XXXVIII INTRODUCTION
« Elle se moque, la cruelle, Des vœux et des soins assidus; Les soupirs qu'on pousse pour elle Sont autant de soupirs perdus.
« On a beau lui faire l'éloge De ceux qui l'aiment tendrement, Cœurs françois, gascons, allobroges, Ne la tentent pas seulement. »
c — Que je plains, dit l'Ombre étonnée, Cette Belle au cœur endurci ; Nous la verrons un jour ici Souffrir comme une âme damnée.
t Hélas ! hélas ! un jour viendra Que la prude sera coquette.
Eh ! croit-elle qu'on lui rendra Tous les encens qu'elle rejette?
« Ses chagrins la consumeront ; Elle séchera de tendresse , Et ceux qui la suivoient sans cesse Éternellement la fuiront.
€ Ombres sans couleur et sans grâce, Ombres noires comme charbon, Ombres froides comme la glace.
Qu'importe? tout lui sera bon.
« A tous les morts qu'elle verra , Elle ira faire des avances , Leur dira des extravagances.
Et pas un ne Técoutera.
« Ne crains pas pourtant que sa flamme Lui donne d'injustes transports :
Nous avons les peines do l'âme Sans avoir les plaisirs du corps.
« Tu sais ce qu'elle devroil faire, Et si tu peux l'en informer.
Dis-lui qu'elle soit moins sévère , Et qu'elle se hâte d'aimer.
« Et puisque les destins terribles La forceront, avec le temps,