INTRODUCTION. XXXI
ture de ?otre poème latin sur la justice des Gramda-Jours,
qui est sans doute l'un de vos meilleurs, bien qu'il ne sorte rien que d'excellent de vous. Il n'eût été que bon, au reste, de m'en envoyer plus d'une copie1 pour faire souvenir de vous où vous savez , et tenir toujours votre nom et vos talents en considération sur des fondements aussi solides que ceux-là. A quoi , monsieur , ne serviroit pas peu encore quelque autre ouvrage latin ou françois sur la nouvelle largesse du roi dans la liberté qu'il a procurée par la terreur de ses armes et par l'effusion de ses trésors aux chrétiens captifs en Barbarie, qu'on n'attend que l'heure de voir revenir délivrés... »
L'estimable Chapelain suggérait là à son jeune ami un nouveau sujet de poëme officiel et ennuyeux, pour trouver occasion de le faire valoir en cour et auprès de Colbert. Je n'ai pas à suivre la vie et la carrière de Fléchier. Ses protecteurs, et bientôt If. de Montausier tout particulièrement, se chargèrent de sa fortune. Je vois qu'en 1669, M. de Montausier avait songé à appliquer Fléchier à une interprétation et à un commentaire d'Horace, sans doute pour l'édition à l'usage du Dauphin. Mais Fléchier allait trouver le principal et le plus brillant emploi de son talent dans la chaire. Il eut à prononcer, en 1672, la première de ses Oraisons funèbres, celle de la duchesse de Montausier; la reconnaissance de l'orateur y donna cours à l'éloquence. Quelques mois après l'Académie française lui ouvrait ses portes, en remplacement de l'évêque de Vence Godeau. Ce fut à la séance de sa réception qu'on vit l'Académie pour la première fois convier le public et le beau monde et se parer comme pour une fête ; il seyait bien à la parole de Fléchier d'inaugurer ce genre de solennités. Il avait alors quarante ans. Tous les honneurs et les succès lui venaient à la fois.
C'est ainsi qu'il s'acheminait vers l'épiscopat, qu'il devait