TOME IV
GoogI(^
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4e Béthisy à Courtray; le comte de Quinsonnat à Spire; te comte Caëtan de La tîochefoucauld sur les frontières de l'est de la France ; le comte Jules de Polignac, fâàintenânt prindé de Polignac et ambassadeur en Angleterre^ sur les frontières du royaume de Sardaigne.
I^es arrrésilâtldû^ fkite$ à Gand et à Bruxelles ayant donné dé ^ivé» ikiquiéttidéi û\ix che& àe% troupes de la oô^eHiioa ^ leur firent âd6f>ter un système de sûrvéillat>ee rigide qcii devint fâdieux pour quelques cotmniêSdires du Roi. Plusieurs d'entré e«5t i^encontrèt^ent des obstâKîles en àe reodaM ûmil |)Mted qai leur étdieAt assignés. On ari'éta des offîelèi*» fran^ais^ dans Féiter^ice d'une mission éutt^pri^ pour rassembler le centiogent royal û%épûr lé tmité du i5 mars t8i6. Deux commissaires du Roi (aretit retenus au quartier général bavarois ; un troisième ne put dépasser Frâtt6fort-èUr-le»Méln; le comté Jules, prince de Poligtiâc, donc le télé avait surmonté toutes ces difficultés, et que son <x>urage poussa trofv loin, fut enveloppé par les troupes de Wâpoléon, et transféré au foit Bârraux.
L^domte Gaétan de La Roohefotk^auld éprouva aussi de» entraves de la part des agens des puis^ sances alliées^ Après quelques jours d'arrestation , il atteignit la Sui^e et se rapproehà des frontières
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de la France , pour fomier le cadre du corps royal de VEsty et planter les bannières des lis sur le sol de la patrie. Sans autorisaticm des puissances étrangères , sans la permission du gouvernement suisse, il se procura des armes, des munitions, et l'équipement de cent trente-six hommes. Parmi les braves qui se rallièreiit à ce délégué du Roi, dn remarquait Tadjudant^énéral Chopin , le major de La Genetière , le chevalier de l'Étoile , le baron de Marguerittes , qui venait de faire partie d'ulne mission entreprise dans les intérêts du trône ; les comtes de Scey-Montbelliard ' , de Col* bert , de Montjoie, de Mortemart; MM. d'Anders , de Bermont et de Piedoyx , ^ quelques offîders du fidèle f o* de ligne.
Le rendez-vous général fut fixé pour la fin du mois de juin, à Saignes-Légier, pays de Porentrûy, sur Pextréme fronttère de la Suisse et de la France.
C'était par la troqée que devaient faire ces brar ves que j*espéraîs y rentrer mqirmême. J'étais persuadé qu'une seule bataille perdue mettrait .Napoléon hors de combat £n ef&t, franchisant la Sambre, il ne fut que téméraix^e, et il le fut trois mois trop tard , puisqu'il avait laissé à ses eunemis
' D^fmlfl^ préfet du département duDoiilMi*
le temps de rassembler toutes leurs forces. Apr^ avoir enterré dans les champs de Waterloo, le i8 juin, la fleur et Télite de ses soldats, îr se trouva seul , comme à Leipsik , fugitif, sans espoir et détrôné par une seule bataille.
La France tomba dans une anarchie épouvantable au moment où elle fut envahie de toutes parts.
Le I" juillet, la colonne royale de l'Kst se mit en marche, et pénétra le même jour par le pont de Goumois-sur-Doubs, village situé au milieu des montagnes escarpées , couvertes de bois sans aucune. route praticable. On devait marcher le lendemain sur Damrichard; mais le 2 juillet à la pointe jour, des corps francs, des douaniers, des gardes frontières, et quelques habitàns de Trévillers, soutenus par deux compagnies de la garde nationale mobilisée de la Côte-d'Or , stationnées à Saint-Hippoly te, se montrèrent à portée des avant-postes royaux. N'ayant reçu aucun renfort, et ne pouvant engager qu'une lutte désavantageuse contre de? forces aussi supérieures, le comte Gaétan de La Rochefoucauld se concentra sur Goumois. Cette position aurait pu être conservée, si les habitàns fussent restés neùtçes; mais ils servirent d'auxiliaires aux attaquans. Un feu dirigé sur les royalistes , des maisons qui dominent le pont, forcèrent à rentrer sur le territoire suisse.
