‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-Jours d'Auvergne en 1665 (volume 2)Chapitre 78 sur 98 · PROCÈS DU BARON DE SÉNÉGAS · texte numérisé non relu

PROCÈS DU BARON DE SÉNÉGAS

cinquante témoins qui lui furent coniErontés, il y avoit des informations, des décrets, des sentences de galères ou de mort en blanc contre les témoins , de sorte qu'il ne manquoit pas de les reprocher par ces fausses informations et sentences qu'il avoit fait signer par ces juges mêmes. Il les remplissoit du nom des témoins à mesure qu'il en avoit à faire. Il fut même si imprudent qu'il gardoit avec lui les informations dans la prison du For-l'Ëvêque*, où le commissaire Manchon saisit sa cassette, par Tordre de la Chambre de justice, et trouva ces informations en blanc. L'affaire presque tout instruite fut renvoyée aux Grands-Jours où elle fut jugée. Elle passa in mitiorem\ y ayant eu huit voix à la mort et sept au bannissement perpétuel.

xxiir

PROCÈS DE 6UIUÂUME DE CANILUG, MARQUIS DU PONT-DU-GHATEAU , SÈNiCHAL DE CLERMONT.

(Voy. p. 220 et 224.)

On a dit que cette affaire &t résoudre au conseil la tenue des Grands-Jours en Auvergne; car le sieur Chardon, conseiller de la cour des aides de Clermont, et la mère de sa femme en firent tant de bruit et en donnèrent tant de placetg au Roi, qu'outre que Sa Majesté avoit reçu de grandes plaintes des violences et des tyrannies de la noblesse d'Auvergne , et qu'il n'étoit bruit que des crimes des d'Espinchal et des Canillac, elle se détermina de faire tenir les Grands-Jours en cette province. Ce gentilhomme fut près de trois mois dans la tour de la Monnoie de Clermont, pendant lesquels le sieur Chardon rechercha sa vie avec grande exactitude; et, néanmoins, après toutes ces recherches, l'affaire se trouva très-légère, et surprit d'autant

1. Le For-rÉvêque (/"onim episeopi) était primitiTement le Heu où l'official (juge) de l'évêque de Paris avait son tribunal et ses prisons.

2. On adopta le parti le plus doux , comme aujourd'hui lorsqu'on admet des circonstances atténuantes.

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