On a conservé l'orthographe du manuscrit
SUR LES GRANDS-JOURS DE IGOo. 91
l'ois plus d'ambition sous ces apparences de modestie , el qu'elle avoit ouï dire à M. son fils que le pape n'étoit pas plus humble pour s'appeler serviteur des serviteurs de Dieu. Elle donna ses conclusions , et dit qu'on l'appelleroit supérieure , selon l'usage de Paris , et non pas servante. On élut ensuite une trésorière qui garderoitles aumônes et qui tiendroit le coffre des charités, qui n'excèdent jamais la somme de deux ou trois écus ; mais Madame trouva qu'il falloit qu'il y eût de l'ordre dans la distribution de cet argent, et que, pour ne laisser pas trop d'autorité à la trésorière , il falloit que le coffre fût fermé de deux clefs , et que la supérieure en eût une; que ce n'étoit point par aucune défiance, mais pour se conformer aux établissements de Paris , ce qui étoit sa raison plus forte et plus ordinaire. La dernière élection fut celle d'une dame qui eût soin de la distribution, et parce qu'on ne trouve pas ici des sœurs grises, elle expliqua tous les devoirs de cet emploi, le curé ne faisant que louer la providence de Dieu d'avoir suscité une personne de cette vertu et de ce mérite à son église. Quand ces offices furent assignés, elle fit lever les officières l'une après l'autre, les instruisit gravement de tous leurs devoirs, donna des règles à la supérieure, exhorta la trésorière, et s'arrêta particulièrement à donner des leçons à l'économe. Elle lui disoit de quelle grandeur devoit être la marmite de la charité, la quantité d'eau qu'il falloit mettre dedans , et cent autres belles choses qui concernoient son emploi. «■ Vous, vous, madame, lui disoit-elle d'une manière pleine d'instruction et de piété, vous êtes choisie pour nourrir les pauvres qui sont les frères de Jésus-Christ, et qui sont les nôtres ; vous imitez plus particulièrement que les autres Notre-Seigneur dans le sacrement de l'eucharistie, qui se donne à nous en nourriture, selon que j'ai ouï dire à un bon père capucin dans une exhortation qu'il faisoit à une assemblée des dames de notre paroisse ; pour mériter devant Dieu toutes les récompenses de votre emploi, vous devez vous étudier à savoir