Voir Barbier, Dietionnaire des Anonymes, t. UI, p
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fioit, où la vertu étoit révérée sous le nom de Tincomparable Arthénice.... »
Ce que Saint-Simon a vivement exprimé et résumé à sa manière lorsqu'au sujet de M. de Montausier, dans ses Notes sur Dangeau , il a dit : « Uhôtel de Rambouillet étoit , dans Paris, une espèce d'Académie des beaux esprits, — de galanterie, de vertu et de science, — car toutes ces choses-là s'accommodoient alors merveilleusement ensemble. »
Je crois maintenant que nous sommes préparés à bien entendre le Fléchier des Grands-^ours^ celui qui même dans la bagatelle et le divertissement ne déroge jamais àThonmie comme il faut, et annonce par endroits Thomme vertueux : mais il était jeune, mais il voulait plaire, mais il avait sa fortune et sa réputation d'esprit à faire ; mais on lui avait dit en partant de Paris : « Monsieur Fléchier, vous nous écrirez tout cela ! » mais chaque soir, Mme de Gaumartin et d'autres personnes de ce cercle intime le lui rappelaient : en écrivant il n'était que leur secrétaire. D se mit donc à tout raconter avec détail, ironie, bonne grâce, galanterie, et un tact exquis des bienséances.
Toutefois l'idée de bienséance varie avec les âges et selon les moments. Fléchier a donné de lui-même, d'après la mode de son temps, un portrait accompli et dont on serait embarrassé de rien retrancher*. L'abbé Ducreux, éditeur des OSuvres complètes de Fléchier (1782), l'a publié en en-
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naisseurs et les amateurs de la pure langue , que , cédant à de si vains scrupule, l'éditeur ait mis je ne sais quoi du sien dans ce portrait qui, tel qu*il est, nous parait si charmant et de toute perfection, mais qui serait plus juste encore si l'on n'y avait rien changé! car la diction de Pléchier, c'est la finesse, la justesse et la propriété même. Voilà pourtant ce qui serait inunanquablement arrivé à la Relation des Grands^ Jours si on l'avait publiée plus tôt K Cette production, aussi curieuse qu'agréable, ne pouvait paraître dans toute sa sincérité et son intégrité, conune avec toute sa saveur, qu'après la vraie renaissance de goût pour le xvn' siècle, et cette reprise d'étude intelligente qui fait tant d'honneur à notre âge.
Ajoutez qu'à mesure qu'on s'éloigne de ces temps anciens et de ce régime aboli, il devient d'un intérêt historique sérieux d'en bien connaître les mœurs, les usages, les particularités, les excès; de voir toute une province, et des plus rudes, saisie au vif et prise sur le fait dans ses éléments les plus saillants et les plus heurtés, dans sa noblesse, son clergé, son tiers état, et ses paysans; d'assister à l'enquête et à la justice, souvent bien expéditive, qu'on y fait au nom ie l'autorité royale, treize ans seulement après les rébellions ie la Fronde. Telle est la qualité nouvelle que la Relation de Pléchier a acquise en vieillissant: ce qui, pour l'auteur devenu tout à fait grave, n'était plus qu'une bagatelle de société, ce qui a pu continuer de paraître tel en effet jusqu'à la fin du xvm« siècle , et tant que dura l'aûcîenne monarchie, i pris, à la distance où nous sommes, toute l'importance l'un témoignage circonstancié , d'un tableau neuf et hors ie prix. Là où Fléchier n'avait songé qu'à exercer sa
1. Le conseiUer Ménard essaya de la publier dans le tome second des Œuvres de Fléchier , dont il se fit l'éditeur en 1763 ; mais de cette édition , e tome premier seul a paru. Ce tome second dont il n'y a eu que le comnencement d'imprimé, et qui devait contenir la Relation des Grands-Jours^ i été arrêté et détruit. ( Voir le CataloQue de la bibliothèque de M, Monmerluéy 1851 , article 1786. ) Un exemplaire, unique peut-être, a échappé, et 'on en fe^^tiré une ou deux corrections utiles pour la présente édition.