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merce de fourrures, et s'y était marié à Thérèse
1 à Le Comte Dupré. Il avait coutume de se ren- & 14 s . .
Riel dre chez les sauvages et faisait lui-même ses
achats de pelleteries dans les régions de l'Ouest, qu'on appelait alors les pays d'en haut. On trouve sa signature dans les registres de Sainte- Anne du Détroit, dès l'année 1704. Trois de ses fils, dont Fun, Jacques Du Perron, notre bisaieul, l'y suivirent pour continuer son commerce, et finirent par se fixer au Détroit, On connaît leurs exploits durant la guerre de la conquête, ( Voir l'eprpre ndice à le fin de lu Vie de notre Père).
Jacques Du Perron Babv, marié en 1760, à M'e Suzanne de la Croix Réaume, n'eut pas moins de dix-huit enfants, dont Fun, Jacques, fut le père de notre mère, Celle-ci nous a souee CLR vent raconté sur son grand-père et sa famille certains détails assez curieux, qu'il est bon de conserver, Jacques Du Perron Baby avait fini par acquérir une très belle fortune, et vivait,
DUREE au Détroit, avec un luxe qu'on était surpris de RL IN trouver dans cette solitude lointaine, et alors (13 d’un accès fort difficile. On en jugera par Île Ah fait que les voyages de Québec au Détroit | Al
1" duraient parfois Jusqu'à trois mois.
La maison de M. Baby, située dans l'enceinte du fort, faisait face à lu Place-d'Armes, où l'on descendait en traversant le jardin terminé par un talus couvert de gazon, Au sommet de ce talus avait été construit un kiosque ombragé d'arbres et de plantes grimpantes, C’est à que venait souvent se reposer où travailler ln famille, et particulièrement nos grand'tantes, alors jeunes filles, qui aimaient à Sy tenir pour observer le mouvement de la place, et surtout la parade de la garnison anglaise, d'autant plus qu'elles étaient fort recherchées par les officiers. Elles épousèrent dans la suite quatre de ces officiers : MM. Caldwell, Allison, Ralph Ross- Lewin et Bellingham, On est étonné, au premier abord, de ces mariages avec des étrangers qui n'avaient pas la même religion que les demoiselles Baby ; mais on se lesexplique quand on sait qu'à cette époque, il n’y avait aucune autre société au Détroit.
Madame Ross-Lewin a bien des fois raconté à notre mère quelques-unes des anecdotes relatives à ce temps. Les derniers des enfants de M. Baby étaient encore tout jeunes lorsque les premiers mariages furent décidés, et comme il ne se passait pas de jours où l'on ne vit quelques-uns de ces petits bambins, conduits par
leur bonne, jouer en jaquettes sur la Placed’Armes, durant les heures de parade, les ofli-
Eu Er ere
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ciers de la garnison S'amusaient aux dépens des futurs époux de M Baby, en leur répétant :
Go and shake hands acith your brothers-in-law,
On menait grande et joyeuse vie chez M.
Du Perron Baby, où la table était chargée des meilleurs mets et d’argenterie importée à grands frais d'Angleterre *. Mais les plus nombreuses réunions n’exeluaient jamais la bonhomie des vieux Français.
Jacques Du Perron Baby qui, par sa fidélité au gouvernement anglais, s'était attiré les bonnes grâces de lord Dorchester, fut nommé juge au Détroit, peu de mois avant sa mort, arrivée en 1789.
Son fils, Jacques, fit un cours d’études, en partie à Montréal, en partie à Québec, et ensuite passa en Angleterre, où il mena pendant quelque temps, la vie à grandes guides, grâce à la fortune considérable dont il disposait. De retour au Détroit, il y épousa Mi Elizabeth Abbott, issue d'une des principales familles du lieu, Il en eut pour premier enfant notre mère, puis cinq garçons : James, Chaïies, Raymond, William et Edouard.
A la suite de la guerre de 1812, M. Jacques Baby, qui avait embrassé la cause du gouver-
On voit par un compte que, d'une seule fois, M, Baby fit venir pour dix-huit cents livres sterling d'argenterie.
