ARRIVÉE DES COMMISSAIRES A GLERMONT
carrosse siiivant, en descendirent. Le marquis de Canillac, au nom de la noblesse, félicita MM. les commissaires de leur arrivée, et leur protesta toute sorte de respect et d'obéissance par un discours dont ils parm*ent extrêmement satisfaits. M. le président l'assura aussi que sa compagnie avoit une considération particulière pour la noblesse du ressort, et ensuite ceux de MM. les commissaires qui étoient descendus de leurs carrosses y remontèrent et suivirent le grand chemin. Le marquis de Canillac et les gentilshommes qui l'accompagnoient prirent le chemin de détour par les prés de Montferrand.
Sur la route de MM. les commissaires, les consuls de Montferrand, les élus, les officiers du présidial de Clermont, le sieur président de Vinzelles, portant la parole pour les derniers, les officiers du bailliage de Montferrand, tous en corps différents, revotas de leurs habits de magistrature, se présentèrent successivement à la portière du carrosse de M. le président, où chaque corps harangua par la bouche de l'un des premiers officiers. M. le président leur répondit à tous, ayant son chapeau à la main.
Sur les cinq heures du soir, MM. les commissaires arrivèrent à Clermont et descendirent en la maison du sieur Ribeyre d'Opme, ci-devant lieutenant général, destinée pour le logement de M. le président, où presque aussitôt M. Montorzier, second président de la cour des aides, arriva avec sept conseillers, et M. du Vemet avocat général, députés de cette compagnie. M. du Vemet, qui portoit la parole, dit à ces Messieurs que leur compagnie les avoit députés pour leur témoigner la joie extrême qu'elle avoit du choix que le roi avoit fait de leurs personnes pour effacer les restes des désordres que les guerres civiles avoient laissés dans les provinces qui leur étoient commises. Il les assura que la cour des aides auroit toujours une très-grande estime et im très-grand respect pour eux, et il les pria de sa part d'accepter le tribunal de la cour des aides, qui étoit plus commode que le présidial pour la séance et le palais des Grands-Jours. M. le président les remercia au nom de la compagnie de leur civilité, et accepta l'offre qu'ils avoient faite de leur tribunal, sans parler d'une lettre de cachet du roi que Ton avoit apportée pour cela* ; et, après quelques compliments
1. Elle leur fut envoyée le soir par un huissier. (Note de Dongois.)
réciproques, MM. les députés de la cour des aides prirent congé. M. le président et la plupart de ces Messieurs, qui étoient avec lui dans sa chambre, les reconduisirent jusques à la porte de la rue.
Peu de temps après, ces Messieurs étant remontés, les échevins, les élus, les consuls et les officiers du présidial de Qermont les vinrent encore saluer. Les députés du chapitre de Téglise cathédrale y vinrent aussi, le sieur abbé Champflour, portant la parole, et après eux les députés des autres chapitres et des communautés religieuses.
M. Tévèque y vint le dernier, suivi de son officiai^ et de ses aumôniers. Après les premiers compliments, M. le président le pria de dire la messe le lendemain à l'ouverture, ce qu'il accepta avec civilité, et il témoigna qu'il auroit beaucoup de joie de contribuer de son ministère à une œuvre si sainte et si utile pour le repos et le soulagement de la province. Il fut arrêté que la cérémonie se feroit dans la nef de la grande église, à cause que la salle des procureurs et les chapelles du présidial et delà cour des aides étoient trop petites, et, après quelques autres discours, M. l'évêque prit congé. M. le président et quelquesuns de MM. les commissaires le reconduisirent, comme ils Hvoient fait les députés de la cour des aides.
Il y avoit eu des logements marqués pour MM. les commissaires et pour les autres officiers chez les plus considérables habitants de la ville , par les soins du sieur Bardin , conseiller du présidial '. Messieurs allèrent visiter les leurs et revinrent souper chez M. le président.
1 . Juge d'église qui prononçait dans les questions déférées au tribunal de l'évêque.