Un coup de fusil , parti de Thabitisitiijn du maire (que le comte Gaétan venait de quitter), atteignit le chevalier de Piedoyx et le tua.
Une vive fusillade s'engagea alors d'une rive à l'autre; le'passage, vaillamment défendu, ne fut point forcé. La tête du pont était occupée par un détachement de volontaires royaux, chasseurs de Henri IV, composé de Lyonnais , incorporés dans le corps de l'Est dès leur arrivée en Suisse, où le chevalier de Landine, de Saint-Esprit, les avait dirigés de l'intérieur de la France. Le drapeau royal , un moment en danger d'être pris, fut sauvé par l'un de ces braves, le capitaine Bettent. Les soldats royaux qui n'avaient pu se replier avant l'occupation de Goumois par les insurgés, se jetèrent dans le Doubs, et, sous un feu continuel, traversèrent cette rivière avec intrépidité.
Cette journée fut marquée par la mort de plusieurs soldats des deux partis ; on eut surtout à regretter la fin déplorable du comte de Montjoie. Cet officier, affaibli déjà par deux blessures et atteint par. un biscayen, ton^a, et fut inhumainement massacré , non loin des riches domaines de ses pères , situés à Béfort. Son corps resta nu sur le sol de sa patrie, sans avoir obtenu de la pitié de ses concitoyens quelques poignées de terre pour couvrir ses restes inanimés.
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Pressé par les évén^Ae&s, et voulant recom^ meBcçr ses tentatives sur ua autre point de k frontière, le comte Gaétan de La Rochefoucauld prouva le l^esoib de ressources péeuliîaifes pour remplacer ce qiii lui avait été pris à Gotiaiois par le corps franc. N^ayiant pu rien se procurer ni à Baie ni à Berne, il voulut bien s'adresser à moi, * connaissant les services que j'avais rendus à la cause de la maison de Bourbon. Instruit que je jouissais encore de quelque. crédit, et dans l'espoir que je remplirais ses vues, il m'envoya àNeucbâtel M. le comte de Colbert, pour ouvrir avec moi cette négociation. Mais l'injure qui m'avait été f^iite à Gand était encore trop récente, et je refusai vpârce que , d'ailleors , je n'avais pas la somme demandée dans ce moment^ et que je ne voulais pas l'emprunter. Cet envoyé retourna à son poste avec mon refus justifié par l'impossibilité dans laquelle je me trouvais de satisfaire A la demande du comte de La Bochefoucauld.
