ici.

Il m'est bien flatteur que l’acceptation de la charge de second Commissaire des Travaux Pubuics ait rencontré l’approbation de mes concitoyens, dans ma localité, et surtout celle de Messieurs les Directeurs du Collége de Sainte-Anne, ces dignes membres d’une maison que j'ai toujours affectionnée.

‘Je sens combien j'ai perdu en m'éloignant d'amis aussi sincères que respectables, dont la fréquentation était une des plus grandes jouissances de ma vie, et dont le souvenir me sera infiniment cher.

‘ Veuillez recevoir l’assurance de ma

haute considération et du respect profond,

avec lequel j’ai l'honneur de me souscrire, Messieurs, ‘ Votre très-humble serviteur et ami dévoué, °C, E, CasGRain. ”

Le Canadien du 7 août 1846 contient la publication des autres adresses qui furent présentées, à la Rivière-Ouelle, à votre père au milieu d’un grand concours de personnes. Ces adresses furent faites à la suite d’une grand’messe recommandée par M. Casgrain, pour demander à Dieu ses bénédictions sur la nouvelle position qu’il allait occuper.

‘“ Nous sommes heureux de voir, que dans le peu de mots dont nous avons accompagné l’annonce de l'acceptation, par l'honorable M. Casgrain, des fonctions de commissaire des Travaux Publics, nous n'avons fait qu’anticiper l'expression des sentiments de tout ce qu'il y a de plus respectable dans le district de Québec, et en particulier de ceux que des rapports de voisinage ou autres ont ais plus à même d'apprécier les qualités de ce digne et vertucux citoyen. C'est pour ses compatriotes du district de Québec

surtout, et non pour M. Casgrain lui-

. même, que nous nous réjouissons de cette

nomination. Ce Monsieur, d’une santé très-délicate, indépendant du côté de la fortune, et préférant par goût la vie des champs, où il était tranquille et heureux au milieu de sa famille et de ses nombreux amis, à la vie agitée des villes, aux luttes des parties et aux intrigues de la politique, a fait, nous le savons, un trèsgrand sacrifice, en acceptant un emploi qui dérange ses habitudes, et l’éloigne temporairement de ce qu’il a de plus cher au monde ; et nous sommes persuadés que ce sera bien volontiers qu’il s’en démettra, du moment qu’il ne croira plus pouvoir ÿ être utile à ses compatriotes. Aussi, éprouvons-nous un vrai plaisir à publier les documents suivants qui nous sont parvenus depuis le départ de M. Casgrain, dont nous avons annoncé le passage à Québec en route pour Montréal. ”’

‘ Rivière-Ouelle, 28 juillet 1846.

‘ Monsieur l'Editeur, votre note éditoriale, en date du 17 juillet courant, sur la

Fi — Ds

récente acceptation par C. E. Casgrain, écuyer, de l'office de second Commissaire des Travaux Publics, me fait espérer que vous accueillerez avec bienveillance la correspondance suivante de celui qui a J'honneur de se souscrire, avec considération, Monsieur, votre obéissant serviteur,

DE Sr. J.

‘ Mardi dernier, la plus grande partie des notables et des citoyens de la paroisse de la Rivière-Ouelle et une grande partie des notables et des citoyens des paroisses de Sainte-Anne, de Kamouraska et de Saint-Denis, et quelques notables de Saint - Roch, se rendirent à la demeure de C. E.

Casgrain, écuyer, pour lui faire un triste mais consolant adieu.

Arrivé là, le Révd. M. Bégin, curé de la Rivière-Ouelle, après un laconique discours rempli de sentiments et d’à propos, présenta à M. Casgrain l'adresse suivante :

‘ Adresse des notables °t des citoyens

216 APPENDICÉ.

des paroisses de la Rivière-Ouelle, de Sainte-Anne de la Pocatière et de Saint- Denis, etc., etc.

À l’Honorable Charles-Eusèbe Casgrain.

‘ Monsieur, —Permettez-nous, au moment où vous vous séparez de nous, de vous offrir nos adieux et de vous présenter les témoignages de notre estime et de notre considération.

“Si votre caractère de bon citoyen, d'homme probre, instruit et judicieux, n'était une garantie certaine du bien que le publie devra retirer de votre acceptation de l'office de commissaire des Travaux-Publics, aujourd’hui, nous vous conjurerions de rester parmi nous, où, depuis près de vingt années, votre esprit de concilation et de droiture et votre générosité, vous ont fait prodiguer gratuitement aux pauvres comme aux riches, vos lumières et vos talents qui nous furent si utiles.

