LA TUBÉREUSE, A CLÉLIE
Mais de qui les beautez durent à peine un jour.
Voyez-moi seulement, je suis la plus parfaite :
J'ai le teint fort uni, la taille haute et droite;
Des roses et des lis, j'ai le brillant éclat,
Et du plus beau jasmin le lustre délicat.
Je surpasse en odeur et la jonquille et l'ambre ;
Et le plus grand des rois me souffre dans sa chambre....
A son air de héros , à ses exploits guerriers ,
On eût dit que son cœur n'aimoit que les lauriers,
Que seule à ses faveurs la palme osoit prétendre ;
Cependant il me voit d'un regard assez tendre.
Après un tel honneur, cédez , moindres beautez :
Vous avez plus de nom que vous n'en méritez.
Vous, Glélie, excusez si j'ai l'âme hautaine;
Et si , dans mes discours, je parois un peu vaine :
Par l'avis de Sapho, je demande vos chants ,
Si chéris des neuf sœurs, si doux et si touchants.
Afin de publier, du couchant à l'aurore,
Que je suis sans égale en l'empire de Flore ;
Que la triste hyacinthe avec tous ses appas ,
Et cette fleur qui suit mon père pas à pas ,
Les roses de Vénus nouvellement écloses ,
Ajax si renommé dans les Métamorphoses,
La fleur du beau Narcisse et la fleur d'Adonis,
Toutes doivent céder à la fleur de Louis.
IBibliothèque poétique , par Lefort de La Morinière. , Paris, 1745, 4 vol. in-12, t. II, p. 619.1
RÉFORME EGGLÈSIASTIQUE.
(Voy. p. 88.)
Le règlement relatif aiîx affaires ecclésiastiques provoqua une réclamation de l'assemblée du clergé alors réunie à Paris. Voici le texte de cette réclamation :
« Sire,
« L'Église de votre royaume , qui se prépare à vous demander justice de toutes les blessures mortelles qui ont été faites à la juridiction que le Fils de Dieu lui a confiée, se trouve si pressée du dernier coup qu'elle vient de recevoir, par un arrêt de la