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Tarieu de la Naudière, qu’elle mit pied à terre. De là, elle fut conduite le même jour chez Mr: Allison, M. Allison occupait alors une des maisons appartenant à l’'Hôtel-Dieu, située dans la rue du Palais, à l'encoignure de la ruelle qui donne accès aux salles de l'hôpital ; et M. Ross- Lewin habitait une maison à lui appartenant, située à l'endroit qu'occupe maintenant le presbytère de l’église Saint-Patrice.
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Mme Ross-Lewin.— Mme Duperron Baby, — L'IHôpital-Général, — Mille Baby aux Ursulines — L'honorable Jacques Baby à Québec. — Mme Allison, Mme Bellingham. — Un vœu à la bonne Sainte-Anne.
Notre mère ne tarit pas d’éloges sur !a tendresse et les soins dont M" Ross-Lewin entoura son enfance et sa jeunesse. Elle fut pour elle une seconde mère, et la forma à la vertu, dont elle-même lui donnait l'exemple. Mariée toute jeune, à quinze ans, au major Ross-Lewin, Archange Baby n'avait jamais eu d'enfant, Son mari, le plus doux et le plus affectueux des hommes, avait pour elle une tendresse qui allait jusqu'à l’idolâtrie ; il n’était caprice imaginé par elle que M. Ross-Lewin ne fut prêt à satisfaire. Pour n'en citer qu'un exemple : elle s'était mis en tête de le suivre à la chasse sur les battures de Beaupré. Son mari ne s'y refusa pas. et on la voyait passer court vêtue, chaussée de bottes à l'écuyère, aussi alerte à la marche que M. Ross-Lewin lui-même. Ces habitudes singulières, si loin de nos mœurs actuelles,
s’'alliaient cependant à un grand fonds de vertu, qui se développa rapidement sous la direction d'un maître spirituel d'une éminente piété et d’une grande science, que M" Ross-Lewin s'était choisi : je veux parler de M. Desjardins, aumônier de l'Hôtel-Dieu, prêtre français que la révolution de 93 avait jeté en Angleterre et de là en Amérique. M. Desjardins entreprit de dompter ce caractère impétueux, et de faire servir au bien cette volonté sans frein : il y réussit admirablement. En peu d'années, Mn:
Ross-Lewin fut reconnue et remarquée à Québec pour sa piété solide, sa charité et ses bonnes œuvres, Ce furent ces exemples que M'e Baby eut sous les yeux pendant toute sa jeunesse, et qui firent sur elle une impression ineffaçable.
Dans le cours du premier hiver qu'elle pass:
à Québec, notre mère alla séjourner deux mois à l'Hôpital-Général auprès de sa grand'mère, Me DuPerron Baby, qui était venue sy retirer quelques années après la mort de son mari.
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C'était une femme assez petite de taille, mais d'une constitution saine et robuste. On connait son caractère par ce que j'en ai dit dans une de , )° . . « .
mes lévgendes: Les Pionniers canadiens, où Je
N'RI l'ai peinte au vrai, telle que notre mère me ñ j Es , . , .
RATE l'avait décrite.
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DUNEIR TA Elle ne se permettait d'autre luxe que Îles
th fins tissus de ses vêtements, quoique ses reve-
nus fussent considérables, n'ayant pas moins de treize mille livres sterling en fonds à la banque d'Angleterre, sans parler de vastes propriétés foncières au Détroit.
D'une propreté exquise, elle changeait fréquemment ses vêtements, que sa servante, Betsy,nettoyait chaque fois très soigneusement, avec de la mie de pain. M"° Baby portait tou- Jours mantelet et jupon de même couleur, selon la mode du temps. Les étoftes en étaient très belles et venaient de France : c'était une espèce de soie nommée gros de Tours, le plus souvent d’une teinte lilas et parsemée de fleurs brodées à la main. Elle portait sur la tête une coiffure de mousseline bouffante, selon l’usage des vieilles dames de cette époque.
Le grand à tudes sérieuses de M" Baby n'avaient rien de gai ni d'anusant pour sa petite-fille, qui trouvait déjà assez pénibles ses heures de classe au pensionnat de l'Hôpital-Général. Aussi, fut-ce durant cet hiver qu’elle éprouva davantage l'ennui du toit paternel. Elle s'y transportait souvent en esprit, et croyant entendre encore les coassements qui s'élevaient des marécages environnant Sandwich, elle disait à la bonne vieille, en se jetant dans ses bras : Mu grand’mère, je m'ennuie des grenouilles !
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