Bientôt après, arriva M. le baron de Margueritte, pour continuer 4sette négociation^ On a vu que je le connaissais particulièrement : il m'atta^ qua par mon faible, me rappela tout ce que j'avais fait depuis ving^ ans pour la cause royale, les dangers que j'avais courus ; il me dit avec raison qu'un si long dévoùmedt, qu'une conduite irré-
proQlid>)e M devait jft^ m reitoidk^ dam um teHeciTcoiia^mtàe^ et o^fe fmroè ^'Hn s^mt (da la polioe , «éii^gé fmr un «ooemi pMft&aant « mVftM; fait ieawyer tto B^m^t Aomit j'étais déjà vengé par Y;S$tàm^ 4e tous ks ropUstcas ; îi «j^Mftta «qvis bientôt le Roi, rentré <tei)$ aa capitale , eftacera^ cette iojttFe en iPe rendant, à Pam iBéme^ pleioe «eit antiène justiieie. Je jcédai facileoi^nt, oette fok, au bes^ 4e me rendne «noone utile ; vims «'ajaiit poifit en nion fkonww 1a wisïme i}i^ tti'élsiit de* Bftandée, jie ooadiiifife le banon de Margiteritle diesi M, Fornadbon, kiph hapqnier à liendkàfte)? qut^ ne vcmlant;qû<e'ma garantie , me rewit âe eui^ la somme. IJ» htm mr fiàleoe fut àéliwvé pstr auîte d» fcarédH; ouverÉ par le commissaire du Roi ; mai9 il MB ûït pœ acquittée et je restai eréaaoièr die eette avalée. Bkis ftard ^ il eatTrai , j'e« ^tins le remiboursement à Paris, en m-ad^essan^; au eomte Xîâétan de JLa l&ocbeiouoajvdd , cpaâ 6t h cet ^elfet toutes lei» démancbea néc^saires* 7e :iie rappeUe ee £»H que^our protuvor qu^ je n'ai famaia laissé éduippw Focoa^iotA de me itcwdi^ utile à la ûause royale.
Cependai^t, le corps r^y^l ie l'Est ;ayafit pu dès^ors rentrer en Erwice, y pénétra par le can^ t0«fde Ftarcefte, m le drapeau Wan^ fut,arlK>ré. i^ugmenté par de wmbr^em% finrdle»>ens, efiiec-
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tués à Colmar et dans l'Alsace méridionale, il franchit l'obstade du pont de Roide, et, marchant sur Besançon, prit position à Bouclam, à quatre lieues seulement de cette place forte. -Avant même que le comte Gaétan se fut introduit dans la ville, au risque des plus grands dangers , pour sommer, au nom du Roi, le maréchal Jourdan d'arborer le drapeau blanc, et d'entraîner par cette mesure la soumission de toute la Franche-Comté, j'avais agi de mon côté dans le même but. Dès le 7 juillet, je m'étais mis en rapport avec le maréchal , dans l'objet de lui faire connaître l'intérêt qu'il y aurait à amener la soumission au Roi de ses troupes et de son commandement , par suite des événemens de Waterloo. Je demandai au maréchal une autorisation pour me rendre auprès de lui, afin de conférer sur la gravité des circonstances. Le maréchal me répondit par son adjudant-général , le comritandant Petitpierre , qu'il serait bien aise de me voir, ^arrivai le 18 juillet à Pontarlier, par la montagne de l'Amon , d'où venaient les vivres de la Suisse. -
Je dînai chez M. Maire , procureur du Roi , et j'y trouvai pour convives plusieurs officiers français et suisses. On s'entretint beaucoup des événemens et on manifesta des craintes sur la disette qui
