MÉMOIRES DE FLÉCHI KR
iM. de Veyrac l'ut une de celles qui méritoit plus de iiunition. C'étoit un gentilhomme de ces provinces qui tenoit fort bien son rang, et qui se faisoit craindre dans son voisinage. Il n'y eut qu'un notaire qui se sentant fort propre à verbaliser, et croyant que la témérité de la noblesse n'iroit pas jusques à s'en prendre à sa profession, tant à cause du besoin qu'on en a qu'à cause de la crainte qu'on en doit avoir, se déclara contre lui dans quelque occasion qui se présenta, et eut le courage de faire informer, quelques menaces qu'on lui fît, et de témoigner même quelque mépris. Cela parut si étrange à cet honnête homme qui n'étoit pas accoutumé à souffrir de ces procédures, et qui ne vouloit avoir affaire ni à la justice ni à ses officiers, qu'il résolut de s'en venger et de faire une action d'éclat. Il assembla donc quelques-uns de ses amis et quelques traîneurs d'épée des villages voisins, et alla assiéger la maison de ce pauvre homme, qui, se voyant réduit à l'extrémité, résista de toutes ses forces, et se fortifia du mieux qu'il put, résolu de vendre chèrement sa vie. On s'étonnera de savoir qu'un homme de cette profession ait eu la hardiesse de soutenir les premières violences d'un gentilhomme, et que n'ayant aucune défense que celle qu'il tiroit ordinairement de sa plume et de ses procédures, il ait pris les armes pour repousser ses ennemis. Mais lorsqu'il s'agit d'éviter la mort, tout homme, soit-il notaire, devient soldat, et ces âmes ordinairement paisibles et qui ne savent que la guerre du procès, deviennent terribles lorsque le désesjjoir les enflamme. Ils sont toujours propres à chicaner, et tournent presque tous les artifices dont ils se servent contre les parties, contre ceux qui les attaquent par violence. Il se retrancha donc contre les assauts de l'assiégeant, et se défendit jusqu'à ce qu'on eût forcé la première porte. Il se réfugia dans une chambre, et résolut de faire briser toutes les portes de sa maison avant que de se rendre. Enfin il menaça d'ouvrir et de tuer le premier qui se présenterait ; mais h; gentilhomme, qui ne vouloit point hasarder ses gens, ou qui
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craignoit que sa violence faisant trop d'éclat , n'excitât quelque émotion, crut qu'il étoit plus à propos de lui offrir composition ; de sorte que , traitant avec lui et lui promettant de lui sauver la vie, il l'obligea d'ouvrir la porte et de se remettre entre ses mains. Mais il reconnut bientôt la faute qu'il venoit de faire, et son ennemi , aussi perfide qu'il étoit violent, ne se crut pas obligé de tenir la parole qu'il lui avoit donnée, et lui tira un coup de pistolet, donna ensuite sa maison au pillage. Cette action parut à la cour tout à fait punissable, et l'auteur fut condamné à des amendes considérables, à la démolition de sa maison, et à la perte de sa tête.
Ce n'est pas assez de punir les crimes commis , il faut que la justice empêche les désordres qui peuvent arriver ; il faut qu'elle soit sévère pour le passé, et prévoyante pour l'avenir', et qu'elle donne des arrêts et fasse des règlements selon les rencontres. C'est ce que faisoit la cour des Grands- Jours, qui, étant établie pour réprimer les oppressions et pour corriger les dérèglements des provinces, n'avoitrien de plus pressant que de remettre l'ordre dans l'étendue de son ressort ; et comme un des premiers abus dans la distribution de la justice est l'ignorance ou la lâcheté des juges, M. Talon représenta qu'il falloit leur donner quelques règles pour les conduire, et quelques dépendances pour les tenir dans la retenue. Sa requête fut mise entre les mains de M. Xau, qui est un excellent homme pour faire et pour rapporter ces sortes de règlements, et qui a été d'un grand usage pendant tout le cours des affaires de ces provinces ; et sur ses mémoires, la cour ordonna ' : 1° que les seigneurs hauts justiciers seroient tenus de nommer pour leurs juges des personnes de probité et de capacité, et qu'ils auroient soin qu'ils fussent exacts en l'exercice de leurs charges, à peine d'amende arbitraire pour la première fois, et d'être
