‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-Jours d'Auvergne en 1665 (volume 2)Chapitre 7 sur 98 · INTRODUCTION. XI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. XI

de Tancien évêque Bertaut, ou encore œux de Godeau, évêque de Yence, sont ce qiie j'appelle des vers élégants et polis d'avant Despréaux. Ceci se rattache à la remarque la plus essentielle dans une appréciation littéraire de Fléchier : il appartient, par le goût et par la manière, à la société de l'hôtel Rambouillet , et aux gens de lettres de la première Académie dont il était en quelque sorte l'élève ; c'est là, c'est dans ce double cercle qu'il prit son pli à l'heure où son talent se forma, et il le garda toujours, même en se développant par la suite et en s'élevant ; mais il ne se renouvela point.

On a de Fléchier d'autres vers français que ceux qui ont été recueillis dans ses Œuvres complètes, et ils justifient encore mieux , s'il est possible , la filiation que j'établis. Un manuscrit de la Bibliothèque impériale (Suppl. fr., n* 1016 in-fol.), qui a appartenu à M. de Boze, porte en marge à la première page : JuvenUia Flecheriana* ; et en tête : Diverlis^ $ementSy jeux d'esprit ou pas$e4emps de la jeunesse d'u/ne des premières plumes de ce siècle^ et au-dessous : Amusements de la jeunesse d'un homme illustre. Ce petit recueil se compose de quelques pièces de vers et de prose qui auront paru trop galantes et trop légères pour entrer dans les Œuvres imprimées •. Elles sont bien de celui qui, devenu prélat, ne négligeait pas de correspondre avec Mme Deshoulières et avec Mlle de Scudéri , et qui écrivait à la première : « Quelle joie pour moi, madame, de trouver, après le cours ennuyeux d'une visite de diocèse, une lecture aussi délicieuse que celle de vos Poésies! Je croyois n'avoir plus de goût que pour les soins de l'épiscopat et pour les règles de la discipline de l'Église ; mais j'ai senti que j'aimois encore les sonnets , les stances et les idylles, et qu'au milieu des occupations les plus sérieuses j'étois encore capable d'amusement. Vous m'avez

1. Il faudrait, selon les analogies de la bonne latinité, Flexiariana.

2. Je renvoie à la fin de l'Introduction , sous le titre de note A , la publication que je fais en entier d'une de ces pièces.

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