‘ Nous connaissons parfaitement bien, Monsieur, que la haute position à laquelle vous êtes appelé, est loin d’augmente

APPÉNDICE. 217

l'heureuse indépendance de votre fortune, et que les conseils de vos amis et l'intérêt public ont pu seuls vous engager à leur sacrifier votre repos et vos intérêts.

‘ Nous connaissons combien il est pénible à l’homme sensible de briser avec les affections qu'il a contractées pour les lieux qui l'ont vu naître; pour les lieux où il fut entouré du respect et de la considération de tous ses concitoyens; et puis nous voudrions vous féliciter ; maïs nous avons trop à regretter..............

‘€ Nous avons l’honneur d’être avec considération, Monsieur, vos très-humbles et obéissants serviteurs.

(Ci suivent les signatures de deux cents des notables de l'endroit, et des plus honorables citoyens.)

Et aussitôt après lecture de cette adresse, l'honorable A. Dionne, qui avait marché en tête de l'assemblée, accompagné de M. Bégin, présenta l'adresse suivante :

# Adresse à l'honorable Charles-Eusèbe

Casgrain, à l’occasion de sa nomination récente sur la commission du Bureau des Travaux Publics et de son prochain départ de la Rivière-Ouelle, pour fixer sa résidence à Montréal.

& A l'honorable Charles-Eusèbe Cas- &rain, de la Rivière-Ouelle.

“ Nous soussignés, le maire et les conseillers municipaux de la paroisse Saint- Louis de Kamouraska, et autres notables de la dite paroisse,

Vous déclarons que c’est avec le plus vif regret, que nous avons appris votre prochain départ pour la capitale.

“ Les importants services que vous avez rendus au comté de Kamouraska, par vos avis gratuits et conciliants, comme avocat; vos vertus publiques et privées et la justice que l’on ne doit jamais refuser de rendre au mérite, nous font un devoir, dans les circonstances actuelles, de vous dire que la conduite habile et impartiale avec laquelle vous avez rempli tous les devoirs de citoyen, vous a mérité la satis-

faction publique et nous fait évbten que cette partie du district qui a de tout temps été négligée sous le rapport des communications intérieures, obtiendra enfin par votre médiation la justice qui lui est due.

‘ Agréez, Monsieur, l'assurance de notre estime la plus sincère, et nos vœux pour votre bonheur futur.

‘ Kamouraska, 27 juillet 1846.”

Après quoi M. Casgrain prononça quelques mots de remercîments, avec cette émotion qui amène aux yeux les larmes du cœur, et ne pouvant surmonter les impressions laissées dans son âme à la suite de telles manifestations de considération et de regrets, chargea M. Letellier, notaire de la paroisse de la Rivière-Ouelle, de donner les réponses suivantes :

‘ À Messieurs les notables et citoyens des paroisses de la Rivière-Ouelle, Sainte- Anne, Saint-Denis et Saint- Roch.

“€ Messieurs, — L'approbation de ma conduite passée, les sentiments d’estime

et de confiance que vous voulez bien me témoigner dans cette circonstance, me sont extrêmement flatteurs et précieux, mais bien au-dessus de mes mérites et des faibles services que j'ai rendus. Si j'ai pu opérer quelque bien, je le dois à la coopération cordiale que j'ai toujours rencontrée parmi vous.

« Appelé, par le gouvernement de Sa Majesté, à remplir une place de responsabilité, aidé de la Providence et fort de votre appui, j'espère pouvoir m'acquitter de mes nouveaux devoirs pour l'avantage général et surtout pour cette section considérable et importante du pays trop négligée jusqu’à ce jour.

‘ Si je ne croyais devoir vous être plus utile dans ma nouvelle position, je n’aurais pas consenti à sacrifier mes goûts, mes habitudes domestiques, et encore moins à froisser les liens d'affection étroite qui m’unissent à vous, en laissant cette paroisse, que j'avais choisie pour tombeau.

Néanmoins c’est ma volonté exprimée, que mes cendres reposent avec les vôtres. Ma-

dame Casgrain est aussi sensible que moi à l'hommage que vous lui rendez et à la manifestation de vos sentiments d'estime et de considération à son égard, ainsi qu'aux souhaits que vous formez pour notre bonheur et celui de notre famille.

Nous n’oublierons jamais vos procédés pleins de délicatesse et d'attention pour nous : ils seront un adoucissement aux regrets amers que nous avous de vous quitter.

