‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-Jours d'Auvergne en 1665 (volume 2)Chapitre 63 sur 98 · LETTRE DE M. DE CAUMARTIN AU CHANCELIER SÉGUIER · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. DE CAUMARTIN AU CHANCELIER SÉGUIER

(Voy. p. 56.)

A Clermont, ce 13 octobre 1665.

Monseigneur,

Quand le Roy employé des personnes aussy peu éclairées que je le suis , et qui ont autant de peur de se mesprendre en exécutant ses ordres , il vous expose à bien des importunitez , puisque , dans tous les doutes qui surviennent , nous sommes obligés d'avoir recours à vous comme à la source de la justice, de nous régler par vos lumières, et d'apprendre le véritable sens des loix de vous , Monseigneur, qui estes la loy vivante et le véritable interprète des intentions de Sa Majesté. Permettés-moi donc de vous déduire une difficulté que j'ay dans la fonction du sceau. Je vois que le Roy ûe veut point abolir de crimes commis dans l'estendue des Grands- Jours ; mais je ne sçay s'il entend exclure pareillement toutes les grâces que l'on peut donner au petit sceau pour les cas qui sont tout-à-fait rémissibles par les lois et par les ordonnances. J'ay creu jusques à présent que ce n'estoit pas là l'intention du Roy, ces lettres estant , à proprement parler, plustost de justice que de grâce, et une formalité que nous observons en France que , toutes les fois qu'il y a mort d'homme , soit qu'elle soit arrivée par cas fortuit, ou dans une légitime défense, il faut avoir recours au prince pour en accorder le pardon , et ce n'est point aux compagnies souveraines à le suppléer.

Il me semble aussy, Monseigneur, que je vous ay tousjours oûy tenir que l'on peut librement accorder ces sortes de lettres qui sont en connoissance de cause, parce qu'elles engagent les coupables à se représenter à justice , et lors on examine si le cas est rémissible et s'il est conforme aux charges. Il est vray

\ . Celle lettre autographe se trouve dans les papiers du chancelier Séguier Mss. Bibl. imp. , Saint-Germain fr. , n« 709, t. XL, fol. 156.

que souTOit un accusé déguise un fait et a recours à ces lettres pour reculer le jugement de son procès par des chicanes. G*estoit peut^-estre Tintention du sieur de La Motte-Canillac, lorsqu'il m*en a fait demander par toute sa famille avec des instances et des clameurs toutes extraordinaires , comme si c*estoit la dernière injustice de luy fermer les voyes de droit , qui sont ourertes à tous les sujets du Roy. Je luy ay accordé des lettres sur un cas tout-à-fait rémissible qui ne sera peut-estre pas confirme aux charges; mais ce n*a esté qu*après avoir fait passer un apointemoit entre Taccusé et Taccusateiir, que Ton dict estre présentement d'accord ensemble, par lequel ils emploient, pour moyens d*ohreption et de subreption et response à iceux , tout ce qui est au procès , de manière que les lettres ayant esté leues ce matin à Taudience, le procès n*est point hors d*estat, et elles n*empescheront pas qu'on ne le juge cette semaine : j*ay creu, par cette conduite , satisfaire à tout en faisant voir qu*on ne refuse point les choses de justice, et retranchant en mesme temps tous les moyens de chicaner. J*attendray, Monseigneur, que vous me prescriviez comme j'en doibs user à l'advenir et j'exécuteray tousjours vos ordres avec grand respect, estant,

Monseigneur,

Vostre très humble et très obéissant serviteur,

De Caumartin.

Si.

U TUBÉREUSE, A CLÈLIE.

(Voy. p. 58.)

Des bords de TOrient je suis originaire

Des astres le plus beau , le soleil est mon père.

Le printemps ne m'est rien ; je ne le connois pas ;

Et ce n'est point à lui que je dois mes appas.

Je l'appelle en raillant le père des fleurettes ,

Du fragile muguet, des simples violettes,

Et de cent autres fleurs qui naissent tour à tour;

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