‹ Memoires de Fauche-Borel (volume 2)Chapitre 9 sur 18 · TOME IV · texte numérisé non relu

TOME IV

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crédit supplémentaire au crédit voté, en i^i^y pour rentier acquittement des dettes du Roi. « En «conséquence, monsieur Fauche, ajouta le mice nistre , vous êtes trop bon serviteur de Sa (c Majesté pour ne pas attendre les effets de cette a mesure. »

Une année , deux années s'écoulèrent , et je n'en fus pas plus avancé que le premier jour. Les dettes vraiment énormes que j'avais contractées , pour servir la cause des Bourbons, s'étaient accrues d'une manière.si effrayante, et mes créanciers, fatigués d'attendre, ne me laissaient aucun relâche. «S'il est vrai, me disaient-ils, que vous (cayez travaillé à la restauration des Bourbons, « faites-le voir en acquittant les «dettes que vous « avez contractées pour eux. »

Mais tout semblait conjuré contre la justice de ma cause. Plusieurs députés ayant invité le ministère à demander, enfin , un supplément de crédit pour acquitter les dettes de Sa Majesté, M. de Villèle s'y refusa; lès paroles gu'il ne craignit pas de proférer à la teibune, à cette occasion, retentirent dans toute la France, et affectèrent douloureusement les ^us fidèles serviteurs de la couronne.

Je m'abstiendrai de récapituler id les causes qui excitèrent d^ns des coeurs français une dés*

affection alarmante ; un changement de systèiàe parut enfin indispensable à la grande majorité de la nation. Je m'en entretins avec le duc de Rivière, l'ami du Roi, aux bains de Leuck en Suisse. On a vu que j'avais été enfermé jadis au Tempje avec le noble duc. Instruit à fond de tous les désagrémens que j'avais éprouvés à Gand et des intrigues qui m'avaient aliéné M. de Blacas, il s'écria , en présence du marquis de Montciel et du général de Gadi : a Je veux absolument faire «finir votre affaire avec M. de Blacas, car c'est w une horreur ! »

De retour à Paris , il me fit l'honneur de me dire qu'en effet il avait vu M. de Blacas; que lui parlant de moi avec intérêt, et lui témoignant sa surprise que j'eusse été si maltraité à Gand, dans un moment surtout où j'apportais des nouvelles si rassurantes , il lui avait montré le désir *de savoir de lui s'il avait eu réellement des motifs pour en agir ainsi à mon égard ; que M. de Blacas lui avait répoi^du qu'en effet il s'était assuré qu'il avait poussé trop loin ses préven*tions contre M. Faudie-Borel ; qu'il en était revenu, et que bien que M. Fauche eut écrit contre lui, il ne lui en voulait pas; mais qu'il était parfaitement inutile qu'il le vît, et qu'il eût a cet égard aucune autre explication.

IjC duc de Rivière m'ayant fait part de cet entretien, me laissa voir combien il était satisfait d'ayoir appris, par M. de Blacas lui-même, qu'il n'y avait rien eu de fondé contre moi. Je lui répondis que je ne demandais point à voir M. de Blacas, que je l'avais seulement trop vu;' mais que puisqu'il convenait avoir été trompé sur mon compte, il me semblait qu'il devait, en hontiéte homme, réparer tout le mal qu'il m'avait fait, en contribuant k me faire rendre toute la justice qui m'était due>

Ce fut quelque temps après le licenciement <Ie la garde nationale que M. le duc de Rivière, pressentant un changement de ministère, me dit : « Si M. de Yillèle entendait ses propres affaires , a celles du Roi et de la France, il se retirerait , et « dans deux ans il pourrait reprendre le porte- « feuille, car il y a des circonstances où il faut « savoir céder. »

Mais après la dissolution de la Chambre, et quand il fut démontré que M. de Villèle ne pourrait plus se maintenir, le duc, me témoignant le désir d'avoir avec moi de plus fréqucns rapports, ajouta : «Vous voyez, mon cher Fauche, que les « devoirs de ma place ne me permettent pas de « disposer d'une seule demi-heure du jour, car je (c dois tout mon temps au royal enfant qui m'est

« confié; il s'ensuit que je ne sais pas même ce « qu'on pense dans les salons. J'aimerais pourtant ce bien connaître l'état de l'opinion publique , et « quelles sont les personnes qu'on porte an minis- «tère; je vous charge, en conséquence, de me <c donner, aussi souvent que vous le pourrez, « des notes à ce sujet , telles que celles que vous ce n)'avez déjà communiquées , et que j'ai placées « sous les yeux du Roi. »

Je remplis les intentions du noble duc avec d'autant plus de zèle que, dans cette crise, il convenait d'éclairer la religion du Roi, pour qi^'un parti contraire ne parvînt pas à s'élever et à dominer exclusivement. Presque tous les matins, au lever de Sa Majesté , je remettais au duc de Rivière la liste des personnes que l'opinion publique portait au ministère; on y voyait figurer toujours MM.Royer-Collard, Martign^o, Pôrtalis, le prince dePolignac,Hyde de Neuville, Chateaubriand, souvent le prince de Talleyrand, quel* quefois M. Pasquier, et même M. Decazes, etc.

