‹ Mémoires de Fléchier sur les grands-jours d'Auvergne en 1665Chapitre 7 sur 129 · XIV INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XIV INTRODUCTION

fioit, où la vertu étoit révérée sous le nom de l'incomparable Arthénice.... »

Ce que Saint-Simon a vivement exprimé et résumé à sa manière lorsqu'au sujet de M. de Montausier, dans ses Notes sur Dangeau , il a dit : « L'hôtel de Rambouillet étoit , dans Paris, une espèce d'Académie des beaux esprits, — de galanterie , de vertu et de science , — car toutes ces choses-là s'accommodoient alors merveilleusement ensemble. »

Je crois maintenant que nous sommes préparés à bien entendre le Fléchier des Grands-Jours, celui qui même dans la bagatelle et le divertissement ne déroge jamais à l'homme comme il faut, et annonce par endroits l'homme vertueux : mais il était jeune, mais il voulait plaire, mais il avait sa fortune et sa réputation d'esprit à faire ; mais on lui avait dit en partant de Paris : «< Monsieur Fléchier, vous nous écrirez tout cela ! » mais chaque soir, Mme de Caumartin et d'autres personnes de ce cercle intime le lui rappelaient : en écrivant il n'était que leur secrétaire. Il se mit donc à tout raconter avec détail, ironie, bonne grâce, galanterie, et un tact exquis des bienséances.

Toutefois l'idée de bienséance varie avec les âges et selon les moments. Fléchier a donné de lui-même, d'après la mode de son temps, un portrait accompli et dont on serait embarrassé de rien retrancher1. L'abbé Ducreux, éditeur des OEuvres complètes de Fléchier (1782), l'a publié en entier pour la première fois : seulement il avoue qu'il a cru devoir en quelques endroits substituer quelques termes à ceux de l'original: «non qu'ils aient rien de messéant, dit-il, mais nous avons pensé que cette attention était due aux personnes d'une imagination qui se blesse aisément, et qui découvre, sous les expressions les plus innocentes, des sens détournés et peu modestes dont ne se doutaient pas ceux qui les ont employés. » Quel dommage pour les con-

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