NÉMOIRES DE FAMILLE 15:
nement anglais, avait abandonné toutes ses propriétés au Détroit, et S'était réfugié sur la frontière du Canada. Il avait, depuis lors, fixé définitivement sa résidence à Sandwich.
L'honorable Jacques Baby s'était fait remarquer, de bonne heure, parmi les hommes distingués du Haut-Canada. Après avoir commandé toutes les milices de cette province, lors de la euerre avec les Etats-Unis, il avait été nommé, dès l'âge de vingt-huit ans, membre du Conseil Exéeutifet du Conseil Législatif; puis Président de ce Conseil et enfin inspecteur général, poste qu'il occupa jusqu'à la fin de sa vie. L'honorable Jacques Baby mourut en 1855, à Toronto, où il était venu se fixer depuis l'année IS16.
Sans être un catholique démonstratif, il était un catholique convaineu, et il en donna, entre autres preuves, une bien remarquable par les soins qu'il prit et les sacrifices qu'il S'imposa pour procurer à sa fille unique, Elizabeth-Anne, une solide éducation religieuse. Celle-ci était née à Sandwich, le IS novembre 1S05. M. Baby ne pouvait songer à laisser grandir sa fille en cet endroit où il n'v avait aucune école convenable, et où 11 eraignait pour elle l'influence de M Baby, sa mère, née dans la religion protestante,
Dès que M Baby eut atteint l'âge de sept ans, il songea à l'envoyer à Québec, où elle
aurait l'avantage de se trouver au milieu d'une société catholique, et à la portée des meilleurs couvents du pays.
A la fin d'août ISIT, une frégate stationnée à Ambhersthure la Queen Charlotte, était à la veille de lever l'ancre pour transporter plusieurs compagnies du 100" régiment de l'armée anglaise, rappelées à Montréal. Met Baby fut confiée aux soins de Mme Tavlor, femme du commandant, avec qui M. et Mme Baby s'étaient liés d'amitié, Tout ce que notre mère se rappelle de ce voyage est naturellement bien vague et confus dans son esprit, car alorselle n'était qu'une enfant. Elle se souvient, cependant, que ses pasents étaient venus avec elle jusqu'à Ambhersthurg, distant de cinq lieues de Sandwich. et qu'ils lui avaient laissé à entendre qu'il ne s'agissait pour elle que d'une courte promenade et d'une visite à bord du vaisseau.
Dès que M. et M Baby l'eurent reconduite sur le navire, M Taylor la confia à ses suirantes, qui lemmenèrent dans la chambre et l'y amusèrent, afin qu'elle ne S'aperçût pas que la frégate levait ancre et mettait à la voile, Le chagrin qu'elle éprouva en voyant que ses parents n'étaient plus auprès d'elle est facile à concevoir ; mais M Taylor se montra si attentive et si bonne qu'elle Feût bientôt consolée.
Cependant, chaque soir, lorsqu'elle était au Hit, et que personne ne lai voyait, elle donnait un libre cours à ses larmes. Un des souvenirs de son ennui qui lui est resté, est une impression toute physique, mais si intense qu'elle ne s'est jamais effacée, L'intérieur de Ta frégate avait été peint à neuf au moment du départ, et avait conservé une très forte odeur de peinture.
L'enfant en éprouva un tel malaise et un tel dégoût, que depuis lors tout ce qui rappelle cette odeur lui inspire une répugnance et même une horreur invincibles, Cest une des raisons pour laquelle elle n'a jamais voulu consentir à laisser peinturer l'intérieur du manoir de la Rivière-Ouelle,
Le vovage jusqu'à Montréal dura près d'un mois, Me Taylor v apprit en arrivant qu'une de sesamies, la baronne de Longuenk, et «fille, qui fut plus tard M" de Montenach, étaient sur le point de partir pour Québec. Ces dames avaient choisi le moven de transport le plus facile à cette époque, qui m'était autre qu'une voëlette, Ce fut done en goëlette et sous la protection de Lx baronne de Longueuil que Me Baby arriva à Québee après plusieurs jours de navisation.
Sa tante, Me Ross-Lewin, Fv attendait ; mais ce fut d'abord chez son graid-oncle, lhonorable François Babv, marié à M'e Adélaïde