‹ Mémoires de Fléchier sur les grands-jours d'Auvergne en 1665Chapitre 19 sur 129 · XXXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXXII INTRODUCTION

honorer par ses vertus. Nommé par le roi en 1685 évêque de Lavaur, et en 1687 évêque de Nîmes, il n'en eut les bulles que plus tard par suite des démêlés de la France avec le Saint- Siège. Dès le premier jour il en exerça les fonctions, sous un moindre titre, avec dévouement et avec zèle. Il revint à Paris en l'année 1690, pour prononcer l'oraison funèbre de la Dauphine, et celle de son grand ami, le duc de Montausier. Il assista celui-ci à ses derniers moments, et l'exhorta à la mort, de même qu'il l'avait consolé et soutenu de ses entretiens affectueux, il y avait dix-huit ans, dans la première solitude de son veuvage : c'était dans les deux cas la même religieuse amitié, mais empreinte à la fin d'un caractère de plus et de l'imposante gravité du ministère. Fléchier était l'homme en tout des convenances et des devoirs. Parmi les lettres de la dernière époque de sa vie, j'en trouve une de janvier 1705 adressée à Mme de Caumartin la douairière, c'est-à-dire à celle même qui, quarante ans auparavant, dans la fleur de sa jeunesse, présidait si agréablement aux plaisirs et à la société des Grands-Jours. Fléchier lui écrit :

« Je vous souhaite, madame, à ce renouvellement d'année, tout ce qui peut contribuer à votre sanctification et à votre repos. Notre vie s'écoule insensiblement, et il ne nous reste, de ce temps qui passe, que les moments qui nous seront comptés pour l'éternité. Nous ne devons désirer de vivre que pour accomplir ce que Dieu demande de nous, et la tranquillité de la vie doit être regardée comme une grâce et une bénédiction de douceur qu'il répand sur nous, et qui nous engage à le servir avec plus de fidélité. Vous avez raison, madame, de nous féliciter de l'état paisible où nous sommes présentement dans nos diocèses. Il est difficile de s'assurer pour l'avenir de gens aussi corrompus et aussi furieux que l'étoient ceux-ci ; cependant ils paroissent apaisés ; ils ne tuent plus, ils ne brûlent plus, ils se remettent au travail... Ne cessez pas de prier le Seigneur pour nous... »

Ce n'est pas là tout à fait le ton de la Relation des Grands-

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