EN REPARTI RE CIE
sibrdiles .… Je suis aise que Je froid que tu as enduré, ne t’ait pas mis pire ; prends bien garde à toi, aies soin de l'enfant à maman, quoiqu'il soit un coquin de voleur; elle en a toujours compassion, dans l'espoir qu’il se corrigera.
Sûrement que tu as eu du remords lorsque tu as sorti de ta voiture mon morceau de toile, que je ne t'avais pas donnée, mon coquin. Maïs, me diras-tu, c’est toujours le vieux papa qui paye, car il faudra pour cela qu’il achette une couverte de plus...” Et plus tard, elle racontait un petit accident arrivé à son frère Eugène :
ù or “ Cher Charles, ler janvier 1822.
«Je suis seule ce soir avec Marraine !
1. Marraine était une servante attachée à la maison depuis longtemps, qui avait élevé Madame Casgrain, et qui était la marraine de sa fille Justine, Madame Beaubien.
et Eugène. Ton papa est allé faire ses visites ; je ne sais où il passe la veillée.
Pour me désennuyer, je me suis décidée de t’écrire : j'ai ramassé toutes les vieilles plumes de l’année passée, n'ayant personne pour m'en tailler, ni de canif, de sorte qu'il faut que je me contente de ce que j'ai, mais pour me dédommager, je me sers de beau papier. Jusqu'ici je trouve que ça va assez bien, gare à la suite.
‘ Je ne sais si tu as appris ce qui est arrivé à Eugène, chez ton oncle Têtu. Je t’assure qu’à son arrivée, j’ai eu plus de chagrin que de joie. Il prévoyait bien d’avance que ce serait le cas. Il faut. te dire qu’étant chez son oncle, il lui a pris fantaisie d’avoir de la poudre pour s'amuser ; il s’est adressé à maître Provost qui, à force des ollicitations, s’est laissé gagner.
I] lui en a donné un cornet assez considé-
rable. Il a monté en haut avec, et a été
assez rusé de vider cela sur le poële qui était rouge. Imagine-toi que, dans un instant, tout lui a sauté à la figure, et lui a brûlé le nez jusqu'entre les deux yeux, et et le tour du bec. Ses yeux n'ont rien attrappé, excepté que le tour a bien grillé.
Sa pauvre tante, comme tu peux le croire, ÿ a bien apporté tous ses soins, mais elle ne pouvait le guérir en si peu de temps; de sorte qu'elle me l’a envoyé par Joseph Lévêque, qui en a bien eu soin. Mais le froid lui avait fait enfler le visage, et pousser une croute si noire que c'était affreux de le voir. Je ne pouvais imaginer ce qu'il avait, et il ne pouvait me le dire tant il pleurait. J'avais un grand mal de tête lorsqu'il est arrivé, je t'assure qu'il s'est passé bien vite ; et quand il m'a dit que c'était la poudre qui lui avait fait cela, j'ai d’abord cru qu'il resterait marqué, et toujours le visage noir. Cela m’inquié-
tait; je me suis mise à le débarbouiller, à le savonner souvent, et cette croute là a presque toute tombé et il ne lui est pas resté un seul grain de poudre dans la f- BUT... ssosssssonn ee
ssssssssse.. Crois qu’en cette nouvelle année, mon désir est toujours le même pour toi et toute la famille. Que Dieu répande sur vous ses bénédictions, et que vous soyiez toujours fidèles à ses grâces. Il ne vous abandonnera jamais.
Voilà les vœux que forme de tout son cœur la plus tendre et la plus affectionnée des mères.”
Comme on peut le voir par la lettre suivante, Madame Casgrain ne manquait jamais l’occasion de donner quelques bons conseils à son fils.
6... Je suis loin de douter que c'est un effet de ta négligence, si tu ne
m'écris pas souvent. Je sais trop bien que tes occupations y mettent obstacle ; nc t'en détournes jamais pour moi. Rien nc me fait plus de plaisir que de savoir que tu t’aquittes de ton devoir avec fidélité.
car en remplissant ses obligations, on sac quitte aussi avec Dieu qui veut qu'il en soit ainsi. Quoique je t'informe que je suis bien mieux, je ne chante pas pour ce la victoire. Je suis loin d'être aussi bier que tu parais le croire; maïs je me trouv contente, n'importe dans quelle situatior je me trouve...
