PROCÈS DU VICOMTE DE LA MOTHE-CANILLAC
(Voy. p. 52.)
Le vicomte de La Mothe-Canillac, riche de trente mille livres de rente, et de Tune des premières maisons d'Auvergne , fut arrêté le vendredi 25 septembre , à cinq heures du matin , à Clermont. Le bruit étoit qu'il alloit partir pour se sauver , quoiqu'il fût venu, à ce que l'on en disoit dans la ville, comme le plus irréprochable de ces gentilshommes, avec intention d'être le bureau d'adresse de ceux qui seroient, pendant les Grands-Jours, en peine. Il avoit donné, en 1654, à un gentilhomme nommé Alexandre de Montservier, sieur d'Orsonnette, cinq mille livres, pour lever ime compagnie de cavalerie. D'Orsonnette prétendit qu'il n'avoit pas entendu s'engager contre le service du roi , et qu'il croyoit que le sieur de La Mothe eût commission de Sa Majesté , et dissipa sa compagnie. Le sieur vicomte de La Mothe , irrité , protesta publiquement de se venger de d'Orsonnette, et de le chargée. en quelque lieu qu'il le trouvât. Des gentilshommes de la pro^^ vince s'entremirent de l'accommodement , et firent passer une obligation de la somme par d'Orsonnette , au profit du sieur vicomte de La Mothe. D'Orsonnette, dans le temps que l'obligation fut passée , avoit fait des protestations qu'elle avoit été tirée de lui par force , et qu'il avoit rendu la somme. Il prit , peu de temps après, des lettres pour se faire restituer contre l'obligation; ce qui aigrit tellement le sieur de La Mothe, qtfil envoya , comme il étoit prouvé , plusieurs fois des cavaliers pour ruiner les jardins de d'Orsonnette , et l'attendre à la sortie de sa maison pour 'l'assassiner ; et enfin il parut , par le procès , que le sieur de La Mothe ayant su que d'Orsonnette devoit aller avec deux sergents faire donner un exploit à la marquise d'Allègre , et qu'il falloit nécessairement qu'il tra-