1. Le Journal de Do7igois,'k la date du 10 décembre 1665. donne textuellement le règlement relatif aux hautes justices.
responsables civilement de leurs fautes , en cas de récidive ; 2° que les juges seroient obligés d'informer de tous crimes et faire les procès de leur compétence, soit qu'il y ait partie civile ou non ; 3° qu'ils instruiroient les procès où il n'y aura partie civile, gratuitement et sans épices; ce qui s'observera aussi en cas que la partie soit pauvre et ne puisse fournir aux frais ; ce qui se doit encore observer dans les affaires civiles , en cas de pauvreté des parties ; enfin , que les seigneurs seront obligés de faire punir les crimes commis dans leur territoire, à peine de privation de leur justice pour eux, et de privation d'office pour les juges; qu'il seroit informé de toutes les compositions faites par les juges ou seigneurs avec les accusés, et le procès fait et parfait selon les ordonnances ; 4" que les juges seroient tenus de prononcer contre les accusés, suivant la rigueur des ordonnances, sans prétendre de modérer la peine pour obliger les accusés d'acquiescer à leurs jugements, à peine d'interdiction contre les juges ; 5° défenses leur sont faites de recevoir l'acquiescement des condamnés à mort et aux galères, et leur est enjoint de les envoyer incessamment sous bonne et sûre garde dans la conciergerie du palais, et leur procès au greffe de la cour ; 6» que tous les seigneurs hauts justiciers seroient tenus d'avoir des prisons fortes et en bon état, un geôlier pour leur garde, et un registre chiffré au commencement et à la fin ; 7» que les seigneurs fourniront le pain aux accusés de crimes, auront un auditoire certain pour rendre la justice, et un lieu sûr pour être le dépôt des greffes; 8° que toutes les minutes des greffes seront aussi mises dans un dépôt pubhc, qui sera établi aux frais des propriétaires des greffes , dans le lieu où se rend la justice.
Il seroit trop long de mettre ici tous les articles du règlement. Il suffit de savoir qu'ils sont tous faits pour régler l'ordre, la sûreté et l'usage des minutes des procédures des greffes , et pour empêcher les seigneurs et les juges subal-
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ternes d'en disposer à leurs volontés, et d'abuser des droits de leur justice'.
Ces règlements se faisoient à loisir et sans interrompre le cours des affaires , et c'étoient les moindres occupations de la justice, quoiqu'elles ne soient pas peut-être les moins importantes. Le grand emploi de ces Messieurs étoit d'examiner les informations contre la noblesse, et de purger les montagnes d'une infinité de désordres que l'impunité et l'ignorance y ont introduits. Le crime, qui est toujours accompagné de honte et qui cherche naturellement les ténèbres , n'a point trouvé de retraite ni plus sûre ni plus secrète que ces rochers escarpés que la nature semble n'avoir pas faits pour des personnes raisonnables , et n'avoir désignés que pour l'habitation des animaux. Il s'y trouve des hommes qui le sont si peu , qu'on n'y connoît aucune marque de raison , ou parce que vivant sans instruction, ils sont abandonnés au désordre de la nature déréglée, ou parce qu'étant séparés de toute sorte de société et de politesse , ils ont des exemples de mahce ou de grossièreté, et n'en ont aucun de douceur et de modération dans la vie. Ainsi, quoiqu'il s'y passe des choses qui font horreur, on peut dire qu'ils sont simples et ignorants par malheur, et qu'ils sont méchants par simplicité ; il est vrai qu'il s'y trouve des simplicités toutes pures.
