‹ Mémoires de famille, l'honorable C.-E. Casgrain [microforme]Chapitre 5 sur 45 · MR · texte numérisé non relu

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j'aie vue à sa cravate à été faite avec mes

cheveux, quelque temps avant notre mariage.

I l’a gardée pendant de longues années.

Voici une lettre que lui écrivait sa mère, pour le presser de s'établir; elle fera voir avec quelle confiance elle traitait avec lui.

& Cher Charles,

‘“ Ton papa ne pouvait m'apprendre aucune nouvelle en arrivant ; il disait qu'il n'avait rien de drôle à me dire, mais il m'a prouvé le contraire, en m'apprenant à la suite, que tu avais en ta possession une somme de Æ£150 venant de l'ami MecCallum; que tu avais si bien su t'y prendre, que l'affaire s'était arrangée à merveille, et qu'il admirait quelle précaution tu avais prise pour ne point manquer ton coup.

Il dit que tu es un homme très adroit, lorsqu'il

s'agit de tes intérêts; je m'en aperçois comme lui, mais je ne saurais te blâmer, tout au contraire je ne puis que t'approuver en cela. Cet esprit de commerce et de spéculation fait voir combien ces petits Casgrain ont de ressemblance avec leur père. Ils en tiennent pour la vivacité et pour le soin qu’ils ont de ce quon leur permet ; ils n'aiment pas à laisser languir les choses. Cela prouve une vraie ressemblance de caractère, Cette somme, m'a-t-il dit, va être appliquée sur des meubles de ménage ; cela est très-juste, puisque ton père la destine pour cet objet, et je n’ai point d'inquiétude de quelle manière et avec quelle économie cet emploi sera fait. Il faudrait ne point avoir l'avantage de te connaître pour en juger mal. Tu as par avance loué une maison pour y placer tes meubles, tout cela sont de bonnes précautions, car il n’est plus temps de chercher lorsqu'on à besoin: c’est une raison de payer plus cher.

Je vois que tu n’es pas de ces gens là, c’est fort bien; mais, mon fils, ce n’est pas tout. Parlons sérieusement, laissons le badinage. Une chose m'inquiète, c'est lorsque tu seras chez toi, combien plus tu auras à prendre garde pour les compagnies que tu auras à fréquenter. Tu asun petit nombre d'amis choisis qui sûrement ne t’oublieront pas, et avec qui je te conseille de

vivre en bonne intelligence, Mais tu dois prendre gurde, cher fils, qu'il ne “en glisse pas quelques mauvais parmi Îles bons, qui sous prétexte que ce sera un ménage de garçon, on pourra y aller plus librement, O cher fils! ce LI û . . \ . , sera à toi de bien veiller À cela, tu sais qu'une brebis galeuse peut gâter un troupeau, et on peut, je crois, à cette occasion, appliquer la même comparaison, C'est à quoi, je me flatte tu auras soin de bien veiller, pour éviter ce qui |

arrive aux autres en pareil cas. Car, mon fils, nous ne pouvons assez Compter sur nos propres forces pour croire que Ces choses ne peuvent arriver, Nous sommes tous si faibles que nous devons nous tenir sur nos vardes, et demander \ . A

à Dieu ses grâces :

“ Lui seul est notre force et notre unique appui."

“ Ah! si, dans ce petit espace de temps qui reste pour achever ta cléricature, il s'offrait un objet digne de fixer ton attention, crois que je n'essayerais point à y mettre obstacle; tout au contraire, J'en serais bien charmée, car je suppose bien que tu ne prétends pas rester seul. Mais je crois que dans ce moment-ci, c'est à quoi tu penses le moins: tu es trop occupé de l'arrangement de ton ménage. La marquise t'a échappé, il lui fallait un Anglais; elle ne prouve

pas par son mariage qu'elle était bien attachée à la religion, puisqu'elle à fait un si mauvais pas. Je n'ai pu m'empêcher de frémir lorsque j'ai vu par la Guzette qu'elle était mariée par la main du ministre.

Je me rappelle que tu me disais dans une de tes lettres à laquelle je n’ai pas encore répondu, que tu avais grand besoin de mes avis. UÜher fils, de quoi suis-je capable autrement que de t'aider de mes faibles prières. Je t'assure que si Dieu veut les exaucer, les choses iront pour le mieux. Tu n’as pas oublié les entretiens que nous avons eus tous deux ensemble. Tu m'as toujours témoigné assez de respect pour empêcher que je me permette de croire que tu puisses avoir mis mes raisons en oubli. Je suis sûre que les avis sincères et tendres que je t'ai donnés ont été reçus avec attention et reconnaissance. Fes sentiments envers moi m'en ont toujours rendu un fidèle témoignage. Ainsi, tendre et affectionné fils, Dieu veillera à tout. Reposons en lui toute notre confiance : je Île prie tous les jours, ce Dieu de bonté, de vouloir vuider tes pas. Oh! mon enfant, dans la dernière communion que j'ai eu le bonheur de faire, mercredi, la veille de Noël, j'ai prié pour vous tous, et en particulier pour toi, me reposant entièrement sur ce que Dieu dit : que plus nous lui demandons ses grâces en cet heureux

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moment, plus on lui devient agréable, Ah!

quel pressant besoin en ai-je moi-même,

et c'est avec une entière confiance que Je nr

adresse à ce Dieu de bonté, malgré mon indignité et mes misères, considérant que ce père tendre est toujours favorable à ceux qui ont recours à lui. Ah! cher enfant, que les sentiments chrétiens soient toujours la règle de notre conduite, le seul sentier que nous ayons à suivre, Si ma plume était capable de te peindre ici ce que lon cœur ressent, tu verrais avec quel attachement je suis ta tendre mère,

c'est

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