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commeiiçait à se faire sentir. On se passait le pain avec recommandation de tie ménager; sur quoi je dis : a Mais le fort de Joux qui est approvisionné , « dit-on , pour deux ans , n'est-il pas commandé «c par un Français, et ne pourrait-on pas obtenir « pour les habitans dePontarlier quelques sacs de « farine? Henri lY ne nourrissait-il pas sa bonne « ville de Paris quand il l'assiégeait?» On me répondit qu'il n'y avait rien à espérer du commandant ni de la garnison ; que déjà même le général des troupes suisses lui avait envoyé sans succès différentes sommations. Alors je demandai s'il y avait quelqu'un de Pontarlier qui connût ce commandant? On m^indiqua M. Grillon ^ marchand de draps, chez qui cet offîcier avait. logé. Je demandai qu'on le fît venir, pour prendre de lui des renseignemens. Le procureur du Roi l'envoya chercher, et il arriva. Je priai M. Grillon de me dire s'il connaissait particulièrement le commandant du fort de Joux. Il me répondit qu'il l'avait logé pendant six semaines, que c'était un très brave homme, bon militaire, et pour preuve, ajouta-t-il, c'est qu'il a reçu un coup de sabre qui lui partage la figure. « G'est donc un brave! m'é- <c criai-je; et on peut tout en espérer, s» Il ajouta qu'il s'appelait TivoL « Ne pourriez-vous pas lui « faire parvenir un billet? — Gela serait fort dif-
« ficîle; mais ma fille lui enroie àe$ livres qu'on « idépose, detbt fois la semaine) soir xme 'pierre à « quelque diaCatice dafort, et qu'il envoie pren-* « dre par un soldat. -^ Mademoiselle votre fille a pourrait 4onc se «cbarger d'avoir réponse à un (c billet que j'écrirai au <rommandant, ^n 'd'^en <r obtenir quelques sacs de farine pour okmer k a la disette qui se feit déjà sentir parmi vous. » Ce inotif porta M. Grfllon à se^âitirger lui-même de cette <x>iMmssion , et il aHa porter ^ suite au commandant Hvol mon billet , qui était ainsi conçu : « Ayant ^me communicaticm très impetr-^ <k tante à vous fak*e, monsieur le oommaftidant, je ce désirerais que vous voulussiez biem oonsentir à « me 'recevoir, en m^indiquant rJbeure €t le mo* « Tfnent où je pourrai me rendre au fùtt.
« S^né , FAUCHE-BOREL. »
Noup étions encore à table , que M. Gritton me rapporta la réponse que void : a Si M. Faucbe- « Corel veut se rendre demain , entre &X et «sept « heures du matin, au bas de la rampe du fort, « "Mi y ts'ouvem ^ux fusiliers ^i le conduiroiift « auprès de moi. »
Je me vis donc engagé. Pkisteurs des convives ne me laissèrent point ignorer le <ianger que je pouvais courir ; et que , d'ailleurs , M. te général
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smsae de Gady.avait déjà envoyé des fiarienientaires Sans suecèft^. Je me déterminai néaniBOins, et je me rendis de suite Aet te général de Gftdy , pour ea obtenir im passe^ront, attendu que le fort était cerné par ses troupes. Le général me fit l'observation que je m^exposerais beaujcoup , que lui*- même a:vatt déjà en^i^yé plusieurs patrie^ mentaires les yeux batidé^ , et que le dernier arait été i^envoj^'é airec la menace de fusiller oeSui qui oserait lui succéder. Le général , ainsi que plusieiu's officiers de son état«*marjor, dans le nombre desqueb se trouvaient mon beau4rère et mon gendre de Gumoens, dierchèrent à me dissuader; d'autres, au contraire, m'encouvageaieii t. le as observer au igénirnl de Gady que j'allais proposer au commandant de garder Je fort au nom de Louis XVHI, et d'y aii)orer le drafpeau blatic> ce qui n'était pas la même <^ose que de rengager à rendre la place aux alliés. Le général pesant mes raisons., me donna le passe^a^fant^en me souhaitant réii5»£le.