Comme M. Royer-Collard était sur toutes les listes , et qu'il avait attiré souvent l'attention de Sa Majesté , le duc de Rivière me dit : «M. Royer-^ a CoUard n'a pas à se plaindre du Roi , qui lui « a fait un accueil très gracieux lorsqu'il est venu (( lui rendre ses hommages à la tète de. la dépu-

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« tation de l'Académie Française; le Roi s'est bien « rappelé que M. Royer-Collard avait servi les a Bourbons pendant la révolution. Mais on n'en « fera péut-^être pas un ministre tout d'abord ; «la présidence 9 par exemple, lui conviendrait «mieux. Du reste, ajouta le duc, je dois vous c dire que, n'ayant pas laissé ignorer au Roi que «les notes m'étaient remises par vous, le Roi y « met confiance. »

Barras, instruit de mes communications avec le duc de Rivière, me témoigna le désir de voir cet ami intime du Roi, cotnme en i8ï4 il m'slvait témoigné le désir de voir Louis XYIII; mais il était dans un état de santé qui ne lui permettait pas de sortir. J'en parlai au duc de Rivière et j'ajoutai que Barras se montrait toujours disposé à servir la cause des Bourbons. Le noble duc n'ignorait pas tout ce que j'avais fait jadis pour rallier Barras à cette cause, et que même, en i8 14, M. de Blacas et le duc d'Havre avaient vu Barras; il lui vint alors en idée de voir luimême cet ex-directeur qu'il savait d'ailleurs toujours en rapport avec les hommes marquais de la révolution. Je me rendis en conséquence chez Barras, et je lui dis que lé duc de Rivière désirait avoir un entretien avec lai. Nous prîmes jour, et Barras ne reçut pas sa société ordinaire

ce jour- là. J'accompagnai le duc à neuf keures du soir, rue de Ghaillot, laissant la voiture dans le» €lxanif»^£lysées. Nous entrâmes à neuf lieures et demie chez Barras , qui était seul ^ étendu sur sa chaise longue près de son feu.

«Monsieur le duc, dit-il, vous voyez l'état de a souffrance où je me trouve, sans cela je vous a aurais prévenu; je vous en fais mes excuses, dc Vous nie prouvez par la démardie que vous « faites que vous êtes véritablement le sincère a ami du Roi, et, si M. de Blacas eût voulu ni'é* ce conter avant le ao mars, on aurait évité les fu- « n^tes cent jours qui ont tant coûté à laLFranc,e; u inaais M. de Blacas était dans une sécurité bien « malheureuse, et jamais je n'ai pu lui faire coma prendre le danger que courait la dynastie par a suite de tout ce que je savais des intelligences a qui existaient entre Murât, Tîle d'Elbe et Joseph « Buonaparte. » Le duc de Kivière , qui était en grande tenue avec toutes ses décorations , dit à Barras qu'il était venu le voir après avoir pris les ordres du Roi, qui désirait connaître son opinion personnelle, tant on était persuadé qu'il pourrait donner des renseignemens utiles à la patrie. Il s'ensuivit une conversation de près de deux heures, où Barras parla de la charte , à laquelle il fallait se rallier de bonne foi, et afin surtout de prévenir

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les desseins d'un parti qui travaillait pour le jeune Napoléon. Il parla favorablement de M. Royer- CoUard, de M. Roy, de M. de Martignac pour le ministère, et désigna aussi M. de Talleyrand comme celui qui pourrait porter confiance à rétranger ; il ajouta qu'il fallait bien traiter l'armée et éviter* les actes de sévérité peu réfléchis. En parlant de l'administration de M. de Yillèle , il dit qu'on avait remarqué que depuis le voyage de M. Canning à Paris, M» ^e Yillèle avait pris évidemment une autre marche que celle qu'il avait suivie jusqu'alors; que c'était à juste titre qu'on lui faisait le reproche d'avoir licencié la garde nationale avec des formes aussi. aced:>es, d'autant plus qu'on savait que le Roi n'y était pas enclin ; qu'il serait bien affligeant, d'un autre côté» qu'on vît reparaître au ministère M. de filacas, qui y était poussé par une coterie ; qu'il fallait autant que possible choisir des hommes nouveaux:..Comme j'étais présent à la conversation, je glissai un mot des lettres patentes, sur quoi Barras dit que Buonaparte était venu tout gâter au i8 brumaire ( novembre 1799 ), et il répéta plusieprs fois que la république, bien qu'il en eut désiré le main-, tien, ne pouvant pas s'établir, il ne fallait plu^ songer qu'à soutenir les Bourbons et empêcher les buonapartistes d'envahir les premières places

