‹ Mémoires de Fléchier sur les Grands-Jours d'Auvergne en 1665 (volume 2)Chapitre 80 sur 98 · PROCÈS DE GUILLAUME DE CANILLAC · texte numérisé non relu

PROCÈS DE GUILLAUME DE CANILLAC

Le quatrième, sur le meiuixe dea sergents assassinés par le marquis du Palais', où l'on prétendoit que le marquis du Pont-du-Chàteau étoit présent ; mais tous les témoins lui furent confirontés et tous le déchargèrent. Aussi ceux qui , dans leurs dépositions, avoient nommé le sieur de Canillac , avoient trop bien désigné le père du marquis, l'ayant marqué par celui qui avoit ua œil crevé, qui étoit en effet le père du marquis , que l'on appelait le borgne Canillac.

Et enfin le cinquième, le délit commim des gentilshommes d'Auvergne, c'est-à-dire pour des corvées, des droits de terrage et d'autres droits seignemiauz ; mais plus de cent témoins que l'on entendit sur ce lait témoignoient qu'il en avoit usé avec assez de modération , outre qu'il se défendoit par ses terriers et ses titres ; néanmoins, pro modo probatianmn , du premier et du second chef, il fut admonesté et condamné d'aumosner huit cent livres parisis.

(Yoy. p. 237.)

Le poëme dont parle Fléchier était intitulé Arvemia vindicota. L'auteiu*, dans une Réponse aux Objections , donne une idée du plan qu'il a suivi :

m Ce poëme a trois parties : la préparation, la narration, la conclusion. — La préparation contient 17 vers, et va jusqu'à ces mots : Quis dédit ^ o superi,..; qu'on voie les démarches que j'y fais: premièrement, je dis que le crime règne encore au milieu de la paix ; ensuite, j'en cherche les causes; après, j'en fais espérer la vengeance; enfin, je l'annonce.... La proposition, qui est comme l'achèvement de la préparation , est conçue en ces trois vers :

Francas en fama per urbes Nuntiat emerita mactatos merle nocentes, Et sceleris pœnas extremaque fata recenset.

La narration commence à ces mots : Autumni ad portas ^ etc. , et tient 220 ou 230 vers. En voici tous les points : Tbémis

s'aperçoit que le crime règne dans l'Auvergne avec toute sorte d'insolence et d'impunité ; elle vient trouver le Roi , et lui représente l'état déplorable où elle a vu ce pays. Ce prince, sensible aux malheurs de ses peuples , y envoie les plus grands hommes du parlement. Le bruit de cette commission est porté aux oreilles des criminels : une partie prend l'épouvante et la fuite; les autres, se promettant tout de leurnaissanceet deleur crédit, en attendent l'événement. Les juges arrivent et sont reçus dans Clermont avec mille applaudissements et mille bénédictions. Tous ceux qui ont souffert quelque violence , dans le cours des désordres passés, viennent former leurs plaintes. On arrête les accusés, on les convainc, on les condanme.

« La conclusion conmience à Verum ecce repente Musa siiet, et lie l'exorde avec la fin d'une manière assez surprenante, ce me semble, et assez naturelle.... »

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