NOUVELLE DE L'AUTRE MONDE
Vers les bords du fleuve fatal Qui porte les morts sur son onde, Et qui roule son noir cristal Dans les plaines de l'autre monde ;
Dans une forêt de cyprès Sont des routes froides et sombres, Que la nature a fait exprès Pour les promenades des Ombres.
Là, malgré la rigueur du sort, i Les amants se content fleurettes ,
Et font revivre après leur mort Leurs amours et leurs amourettes.
Arrivé dans ce bas séjour, Comme j'ai le cœur assez tendre, Je résolus d'abord d'apprendre Comment on y traitoit l'amour.
J'allai dans cette forêt sombre, Douce retraite des amants,