‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-Jours d'Auvergne en 1665 (volume 2)Chapitre 46 sur 98 · NOTICE SIJK LES GRANDS-JOURS. 30S · texte numérisé non relu

NOTICE SIJK LES GRANDS-JOURS. 30S

mtre Findépendance provinciale et la domination complète du x)avoir monarchique.

Aussi les rois eurent-ils soin d'étendre aux autres provinces l'institution des Grands-Jours. Après l'expulsion des Anglais, m 1453» et lorsque Louis XI eut triomphé des ducs de Bourgogne, des commissaires furent chargés d'aller tenir les Grands- Jours à Poitiers (1454), à Thouars ( 1455), à Bordeaux (1456 et 1459), à Montferrand (1481). Le ressort de ces tribunaux embrassait tout le centre de la France, et principalement les provinces de Bourbonnais , d'Auvergne , du Berry , de la Marche, de l'Angoumois. Ils y combattirent la tyrannie féodale qui s'était relevée pendant la guerre de Cent ans, et rétablirent partout l'ordre et l'autorité monarchique ^

Aucun roi n'eut recours aussi souvent que François I" aux assises extraordinaires des Grands-Joiu*s. On en trouve douze de 1519 à 1547. Du 12 septembre au 10 novembre 1519, des membres du parlement de Paris siégèrent à Poitiers pour juger en dernier ressort tous les procès des provinces de Poitou, Anjou, Bilaine, Touraine, Angoumois, Marche et gouvernement de la Rochelle. L'année suivante, des commissaires tinrent les GrandsnJours à Montferrand et étendirent leur juridiction sur la haute et basse Auvergne, le Bourbonnais, le Nivemab, le Forez, le Beaujolais, les bailliages de Saint-Pierre leMoutier, de Montferrand, du Lyonnais, de la Marche, etc. Il nous suffira, pour donner une idée de la nécessité de ces assises et de leur influence, de citer un passage d'un historien contemporain, qui parle des Grands- Jours tenus à Poitiers en 1531.

• Depuis six ou sept ans, dit du Bouchet dans ses Annales (TAquilaine*^ aucuns gentilhommes se vouloient faire croire exemptés de l'autorité du roi ; plusiemrs, sans titre, s'emparoient de bénéfices, les tenant par force et violence, contre ceux qui en avoient joui par plus de quinze et vingt ans à bon titre, de sorte que les juges royaux n'avoient plus d'autorité, et n'y

1. Je ne puis qu'indiquer les résultats dans cette notice rapide. Les matériaux de rhistoire des Grands-Jours existent dans lea registres conservés aux archives de TEmpire. C'est là surtout qu'on pourra étudier la lutte longue et acharnée de la royauté contre les résistances féodales , et se faire une idée exacte de la situation des provinces.

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