Celle d'un curé de village que nous avons vu ici est de cette dernière espèce. Il avoit fait une action qui fit du bruit dans sa paroisse , qui lui donna de grands remords , et qui faillit à lui faire perdre son bénéfice. C'étoit un homme fort attaché à ses fonctions et à l'administration des sacrements, et qui aimoit particulièrement à marier et à enterrer dans son église , faisant grand cas et des mariages et des convois , parce que , par les uns , il contribuoit au dessein de
1. Voy. le Becueil des arrêts^ déclarations, etc., de la cour des Gmncis- Jours. Clermont , Jacquard , 1C66, in-4. Le règlement dont parle Flécliier y a été imprimé p. 147 et suiv.
Dieu de peupler le monde , et par les autres , il suivoit l'usage de l'Eglise : il prioit pour le repos des fidèles ; mais il trouvoit encore une raison assez touchante dans ces deux emplois , c'est que c'est une coutume louable dans ces provinces de prier le curé à la noce , après qu'il a fait les cérémonies de l'administration du sacrement et donné la bénédiction aux mariés , et de l'arrêter à un festin , qui n'est pas quelquefois trop funèbre, après qu'il a chanté les prières des morts. Ce repas des noces ou des funérailles le rendoit fort assidu en ces occasions. Un jour qu'il étoit à la noce assis au bout de la table, un chien qui vouloit avoir sa part du divertissement et profiter de la fête, s'approcha de lui et lui enleva tout ce qu'on lui avoit servi sur son assiette. L'action ne parut pas honnête , et il témoigna à ses paroissiens que c'étoit contre les bonnes mœurs d'entretenir des animaux si mal appris , et se contenta pour cette fois de faire la leçon au maître. Après cette petite émotion , il se remit à manger, et l'on lui servit de ce qu'il y avoit de plus délicat sur la table ; mais à peine étoit-il consolé du premier affront , qu'il lui en arriva un second par une seconde insolence du même chien. Après, ne pouvant pas modérer son premier mouvement, il le poursuivit quelques pas et lui donna un coup de pied, et croyant l'avoir chassé bien loin de lui, ne pensoit plus qu'à se réparer des distractions qu'il avoit eues. Mais ni ses menaces ni ses coups ne rendirent point son ennemi plus sage ; il revint plus délibéré qu'auparavant, et lui fît une troisième insulte. Cela sembla trop offensant et trop obstiné à ce bonhomme ; et n'ayant pas assez de patience pour souffrir ce dernier malheur, il prit son couteau et le darda si à propos contre ce ravisseur, qu'il lui perça le flanc et le laissa mort. Ce fut un désordre fort grand : toute la joie du festin fut changée en étonnement et en tristesse. Le maître pleuroit la perte de son chien, et le curé pleuroit le meurtre qu'il venoit de faire. Les autres le jugeoient indigne , après cette action, de faire
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aucune fonction ecclésiastique , et l'estimoient aussi irrégulier et aussi punissable que s'il avoit tué la mariée. Sur cela, on jeta un dévolu sur son bénélice, et le pauvre homme se voyant pressé vint demander des lettres de grâce , et donna bien du divertissement aux juges. Comme je trouvois étrange qu'on ne sût pas distinguer les meurtres et qu'on connût les dévolus , on me répondit que la simplicité n'alloit pas jusqu'à détruire la cupidité , et que l'intérêt et le désir d'avoir leur enseignoit ce que personne ne pouvoit leur avoir appris ; et ils habitent dans des villages séparés du reste de la province par des rochers presque inaccessibles , et par des remparts de neiges qu'on ne sauroit franchir que dans les chaleurs de l'été, et qui les tiennent assiégés dans leurs maisons la plus grande partie de l'année. Cette historiette et quelques autres de peu d'importance ont diverti la dernière séance des Grands- Jours avant les fêtes de Noël , et tous ces Messieurs qui souhaitoient du repos se disposèrent à passer le lendemain dans les exercices de piété, et ne songèrent plus qu'à s'accuser eux-mêmes et à se punir par la pénitence '.