‘ Veuillez bien recevoir, messieurs, l’assurance respectueuse de ma haute estime et considération et me croire, bien parfaitement, votre très-humble serviteur et ami dévoué.

« (Signé) C. E. CaAsGRAIN. ”

À l'honorable M. le maire, MM. les conseillers municipaux et autres messieurs notables de la paroisse de St. Louis de Kamouraska.

‘ Messieurs, je ne puis assez vous remercier de votre attention marquée, de laisser vos occupations et de venir d'une

paroisse éloignée pour me témoigner votre confiance et l'expression de vos sentiments à l’occasion de mon acceptation de l'office de second commissaire des Travaux Publics. C’est pour moi un grand sujet de satisfaction de rencontrer votre approbation et votre appui. Les sentiments que vous entretenez à mon égard sont bien au-dessus de mes mérites; je sens que j'en suis en grande partie redevable à votre indulgence et à votre amitié; maïs tous mes efforts tendront à m’en rendre digne et à appeler spécialement l'attention du gouvernement de sa Majesté sur cette partie importante de la Province.

‘ Il est inutile de vous dire combien il m'en coûte de vous laisser et de me séparer d'amis aussi sincères que dévoués.

Veuillez recevoir, messieurs, l'expression de ma vive reconnaissance et croire à mon respectueux et profond attachement pour vous.

« (Signé) C. E. CasGRAIN. ” ‘ Rivière-Ouelle, 28 juillet 1846. ”

‘ Qu'elles étaient belles, M. l'éditeur, ces manifestations rendues à un citoyen en présence de plus de trois cents personnes et qu’il fut difficile pour M. Casgrain de donner un dernier adieu à ceux qui venaient de lui exprimer ainsi leurs regrets, leurs félicitations et leurs souhaits! Mais tout n’était pas fini : un cortége de voitures contenant les notabilités qui s'étaient rendues chez M. Casgrain, en cette circonstance, l’accompagnèrent jusqu à l’église de Sainte-Anne, où M. Casgrain les pria de s'arrêter. Après être descendu de voiture et leur avoir tendu la main une dernière fois, il les remercia de leur généreuse démarche et alors le cortége se divisa et plusieurs voitures continuèrent malgré ses instances jusqu’à Saint-Roch.

De semblables démonstrations, en faveur d’un citoyen, ne sont-elles pas une garantie? et l’homme à qui elles sont adressées ne mérite-t-il pas la plus haute considération ? C'est ce que je laisse au jugement du public. ”

Comme c’est souvent le cas, la nomina-

tion de M. Casgrain au poste important de second commissaire des Travaux Publics ne fut pas du goût de tout le monde.

Le Herald (journal de Montréal) avait vu dans cette nomination trop de favoritisme pour le parti canadien-français et s'était même servi d'expressions un peu cavalières.

Voici comment la Æevue Canadienne signale cet incident :

“ Le Herald, il y a quelques jours, avait fait injure à M. Casgrain du département des Travaux Publics, en le classant avec des gens du calibre de M.......… Le Pilot dans son dernier numéro a réclamé contre une attaque aussi injuste que mal fondée.

Le Terald de ce matin fait ample apologie à M. Casgrain, qui jouit au milieu de nous du caractère le plus honorable et de l'estime générale.”

“We had,” dit le Æ/erald, dans son apologie ‘ no intention of imputing any thing dishonorable to Mr. Casgrain, whose character as a gentleman, and a man of

honour certainly altogether removes him from the Company in which we placed him.

We meant merely to condemn an appointinecut which, as it appears to us, was made because of Mr. Casgrain’s french name rather than for auy fitness of office. For that gentleman, we entertain the highest respect, and should extremely regret any remark of ours which could cause him pain.”

LA FANILLE BABY

Les détails qui suivent vous feront conhaître ce qu? furent vos ancêtres maternels. Ils sont extraits d'un ouvrage publié récemment à Montréal sur les principales familles canadiennes.

‘ Les éminents services que la famille Baby a rendus de tout temps au pays; la réputation qu'elle s’est acquise en ces dernières années par son esprit d'entreprise, ne nous permettent pas de la passer sous silence. Elle appartient d’ailleurs à ce groupe de races illustres qui ont si puissamment contribué à la conservation et à la prospérité de la Nouvelle-France. Ses

armes sont : de gueules à trois lions d'or, : déux et un. Alliée aux du Sablé, aux de:

Longueuil, aux de Lanaudière, aux de’ Gaspé, cte., cette famille compte encore aujourd hui de nombreux rejetons.

Page 1