de l'État; qu'il était convaincu qure, slnaalheureusèment une guerre avec rAutriche s'allumait, on tirerait parti de la présence du jeune Buonaparte; qu'il fallait bien traiter l'armée, et qu'elle oublierait facilement l'usurpateur, d'autant plus qu'elle était presque toute renouvelée. Le Duc et Barras se quittèrent satisfaits l'un de l'autre, et le premier, avec qui je sortis, m'assura qu'il était fort aise d'avoir eu cette conférence avec un homme qui savait tous les secrets du parti contraire. ..

Je désirais également que M. le duc de Rivière eût occasion de voir M. Laisné de Yillevéque, membre de la chambre des députés et l'un des amis de M. Royer-Collard. Je connaissais parlai* tement ses principes monarchiques et tout ce qu'il avait fait dans des temps bien difficiles pour obtenir la liberté de Madame Royale. ' /

C'était lui qui, le i8 juin 1796, au nom de.: divers citoyens d'Orléans, avait rédigé et adressé à la Convention la pétition suivante : :

« Citoyens Représentans ,

a Tandis que vous avez rompu les fers de tant c< de malheureuses victimes d'une politique om- « brageuse et cruelle, une jeune infortunée, con-

' Aujourd'hui madame la Dauphine..

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a damnée aux larme», privée de toute consolation, « de totit appui , réduite à déplorer la perte de « tout ce qu'elle avait de plus cher, la fille de ce Louis XYI languit encore au sein d'tine hor- « riUe prison. Orpheline si jeune encore, si jeune c encore abreuvée de tant d'amertume, de tant <c de deuil , qu'elle a bien douloureosement a expié le .malbeor d'une si auguste nai»sanee; « Hélas! qui ne preodrait pitié de tant de maux , ce de tant d'infortune, de son innocence et de sa a jeunesse! Maintenant que sains craindre le poi- ^ gnat d des assassins et la hache des bcaureaux cr on peut ei^n ici &ire entendre la voix de l'hu^ CI manité, BOUS venons^olliciter son élargissement M et sa translation auprès de ses parena ; c:|r , cpA A d'entre vous voudrait la condamner à habiter « des lieux encore Honans du sang de sa famille? « La justice^ l'humanité ne réclament-^es pas M sa délivrance ? Ah! que pourrait c^jecter la dé* ce fiance la plus inquiète y la plus soupçonneuse ? » ce Venez, entourez cette enceinte, formez un a cortège pieux , et vous tous qui reçûtes des bien- « faits de cette famille infortunée, venez; mêlons ff nos larmes, élevons nos mains suppliantes et « réclamons la liberté de cette jeune innocente. « Nos voix seront entendues , vous allez la pro-^ ce noncer, citoyens représentans, et l'Europe ap-

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et plaudira à cette résolution, et ce jour sera pour « nous et pour la France entière , un jour d'allé- (c gresse et de joie. »

Instruit de l'admirable conduite de M. Laisné de Yillevéque, à cette occasion, M. le duc de Rivière témoigna le désif* de le voir ; malbeur^ise^ ment le jour même où l'entrevue devait avoir lieu, le duc tomba gravement malade. Dans l'intervalle f j'eus l'honneur d'adresser directement à Madame la Dauphine les pièces qui cdhstttaient la belle action de M. Laisné de Yillevéque, et d'établir que la gloire lui en appartenait seul , bien que d'autres eussent dierdié à s'^i faire un titre, entr'autres l'infâme Perlet, qui jamais n'a* vait habité Orléans, et dont la signature aurait profané la pétition courageuse que je viens de rapporter. Je pris la liberté de représenter à Madame la Dauphine, que M. Laisné de Yillevéque se trouvant candidat pour la questure , Son Al* tesse Royale aimerait sans doute saisir <}ette oc* casion pour fixer sur lui le choix dé Sa Majesté. En effet, la nomination eut lieu, et deux jours après, oe bravé et loyal serviteur du Roi fiit reçu en audience-particulière par Sa Majesté et par Monseigneur le Daupbin.

Le changement de ministère ayant précédé l'ouyerture de la session, l'attente publique se

tourna tout entière sur le discours du ti:6ne : on sait la sensation que fit ce discours. Ce que je vais dire fera plus particulièrement connaître l'effet qu'il produisit sur l'opinion nationale.

J'allais livrer à l'impression les premiers volumes de mes présens Mémoires, pour lesqueb j'avais traité avec M, Moutardier. J'eus l'avantage de rencontrer chez lui M, Etienne fils.

