‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-jours d'Auvergne en 1665, annotés et augmentés d'un appendice par m. Chéruel, et précédés d'une notice par m. Sainte-BeuveChapitre 131 sur 147 · PO'ÉME DES GRANDS-JOURS · texte numérisé non relu

PO'ÉME DES GRANDS-JOURS

(Voy. p. 237.)

Le poëme dont parle Fléchier était intitulé Arvernia vindicata. L'auteur, dans une Réponse aux Objections, donne une idée du plan qu'il a suivi :

« Ce poëme a trois parties : la préparation, la narration, la conclusion. — La préparation contient 17 vers, et va jusqu'à ces mots : Quis declii, o superi...; qu'on voie les démarches que j'y fais : premièrement, je dis que le crime règne encore au milieu de la paix ; ensuite, j'en cherche les causes ; après , j'en fais espérer la vengeance; enfin, je l'annonce La proposition , qui est comme l'achèvement de la préparation , est conçue en ces trois vers :

Francas en fama per urbes Nuntiat emerita mactatos morte nocentes, Et sceleris pœnas extremaque fata recenset.

La narration commence à ces mots : AiUmnni ad portas, etc. , et tient 220 ou 230 vers. En voici tous les points : Thémis

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s'aperçoit que le crime règue dans l'Auvergne avec toute sorte d'insolence et d'impunité ; elle vient trouver le Roi , et lui représente l'état déplorable où elle a vu ce pays. Ce prince, sensible aux malheurs de ses peuples , y envoie les plus grands hommes du parlement. Le bruit de cette commission est porté aux oreilles des criminels : une partie prend l'épouvante et la fuite; les autres, se promettant tout de leur naissance et de leur crédit, en attendent l'événement. Les juges arrivent et sont rei;us dans Clermont avec mille applaudissements et mille bénédictions. Tous ceux qui ont souffert quelque violence, dans le cours des désordres passés, viennent former leurs plaintes. On arrête les accusés, on les convainc, on les condamne.

a La conclusion commence à Vcnmi ecce repente Musa silet, et lie l'exorde avec la fin d'une manière assez surprenante , ce me semble, et assez naturelle.... »

PROCÈS DU SIEUR DESHEREAUX OU DE ZEREAIT. (Voy. p. 237 et suiv.)

Guy de Léans, sieur de Zereaux, a été fort connu pour son affaire. Pendant le siège de Montrond, il prit le parti de MM. les princes, et, avec une compagnie de chevau-légers qu'il avoit levée, il n'y a point de violences et d'exactions qu'il ne fit dans le Berry. Mais la principale cruauté qu'il y exerça fut que, de son autorité privée, il se saisit de deux pau\Tes paysans qu'il retint pendant huit jours dans un château, où il leur faisoit donner les étrivières chaque jour et leur faisoit tirer des pistolets chargés de sel dans les fesses ; et , après ce temps , il les fit lier sur des chevaux et les mena à un bourg nommé Saint-Pierre des Esteux , où il envoya quérir un prêtre , les fit confesser , et en fit pendre un en sa présence à un arbre , et , voyant qu'il ne mouroit pas assez tôt , il lui mit la main sur le cœur, et, ayant senti quelque mouvement, il lui fit

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