‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-jours d'Auvergne en 1665, annotés et augmentés d'un appendice par m. Chéruel, et précédés d'une notice par m. Sainte-BeuveChapitre 113 sur 147 · RÉFORME ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

RÉFORME ECCLÉSIASTIQUE

(Voy. p. 88.)

Le règlement relatif aux affaires ecclésiastiques provoqua une :lamation de l'assemblée du cl Voici le texte de cette réclamation

réclamation de l'assemblée du clergé alors réunie à Paris

<c Sire ,

a L'Église de votre royaume , qui se prépare à vous demander justice de toutes les blessures mortelles qui ont été faites à la juridiction que le Fils de Dieu lui a confiée, se trouve si pressée du dernier coup qu'elle vient de recevoir, par un arrêt de la

cour des Grands-Jours , qu'elle ne peut différer un moment , ni se donner le temps de penser à ce qu'elle doit dire à Votre Majesté, pour lui en demander la réparation. Mais appuyés sur la parole de son époux , qui nous promet , en la personne de ses apôtres , de la mettre en notre bouche , toutes les fois que nous serons obligés à paroître devant un grand roi , comme est Votre Majesté , et persuadés que le même esprit qui lui parle par nous possède véritablement votre cœur, et règle tous vos conseils, nous venons en corps , Sii'e , avec une entière confiance , demander justice à Votre IMajesté de l'entreprise inouïe et insoutenable de cette même cour, laquelle a commis, par plusieurs arrêts , les lieutenants généraux des bailliages , pom* visiter toutes les églises qui sont dans l'étendue de lem^ ressort, et pour s'informer, entre autres choses, si la discipline régulière est observée dans les monastères , et si les sacrements sont administrés dans les paroisses, comme ils doivent être. Votre piété, Sire, vous donne sans doute l'horreur de cet attentat, dans le même temps que j'ai l'honneur de vous le représenter ; et c'est de cette sainte horreur , Sii^e , de la connoissance que Votre Majesté a de la religion chrétienne, et de la protection qu'elle doit à l'Eglise dans cette occasion importante , que nous attendons avec une certitude tout entière, qu'elle cassera cet arrêt, aussi bien que celui en exécution duquel il a été donné. Nous demandons, Sh^e, cette justice à Votre Majesté; elle la doit à sa religion ; elle la doit à sa réputation , et elle la doit encore à toute l'Eglise , qui ne pourroit subsister , si on arrachoit à notre ministère la direction des sacrements, qui en a toujours été, avec le dépôt de la foi, la portion la plus sainte, la plus spmtuelle et la plus inviolable. Ce n'est pas, Sire, que le Fils de Dieu n'ait pas laissé à son Église les moyens de la conserver contre les entreprises de ceux qui l'ont attaquée dans les siècles passés ; mais nous avons recours à la justice de Votre Majesté, qui ne souffrira pas assurément que ses officiers établissent des maximes, par l'autorité du Fils aîné de l'Église, qui ont à peine été reçues dans les royaumes hérétiques, quand les rois ont entrepris de s'en dire les Pères. Nous venons donc à Votre Majesté, Sire, comme à un asile assuré, dans la tempête dont l'Eglise est menacée ; et nous ne doutons pas qu'elle ne relève bientôt nos cœurs abattus de douleur, en nous mettant en état, par la prompte justice qu'elle nous rendi^a, de travailler à toutes

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