‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-Jours d'Auvergne en 1665 (volume 2)Chapitre 79 sur 98 · Journal de Dongois , fol. 200 et · texte numérisé non relu

Journal de Dongois , fol. 200 et

plus qu'on Favoit publiée pour être fort extraordinaire et fort criminelle.

Le sujet des plaintes de Chardon étoit qu*ayant procès contre Antoine Fayol, père de sa fenune, pour le payement de quelque rente viagère qu'il s'étoit réservée par Tabandonnement qu'il avoit fait de ses biens à sa &lle, dont il étoit mal payé, k sieur marquis du Pont-du-Chàteau, dont Fayol avoit été domestique, s'en mêla, et, à sa prière, empêcha l'enlèvement de quelques grains d'une métairie sise aux martres d'Artières, que Fayol avoit donnée en mariage à sa fille. Même, Fayol ayant obtenu quelque sentence à son profit contre son gendre et sa fille , le marquis du Pontrdu-Ghàteau tint la main à l'exécution en faveur du beau-père.

Chardon et sa mère vinrent à Paris et présentèrent plusieurs placets au Roi, très-injurieux contre le marquis, et le Roi recommanda très-particulièrement cette affaire à Messieurs des Grands-Jours, de sorte que, lorsqu'ils furent établis à Clermont, il y eut presque aussitôt décret de prise de corps contre le marquis, qui fut arrêté et retenu prisonnier près de trois mois. Pendant ce temps on lui instruisit son procès sur cinq chefs :

Le premier, sur des violences prétendues faites par le marquis, à Chardon, à sa femme et à leurs domestiques ; mais il parut, par la déposition même de plus de soixante témoins que Chardon produisit contre lui , que ce qu'il en avoit fait avoit été à la prière de Fayol, dont il avoit pris les intérêts avec un peu de cftileur, outre que la violence étoit assez légère.

Le second, sur l'enlèvement d'un notaire, nommé Dumas, dans son château ; mais, quoique le marquis lui eût écrit une lettre de menaces et un peu cavalière, et que cet honmie eût été enlevé quelque temps après, néanmoins, outre que Dumas ne s'étoit jamais plaint d'aucun mauvais traitement , il étoit constant que l'enlèvement avoit été fait, il y avoit quinze ou seize ans, par l'ordre du père du marquis, et lorsque le fils étoit à l'armée en ItaUe.

Le troisième, sur ce que l'on prétendoit que le marquis, à l'âge de dix-huit ans, quinze ans avant le renouvellement des édits sur les duels, avait tué en duel un gentilhomme, nommé d'Anglade; mais pas un des témoins ne le reconnut à la confîrontation et au contraire tous le déchargèrent.

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