‹ Mémoires de famille, l'honorable C.-E. Casgrain [microforme]Chapitre 37 sur 45 · MÉMOIRES D FAMILLE · texte numérisé non relu

MÉMOIRES D FAMILLE

6 Yeposer et revenir très À bonne heure le lendemain matin. Une religieuse qui la veillait pendant la nuit, avait engagé Lévcende À se coucher pour ménager ses forces. lui disant qu'elle trouvait Me Caserain dans le même état, Léocade qui était plus inquiète, ne put rester couchée que pendant une heure, En S'approchant de notre mère. elle vit qu'elle ne r'espirait presque plus. Elle rendit le dernier soupir un instant après,

On peut dire, en toute vérité, qu'elle s'était endormie du sommeil du juste.

Les funérailles eurent lieu à la Rividre- Ouelle, le 4 février. Le deuil était conduit par ses fils, M. P.-B. Casgrain, M. P. pour lslet : M. l'abbé Rent Caserain, MM. Auguste Casorain et IE Casgrain : sos gendres, l'honorable ( A .-P. Pelletier et CP. Lemovne de Martienv, et ses petits-fils J.-B, Caswrain et le lieutenant Oscar C. Pelletier, On remarquait au chœur Me Tôtu. M. le curé Faguy de Québec et tous les prêtres du collèse de Nainte-Ann. L'église était remplie d'une foule. parint laquelle où distinguait Les citoyens les Plus marquants des environs, venus pour rendre les derniers honimages à celle qui était POUT eux plus qu'une amie, avait véeu au milieu d'eux pendant de si longues

années, et dont le souvenir était resté si vivace dans leur inémoire,

J'extrais du Domix'on Ulustrated, de Montréal, l’article suivant qui résume en quelques paroles très justes, la vie de M" Casgrain.

THE LATE MADAME CHARLES E. CASGRAIN, née ELIZABETH ANN BABY

This venerable ladv, whose death was recently recorded, was justly esteemed for her high character and remarkable mental and moral qualities. She was much respected in a wide cirele, not only among families of social distinction, like her own, but also among the humble classes, who remember her benevolence and unostentatious charities. Her father was the Honourable James Baby, Speaker of the Legislative Council of Upper Canada. Her mother was Elizabeth, daughter of Judge James Abbott, of Detroit. She was born at Sandwich November ISth, 1803, and was educated by the Ursulines of Quebec and by private tutors. She was well read in the French and English classics, and her mind was stored with profound ather than superficial learning. In October, 1824, she was married to Charles E. Casgrain, a son of the Seigneur of River Ouelle, but became à widow in I1S£S, her husband having died while filling the position of Commissioner of Public Works. Madame Casgrain was left

with a family of thirteen children (one having died), consistine of five daughters and elght SOPS, none Of Whom had at that time entered a profession, The eight sons are Still livine, They are : Senator Casgrain, Mr P. B. Casgrain, M. P.;: Mr Auguste Cassrain. who resides on the property at River Ouelle ; abbé Casgrain, of Literary repute ; the Rev. R. Casgrain, curé Of Sillery ; Mr Win T. Casgrain, CE. ot Milwaukee; Mr Alfred Casgrain, à resident of Tacoma, W, T.. and Mr Herménécilde Casvrain, of the Patent Office at Ottawa.

The survivine daughters are : Madame de Martigny, of Quebec, the Rev. Sister Sainte- Justine, Provincial of the Nuns of the Congreation, Of Ottawa, and the Rev. Sister Baby.

of the Grey Nuns, Montreal. Susinnah (the eldest dûughter), was Married to Senator Pelletier, and died in 1S692. and Marguerite (the Voungest), also à Nun of the Congregation.

died in IS71. The grandehildren and greatgrandehildren of Madame Caserain are numerous. Fer life was entirely devoted to the education of her large family, and she ma v well be cited as an excellent type of the Canadian mother, Her domestic virtues and her

quiet christian life, her sweetness of disposition and her refined mind and manners, endeared her to every one in and about the old manor of

River Ouelle, where she dispensed a simple but charming hospitality. Having seen her children all fairly settled, she retired in 1S71 to the convent of the good Nisters of Charity in Quebec, the better to prepare herself for a future life. There, ir the constant exercise of fervent devotion and saintly life, she quietly committed her soul to God on the Ist of February, having reached an age of more than eightv-six years, and retaining almost to the last the plenitude of her faculties. Her pure and holv memory may well be cherished by her numerous posterity, as it 1s venerated by her friends and all who knew her. The portrait we present to our readers Was taken when Madame Casgrain was seventy-five years old.

RECOMMANDATIONS DE MME CASGRAIN À SES ENFANTS, ANNEXÉES A SON TESTAMENT

Mes bien chers enfants.

Avant de descendre dans la tombe, je veux vous faire mes adieux et vous adresser quelques avis, dictés par le désir que j'ai de contribuer à votre bonheur.

Je vous recommande avant tout, de maintenir entre chacun de vous la paix, l'union et la

cordialité ; ne vous arrêtez pas à écouter les apports qui vous seront faits, des torts réels Où imaginaires, de vos frères et sœurs, sachez en vue de plaire à Dieu et pour le bien de la paix, dissimuler, oublier. passer par-dessus tout ce Qui pourrait vous aigrir, vous peiner, vous choquer les uns et les autres, afin d'entretenir l'union entre vous tous; sachant que cette union, entre frères, plait à Dieu, attire sa bénédiction et fait le bonheur eu la force des familles.

Je vous dis À tous comme le dernier eri de mon cœur, Voulez-vous que Dieu vous bénisse et fasse prospérer vos funilles, aimez-vous les uns et les autres, et que l'intérêt ne soit pas une cause de désunion entre vous.

J'ai bien désiré remplir les intentions de votre bon père, et laisser intaets les biens qu'il vous à légués, si je n'ai pas réussi entièrement. Je puis cependant me rendre le témoignage que J'ai dirigé mes dépenses avec économie ;ÿ Si J'ai tenu maison si longtemps, ça été pour l’avan-

tage de vous tous, car je vous orte tous évale-

D . è ment dans mon cœur, En plaçant Auguste dans la maison paternelle, j'ai eu en vue qu'elle ne A + 4 \ , A Passat pas en main ét angere, et qu'elle fût habitée par un des membres de la famille. 1] est le seul d’entre vous, qui fût par état en position de l'occuper.

A toi, mon cher Charles, à ma chère Charlotte et à vos enfants, je dis adieu et vous donne ma bénédiction.

A toi, mon cher Philippe, à ma chère Mathilde et à vos enfants, je «lis adieu et vous donne ma bénédiction.

A toi, ma chère fille aînée Eliza, dite Sœur Sainte-Justine, je «lis adieu et te donne ma bénédiction.

A toi, ma chère fille Julie, dite Sœur Baby, je dis adieu et te donne ma bénédiction.

A toi, mon cher fils Auguste, à ma chère Odile et à vos enfants, je dis adieu et vous donne ma bénédiction.

À toi, mon cher fils Raymond, je dis adieu et te donne ma bénédiction, Je te recommande mon âme à tes saints sacrifices.

Je dis adieu, à toi mon cher Williain, à ma chère Marie et vos enfants, et vous donne ma bénédiction.

Adieu, mon cher René, je te donne ma bénédiction et recommande mon âme à tes prières durant la sainte Messe.

A mon pauvre fils Alfred, absent, je donne ma bénédiction.

À mon cher Herménésgilde, à ma chère Kate et vos enfants, je dis adieu et vous donne ma bénédiction.

Le

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