Je pris im cfaar^b«»c, i^amt avec moi M. SW* net, maire de Pontarlier^ et M. l'abbé Lamarre, qui m'accompagnèrent jusqu'au bas de la rampe, où m'attendaient les deux fusiliers avec lesquels je m'acheminai vers le fort. A moitié cheknin^ ces xleux militaires me dirent d'un ton arrc^nt :
« Vous venez sans doute pour gagner notre corn- « mjmdant en faveur de votre Louis XVIII? » accompagnant le nom de Sa Majesté d'une épithète plus qu'injurieuse. Je leur répondis avec une fermeté qui leur en imposa , et ils se turent. Après avoir passé lés ponts-levis, je trouvai IVI. le commandant Tivol en grande tenue : il me reçut avec affabiUté. Je lui demandai de passer dans son cabinet. Sans me rien objecter, il mMntrodnisit dans la salle où étaient réunis ,^ aussi en grande tenue, onze à douze officiers. Je ne doutais point que ce ne fut un conseil de défense, et, comprimant mon émotion , je dis avec fermeté et confiance : wc Je suis charmé de trouver ici une réunion de « bons Français, qui apprendront avec joie que « le drapeau blanc flotte dans toute la France; et a je suis fort aise, Messieurs, d'être le premier à a vous informer de cet heureux événement. »
Mais ce sentiment ne fut pas généralement partagé par ces messieurs; plusieurs d'entre eux m'interpelèrent d'un ton hautain en me demandant quels étaient mes pouvoirs , et au nom de (Jui je venais ainsi les informer d'une nouvelle qu'ils ne devaient recevoir que du maréchal Jourdan, commandant à Besançon. C'est alors que M. Tivol, prenant la parole, dit qu'il ne m'aurait pas dontié l'autorisation de monter au fort , s'il
n'avait pas su qu'on pouvait avoir confiance dans mes paroles ; mais l'opinion de plusieurs fut qu'on devait envoyer une estafette au maréchal Jourdan , afin de justifier la vérité de mes assertions. Je les appuyai de l'exhibition d'un Moniteur, adressé au président de la société des Halles de Neucbâtel , que j'avais eu heureusement la précaution de prendre à la poste. Ces officiers firent allumer deux bouges , afin d'examiner si le papier de mon Moniteur était bien de l'impression de Paris ; i\ y en ^ut qui insistèrent pour que je fusse préalablement renfermé ou jeté dans un cul de basse fosse; d'autreis enfin qui opinèrent pour que je fusse à l'instant fusillé, sans autre forme de procès, soutenant que c'était le devoir du commandant du fort.
Voyant ce conflit devenir sérieux, j'annonçai qu'au bas du rempart étaient le maire de Pontarlier et M. l'abbé Lamarre, qui pouvaient corroborer mes assertions. En effet , on les fit venir, et ils confirmèrent mon rapport La discussion fut longue et vive : elle dura sept heures. Pendant ce temps, je cherchai à capter en particulier chacun de ces officiers , en leur disant : « N'attendez pas pour vous décider les ora dres du maréchal JoUrdan ; faites quelque chose «pour vous par vous-même; et chacun pourra
« espérer akM*9 un grade topérieur cm (^autres fa*
« veurs de la part du gouvernement du Roi. »
Dans l'état d'irrésolution où je les avais mis, le Moniteur donnant beaucoup de poids à mes dis* cours, on débattait ce qu'il convenait de feire, lorsque, pour les fixer, je dis au commandant: (c Faites on petit discours que vpi» nous commuff niquerez, et qu'ensuite vous adresserez à la gai^ fc nison assemblée. » On se rangea à cette proposition ; et chacun des officiers , recevant les instructions du commandant, celui-ci réunit tous ses soklats, les forma en bataillon carré , et là , dit à haute et intelligible voix : « Camarades , j'ai <c la satisfaction de vous annoncer la plus belle « nouvelle que des Français puissent apprendre. <c Louis XYIU est dans sa capitale; le drapeau
«blanc flotte par toute la France Adjudant,
<c lisez 4e Moniteur, » On lut, en effet, les articles Dieppe, Calais, Dunkerque, qui annonçaient le retour du Roi , et qui finissaient par les cris : vii^ele Roil Alors tout le bataillon cria spontanément '2;2Ve la paix! par suite de l'impression que diaqœ officier avait faite sur sçs soldats ; sur quoi je répondis : « Sans doute , camarades-, vive 1^ « paix ; mais vous ne l'aurez qu'avec Louis XVni. » Et le bataillon de s'écrier : « Eh bien, vive tt Louis XVin ! vivent les Bourbons ! »
L0 oommaradaiit Ttvol dit alors : «rDouUe ra-* « tion pour aujourd'hui! » à cjuoi j'ajoutai : «Tri- « pie ration I car on nie sAurah trop boire en ce «jour. Ji A ces mota, le bataillon riposta tout d'une Toix : ic Eh bien, tite le Roi! vivent les a Bourbons! vive le eon^missaire du Roi! vive tf M. Fauche-Borel! ^
Je voulus remettre^ dans Cette circonstance, dix louis au amimandant Tivol pour les soldats; il les refusa^ en tœ disant : a C'est à vous, moncc sieur Fauche, à me faire le plaisir d'accepter le « âïaer du fort. «^ Oui, GoBWiandant , je l'accepte < volontiers^ car il vaudra mieux que tous les dite n^rs de Pontarliw réunis, où l'on manque de oc pain* C'est à vous à refcidre l'abondance à cette « vitie , en y envoyant ^ le plus promptement posc sible^ une vingtaine de sacs de farine; vous met- « tret^ le comble au bonheur de cette journée. » Et il donna des ordi'es en conséquence.
