‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-jours d'Auvergne en 1665, annotés et augmentés d'un appendice par m. Chéruel, et précédés d'une notice par m. Sainte-BeuveChapitre 18 sur 147 · INTRODUCTION. XXVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XXVII

blissement des Révérends Pères à Hlermont. On était alors au plus fort de la querelle religieuse ; il n'y avait pas dix ans que les Provinciales avaient paru : Fléchier, on le sent, les a beaucoup lues, et son ironie en profite; mais il garde son jugement libre , et il se moque doucement des deux partis.

Une des idées les plus singulières qu'ont eues les contradicteurs des Grands-Jours lors de la première publication, c'a été de supposer que je ne sais quel philosophe du xviii' siècle y avait intercalé à plaisir des passages ou des historiettes malignes pour faire tort à la religion et à la noblesse , et pour décrier l'ancien régime. S'il fallait discuter sérieusement cette assertion , elle ne subsisterait pas devant les preuves dites positives et matérielles. Il existe une Relation des Grands-Jours d'Auvergne, autre que celle de Fléchier. Dongois, que j'ai déjà nommé, et qui remplissait les fonctions de greffier de la commission des Grands- Jours , le même qui fut depuis greffier en chef du Parlement , et que Boileau , son oncle , a appelé quelque part l'illustre 31. Dongois , rédigea à son retour à Paris , et par curiosité , un récit de ce qui s'était passé à Clermont. Ce récit , en style de procès-verbal , vient contrôler utilement l'élégante chronique de Fléchier, et il la confirme de tout point. « Il en prouve , suivant moi , l'authenticité de la manière la plus évidente. » C'est la conclusion d'un magistrat exact et consciencieux, M. Taillandier, qui a pris la peine d'examiner le manuscrit de Dongois, aux Archives'. Mais , à ne nous en tenir ici qu'à la littérature , n'avonsnous pas aussi nos preuves ? Il y a une historiette , entre autres , celle du curé de Saint-Babel , qui avait sur-

1. Depuis que ceci est écrit, M. Taillandier a développé ses preuves dans une Dissertation, insérée dans ÏAthencXum français du 24 novembre 1855, qui ne laisse rien à répliquer. Il a bien voulu mettre à la disposition des éditeurs actuels, avec une entière obligeance, tout ce qu'il avait recueilli de notes à ce sujet.

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