‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-jours d'Auvergne en 1665, annotés et augmentés d'un appendice par m. Chéruel, et précédés d'une notice par m. Sainte-BeuveChapitre 112 sur 147 · LA TUBÉREUSE, A CLÉLIE · texte numérisé non relu

LA TUBÉREUSE, A CLÉLIE

Mais de qui les beautez durent à peine un jour.

Voyez-moi seulement, je suis la plus parfaite :

J'ai le teint fort uni, la taille haute et droite;

Des roses et des lis, j'ai le brillant éclat,

Et du plus beau jasmin le lustre délicat.

Je surpasse en odeur et la jonquille et l'ambre ;

Et le plus grand des rois me souffre dans sa chambre....

A son air de héros , à ses exploits guerriers ,

On eût dit que son cœur n'aimoit que les lauriers,

Que seule à ses faveurs la palme osoit prétendre ;

Cependant il me voit d'un regard assez tendre.

Après un tel honneur, cédez , moindres beautez :

Vous avez plus de nom que vous n'en méritez.

Vous, Clélie, excusez si j'ai l'âme hautaine;

Et si , dans mes discours, je parois un peu vaine :

Par l'avis de Sapho, je demande vos chants ,

Si chéris des neuf sœurs, si doux et si touchants.

Afin de publier, du couchant à l'aurore,

Que je suis sans égale en l'empire de Flore;

Que la triste hyacinthe avec tous ses appas ,

Et cette fleur qui suit mon père pas à pas,

Les roses de Vénus nouvellement écloses ,

Ajax si renommé dans les Métamorphoses ,

La fleur du beau Narcisse et la fleur d'Adonis,

Toutes doivent céder à la fleur de Louis.

IBibliothèque poétique , par Lefort de La Morinière. Paris, 1745,4 vol. in-12, t. II, p. 519.]

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