L'ayant entendu nommer, je lui demandai s'il était lé fi& de M. Etienne, littérateur distingué, député , et l'un des actionnaires du Constitu-^ tionnel ; sur sa réponse affirmative je lui fis remarquer la singularité de ma position, en lui témoignant le désir de faire la connaissance de monsieur son père. « Il m'a souvent parlé de « vous, me dit^il, monsieur Fauche, et il aura « lui-même beaucoup de plaisir à vous voir. » Je vis en eflet , peu de jours après , chez lui , M. Etienne, et voici ses propres paroles : «Il y «c a long -temps, monsieur Fauche, que je vous <c connais, et vous ne vous doutez pas comment? « — Non, monsieur, je l'ignore, en effet, et je « désire le savoir de vous-même. — J'étais logé « dans la maison de la rue Saint- Lazare, où vous «r vîntes vous réfugier en vous échappant du a Temple : vous étiez caché chez un sieur Schol, «qui avait épousé une de vos parentes. Mais

« quand j'appris qu'il avait eu l'iufamie de vous « vendre à la police , j'eus horreur de cette mai- « son et je la quittai huit jours après. Depuis lors a j'ai toujours pris intérêt à ce qui vous regarde...» Notre conversation s'étant portée sur les afiaires publiques : « Eh bien ! monsieur Fauche, ajouta « M. Etienne, on peut vous parler de confiance, c( avez-vous asâsté , il y a trois jours , à la séance « royale? — Oui, lui dis^je, et j'étais même très (( bien placé pour entendre le discours de Sa « Majesté et pour voir l'effet qu'il devait pro- «iduire. — Eh bien! lorsque le Roi arriva, pour- <K suivit M. Etienne , et qu'il s'assit sur son trône, a au regard qu'il jeta sur la Chambre des Dépua tés, nous vîmes qu'évidemment Sa Majesté avait a été prévenue contre la Chambre ; mais au mo- <K ment où le Roi prononça avec un élan solennel : a Charte que mon frère a bctroyée y Charte que (n foi jurée à Reims , Charte que je jure défaire a observer^ les acclamations partirent avec autant a d'enthousiasme du côté de la Chambre des Déa pûtes que du côté de la Chambre dés- Pairs, le « visage du Roi rayonnant alors de sérénité, nous « nous dîmes comme par inspiration : Le Roi est a à nous y et nous sommes à lui / »

A dater de ce jour, la nouvelle administration ayant proclamé, pour ainsi dire, le régime légal,

n'étais-je pas en droit d'attendre que la justice

en découlât pour ce qui me concernait , et que

les paroles royales si consolantes dont j'avais ^té

l'objet reçussent enfin leur entier accomplisse-

ment?

L'intérêt ne me guida jamais, oomme on a pu le voir, dans auame de mes démarches. Si je n'avais été animé que par des oalails sordides , je n'aurais pas réussi; car il est des choses qu'on ne fiait et qu'on n'obtient que par sentiment Aussi à quoi se bornent mes demandes? A être replacé dans l'état de situation et de fortune où j'étais en 1796 , lorsque le prince de Condé wlbXt iacha, par le plus noble entraînement, à la cause des Bourbons. On ne saurait révoquer en doute ma situation à cette époque : je jouissais d'une grande aisance; j'étais à la tête de deux étahlissemens considérables; je commandais à un capital de près de cinq cent mille francs, et je ne devais rien. £n sacrifiant cette existence à la cause des Bourbons , je me suis exposé à mille dangers, et p^ndant trente ans j'y ai dévoué ma vie.

Qu'on remarque bien que , n'étant pas né Français, je n'étais lié par aucun serment de fidélité, soumis à aucun devoir, enchaîné par «lucun bienfait, séduit psur aucune habitude, au»

cune promesse , aucune espérance , lorsque , par enthousiasme , je me suis dévoué à la cause royale de France, qui était celle de la légitimité eui'opéenne.

Par l'organe de l'un des princes français, la qualité et l'étendue des récompenses à moi promises ont été précisées dans des termes si larges, que seuls ils disent tout pour la raison et pour la postérité. Mes titres ont été reconnus, puisqu'un provisoire m'a été accordé en i8ao.

Si ma position sociale me permettait d'attendre l'accomplissement de ces promesses, confirmées par les consolantes paroles de S. M.: Charles X, je serais sans inquiétude; mais il n'en est pas ainsi , et trente années de sacrifices de tous les genres, de dévoùment de tous les instans, mes établissemens anéantis , ma fortune dispersée, le pain de mes enfans engagé , ma liberté compromise , ne me laissent d'autre alternative qu'une prompte justice ou une catastrophe inévitable.

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