Ce même jour, M. le président reçut bien de la joie de l'heureuse couche de Mme Ribeyre, sa tille. Les soins et les bontés particuhères qu'il a pour ses enfants et l'attachement qu'il témoigne pour sa famille , lui rendent toutes les choses qui regardent ou sa prospérité ou leur divertissement bien plus sensibles qu'aux autres pères. L'inquiétude qu'il avoit pour elle . la joie qu'il eut lorsqu'il apprit qu'elle étoit délivrée, et particulièrement le soin qu'il avoit eu de faire venir de Paris le renommé Boucher, étoient des marques de sa tendresse. Il eût volontiers ouvert toutes les prisons des Grands- Jours et accordé toutes les grâces qu'on accorde à la naissance des dauphins de France. Mais, parce que la justice ne souffroit pas qu'on brisât les fers des prisonniers et
1. Dongois donne les lettres de rémission où cette ridicule affaire se trouve relatée. Voy. Appendice^ n" XXI.
qu'on ouvrît les portes des cachots à tant de coupables , il se contenta de donner la liberté à M. le comte d'Apchon, qui est un des principaux seigneurs de la province, qu'on accusoit de quelques concussions, et qu'on avoit depuis quelques jours fait conduire dans les prisons. M. Le Peletier, qui avoit eu commission de visiter la haute Auvergne, et qui fouilloit les greffes de toutes les montagnes avec plus d'exactitude qu'on ne sauroit s'imaginer, sur quelques plaintes qu'on lui avoit faites de sa conduite, l'envoya à Clermont sous la conduite d'un exempt, où il eut d'abord la ville pour prison , et protesta partout qu'il n'étoit pas en peine de justifier ses actions ; qu'il n' avoit point excédé ses droits , et qu'il avoit ses titres tout prêts pour rendre compte de sa manière d'agir dans ses terres. La liberté qu'il avoit de voir le monde et de se divertir lui faisoit trouver son séjour en cette ville assez agréable. Mais M. Le Peletier ayant écrit qu'il n'étoit pas si innocent qu'il paroissoit, et ayant informé la cour de quelques nouvelles plaintes qu'il avoit reçues contre lui , on le fit arrêter tout à fait , et lui ôtant le peu de liberté qu'il avoit dans la ville , on le mit au nombre des criminels déclarés dans la prison , où , rappelant dans son esprit les idées fâcheuses Je quelques années qu'il avoit passées dans la Bastille , il souffroit toutes les peines que son malheur présent et le souvenir du passé lui faisoient sentir, et étûit tourmenté de deux prisons à la fois. Il auroit été jusqu'à la fin des Grands-Jours en cet état , si la sollicitation de Mme de Chàteaugay et l'heureuse rencontre des couches de -Aime Ribeyre, ne l'eussent fait remettre dans sa première liberté, en attendant qu'il se justifie'. Toutes les dames faisoient leur cour en ces occasions et à M. le président et à l'accouchée, et même à M. Boucher, qui reçut ici des honneurs extraordinaires. La ville le visita et lui fit des présents , comme on fait aux personnes qu'une grande di-
1. Xov. Appendice, n° XX, un extrait de l'arrêt de condamnation prononcé contre le comte d'Apchon.
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gnité ou quelque grand emploi rendent considérables aux provinces. Tout le monde le regardoit comme une personne vénérable, et la pauvre petite faculté de médecine et de chirurgie de Clermont lui rendoit ses très-humbles hommages. On l'appela par honneur à plusieurs consultations, et M. de Novion le traita toujours avec toute la civilité qu'il croyoit devoir à un homme qui venoit de Paris pour son service , et qui quittoit des pratiques qui pouvoient lui être fort importantes. Il fut défrayé de ses voyages, il eut 1800 francs ; il remporta plusieurs présents , et tout cela n'empêcha pas qu'il ne se plaignît un peu de son voyage. Mme de Fleury, sœur de M. Talon, qui étoit accouchée depuis un mois , n'eut aucun regret de n'avoir employé qu'une bonne femme qui passe pour très-habile en son métier, et qui n'est point du tout difficile à contenter.