'fdsss re Lara tete ..Je n'ai que faire de ti dire que je ne t'oublie pas, tu en es per.
suadé. Tu dois connaître la place que tr occupes dans mon cœur, ta manière d’agh ne peut que la conserver. Je prie Dieu
tous les jours que tu continues à t’acquitter envers lui de tous tes devoirs de religion, afin que tu avances en proportion de
ton âge dans la vertu. De même, cher fils, un jeune homme peut éviter les dangers auxquels il est souvent exposé, et faire la consolation de ses parents, toi qui a tant cela à cœur.................."
Voici encore ce qu'elle lui écrivait au sujet d’un voyage aux Etats-Unis, qu’il était sur le point de faire :
‘# Cher Charles,
“J'ai perdu tout espoir de te voir avant ton voyage. J'espère que Dieu nous conservera tous deux, et qu'il permettra que nous ayons encore ce plaisir. Si je ne te connaissais pas aussi prudent que tu l’es, je te ferais bien des recommandations, mais je m'en dispense pour cette raison. Je te dirai seulement de bien éviter les endroits où il court quelques maladies, car les
étrangers sont toujours sujets plus que les autres à gagner les fièvres malignes qui
souvent ravagent ces endroits. Je ne doute pas que ton premier soin, avant ton départ, soit de faire visite à ton directeur, te mettant entièrement entre les mains de ‘a Providence. Cette Providence qui règle jusqu’au moindre instant qu’elle nous laisse vivre, sait aussi nous garantir de tous les écueils auxquels nous sommes sans cesse exposés, surtout à ton âge, cher ami, où la jeunesse a toujours besoin d’être en garde, et doit éviter ceux dont elle ne connait pas les mœurs, car souvent les apparences peuvent tromper.
Mais, mon cher ami, tu as des compagnons pour voyager qui me font plaisir ; car étant seul, tu serais peut-être forcé de faire connaissance avec quelques-uns, et tu .e regretterais par la suite... A
Dans la lettre suivante, Mme Casgrain rend hommage à Ha bonté de cœur de
son fils, qui en avait appelé à son père, en faveur d’un serviteur qui avait encouru la disgrâce de celui-ci. Elle commence ainsi :
‘ Pardonnez-nous nos offenses, comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé,
( Crois-tu, cher Charles, qu’en réfléchissant sur cet article un chrétien peut s’y refuser ? Ces mots adressés à un père de la part de son fils, peuvent-ils essuyer un refus ? Non, cher ami, il lui faudrait un tout autre cœur, que celui qu’il possède.
Tu le sais, il n’a jamais été sourd à la voix du malheureux. Jamais, à ma connaissance, il a refusé de le soulager dans sa misère. Il aurait sans doute, comme tu l'observes, de grandes raisois de plaintes, contre ce pauvre John; mais il sait mettre tout cela de côté, et considérer que sous le rapport de la religion, il doit faire pour
lui plus qu'il ne ferait pour tout autre, vu qu'étant avec nous, il a embrassé la religion catholique. Nous devons avoir soin qu'il ne s’écarte pas, et ce serait bien douteux s'il venait à s'éloigner de nous, quoique jusqu'ici il ait bien été exact.
Qui sait s’il ne retomberait pas dans l’erreur, dans le but d'obtenir quelques secours des protestants, s’il se retrouvait parmi eux. Tu ne devais pas, mon cher fils, douter un instant qu’il ne vint à obtenir son pardon, car si tu es attendri à la vue de ce misérable qui implore ton secours, d'où te viennent ces sentiments ?
où les as-tu puisés ? Ce sont ceux d’un père que je suis bien aise de voir revivre en toi. Je t'assure que ce n'est pas lui qui a donné les lettres; il s'est tenu dans la chambre du bâtiment, et les a envoyé porter. [l ne savait comment faire son entrée.
‘ Mais le maître-d’hôtel, M. Rémy, !
était bien prêt à l’aller chercher, car il était déjà las de frotter les couteaux, et le désirait avec impatience. Il n’était pas attendu de tout le monde avec tant de plaisir, mais cela ne m'inquiète pas. Je saurai bien arranger cela par la suite. Ce retour me rappelle l'histoire de l'enfant prodigue à la maison de son père, et je prendrai de là occasion de le reprendre plus facilement que je ne l'aurais pu faire avant; je crois qu’il recevra avec soumission ce que je lui dirai. L'obligation qu'il a de ce que tu as fait pour lui, lui paraît au-dessus de toute expression, ainsi que pour les bontés qu'a eues M. Panet. Je ne puis écrire à Luce cette fois. Je suis contente qu’elle soit si bien. Je l’embrasse à plein ainsi que son cher bon mari. Je suis