Pendant Qd colloque > le drapeau ^lanc fut arr bore sur le fort, et vingt-un coups de canon le saluèrent au grand étonnemetit de tout Pontarlier. Il fut dressé procès-verbal de tout ce qui s'était passé, el cinq centft cocardes blanches furent distribuées, dans le jour, à, la garnison. J'ai encore par devers mol toutes les pièces qui attestent cet événement, dont je rendis compte au
36S MÉMOFRES
prince de Talleyrand, président du Conseil des
ministres.
On aura une idée du danger que je courus dans cette circonstance , si on se rappelle que ce même jour, 19 juillet, le colonel Gordon fut massacré au fort Condé, pour aVoir rempli, par ordre de ses supérieurs, la même mission que j'avais entreprise de mon propre mouvement.
Je dois, dire aussi que je fus parfaitement secondé par M. Pernet , maire de Pontarlier , et pat M. l'abbé Lamarre.
De Pontarlier je me rendis chez le maréchal Jourdan , qui m'avait fait appeler à Besançon, et qui, en me complimentant sur ce que j'étais parvenu à faire arborer le drapeau blanc au fort de Joux, voulut bien m'expliquer pourquoi il ne lui avait pas été possible de faire prendre plus tôt cette détermination à la garnison de la Citadelle ; ce ne fut que vingt-quatre heures après la soumission du fort de Joux, que Besançon se soumit à Louis XVIII.
Concevra-t-on que les officiers de la garnison du fort de Joux, auxquels j'avais cru devoir promettre, au nom du Roi, un témoignage de la « satisfaction royale, loin de recevoir aucune récompense, aient tous été destitués ; que le commandant Tivol en particulier, sans se plaindre
pourtant, soit venu me faire part qu'on l'avait maltraité pour avoir cédé à mes instances , qui n'avaient eu pour but que le service du Roi et l'intérêt de la patrie.
Quant à moi, bien que M. le comte de Blaca»
m'eût fait endurer à Gand un sanglant affront, en récompense de vingt ans de sacrifices, on ne pouvait se refuser de reconnaître que M. le comte Gaétan de Ia Rochefoucauld était parfaitement en mesure d'attester que j'avais oublié Yinsulte du ministre^ pour ne voir que le service du Roi. L'heureux retour de Louis XYIII dans sa capitale, et l'éloignément de mon principal accusateur', aurait désarmé mon indignation, si l'honneur n'avait pas exigé que je fusse disculpé, du moins aux yeux de mon souverain naturel, et que j'obtinsse la réparation que j'avais droit d'attendre.
Je vins en toute hâte à Paris dès que Louis XVIII y fut rentré , et que j'eus concouru à faire arborer le drapeau blanc sur le fort de Joux; j'y vins pressé de donner suite aux démarches qui, en mettant ma conduite au grand jour, devaient confondre mes ennemis. L'outrage de Gand avait ulcéré mon cœur, et je sentais que ce n'était qu'à
' M. de Blacas iVt k cette époque éloigné du conseil du Roi, et se rendit en ItâKe.