La fête se passa en dévotion , depuis le matin jusqu'au soir. Toute l'assemblée fut dans l'église des pères de l'Oratoire, oij l'on lit ce jour-là une solennité particulière à cause de la dévotion de l'enfant Jésus qu'ils ont établie dans toutes leurs maisons. J'avois été prié d'y prêcher, et je puis dire que l'auditoire y fut aussi plein et aussi choisi qu'un auditoire de Paris. Tous les Messieurs des Grands-Jours, toutes les dames de la ville , et tout le monde poli de la province que la douceur de la compagnie et des divertissements de Clermont ou la nécessité de leurs affaires avoit attiré , s'y trouvèrent. 11 fallut haranguer devant les premiers orateurs du parlement, et prêcher la justice à ceux qui la rendent ; il fallut leur prononcer les maximes de l'Évangile avec autant de gravité qu'ils prononcent eux-mêmes leurs arrêts; faire le juge des juges mêmes, et leur parler de la chaire avec autant d'autorité qu'ils parlent de leur tribunal. Les fêtes se passèrent assez tristement à cause des neiges et de la rigueur de la saison. Tout ce qu'on put faire pour ne s'ennuyer pas ces trois ou quatre jours, fut de jouer chez les principaux et de se tenir en conversation auprès d'un bon feu.
Aux premières audiences', on jugea le procès de Mlle de Beauvesé, qui est, comme j'ai déjà dit, une fille bien faite, et qui seroit fort agréable si elle n'affectoit pas tant de l'être. Je crois pourtant que ce n'est pas tant par atTectation que par habitude. Son esprit est assez médiocre , et pour peu que les douceurs qu'on lui dit fussent enveloppées, ce n'étoit plus douceurs pour elle. Je vis un homme qui lui faisoit des déclarations d'amour dont elle ne s'apercevoit pas , et qui trouvoit , après avoir bien parlé de sa passion naissante , qu'on étoit malheureux de l'aimer, et d'avoir de l'esprit. Je me souviens qu'un soir, après souper, elle nous dit cent ingénuités qu'elle appeloit des malices, et qu'elle donna bien du divertissement à deux ou trois dames qui avoient de l'esprit et qui l'engageoient à montrer qu'elle n'en avoit pas beaucoup. Ce n'est pas qu'elle ne tut assez agréable en conversation ordinaire , particulièrement lorsqu'elle débitoit son discours sur la maison de Savoie et sur Mme la Comtesse. Elle étoit fille d'un gentilhomme de Provence, qui, s'étant allié avec une personne qui n'étoit pas de sa qualité, et ayant fort mal conduit ses affaires, avoit réduit sa maison à un éiat assez misérable. Il s'agissoit de rentrer dans un bien engagé, et de soutenir cjuelques arrêts contre lesquels on s' étoit pourvu en vertu de requête civile. Les avocats tinrent plusieurs audiences, et leurs plaidoyers étoient si embarrassés dans des formalités de droit , et chargés d'un si grand nombre de procédures, qu'après avoir ouï leurs discours , je ne fus pas plus instruit qu'auparavant du droit des parties, ni du fait même de la cause. Comme je me plaignois de mon peu d'intelligence devant quelques-uns des juges, ils me consolèrent en m'assurant qu'ils n'y avoient rien compris eux-mêmes. Aussi l'affaire fut appointée au grand regret de tout le monde , qui étoit persuadé ou qui vouloit l'être du bon droit de la demoiselle. Elle avoit prié